UNE PRIERE AUSSI BELLE QUE SIMPLE

Un récent ami, Bernard S., s’arrêtant un jour à Saint-Pierreville, en Ardèche, découvrit une prière toute originale, toute simple, mais d’une grande beauté, comme vous pourrez vous en rendre compte.

Avec son Iphone il l’a photographiée, mais pour la lire regardez le texte au-dessous de la photo.

Et si nous disions, nous aussi : Tu veux bien marcher avec nous ?

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Me voici devant Toi, Seigneur. Pourquoi ?
Je ne sais peut-être pas très bien.
L’église était ouverte… je suis entré… j’ai fait le tour…
Et puis, j’ai pensé à Toi. Toi, Dieu que j’ai peut-être oublié,
mais qui demeure au plus profond de moi.
Je me rappelle que tu m’as créé à ta ressemblance.
Et cette marque en moi est toujours présente…
Même si je n’y pense pas.
Oui, c’est peut-être Toi qui m’as fait un signe discret,
un signe amical. Alors, que te dire ?
Oh ! Peut-être rien. Simplement passer quelques instants
devant Toi, puisque j’ai le temps : je suis touriste.
Jésus, Ton Fils, a bien passé
plus de trente années de sa vie avec nous.
Alors moi, je peux bien prendre quelques instants.
Oui, réveille en moi ta présence, ton amour,
ta joie, ta fidélité, ton pardon.
Et puis, j’en profite pour te dire tout ce que j’ai au fond du cœur :
mes joies… mes espérances… mes soucis… mes peines… mes échecs.
Oui, je te confie tout ce que je suis, tout ce que je voudrais être.
Je te confie ceux que j’aime, ceux que j’ai du mal à aimer…
Je te confie le monde : ses grandeurs et ses misères.
Tu vois, Seigneur ! Cela fait du bien de prendre un petit moment
pour se rencontrer, pour se parler…
Au fond, ce n’est pas très compliqué de parler avec Toi !
On est de la même famille : Tu es mon Père, je suis ton fils.
C’est, je crois, ce que nous a dit Jésus,
Ton Fils premier, ton aimé, notre grand frère.
J’essaierai même, quand je ne serai plus touriste,
de recommencer à parler avec Toi. Seigneur, je te dis « au revoir »…
Un touriste ne reste pas longtemps à la même place…
Mais Seigneur, tu peux m’accompagner, marcher avec moi…
Tu es si discret que personne ne te verra…
Mais moi, je saurai que Tu es toujours avec moi.

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UN SAC DE BILLES

UN FILM AU-DELÀ DE L’ÉMOTION

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Paru en 1973, le roman autobiographique de Joseph Joffo a connu un immense succès (traduit en 18 langues.)

Mis en scène une première fois en 1975 par Jacques Doillon, il vient de sortir en salle le 18 janvier 2017, dans une nouvelle version réalisée par le cinéaste Christian Duguay.

Cette histoire d’une famille juive persécutée par les nazis durant l’occupation, est à la fois émouvante et éclairante. Émouvante parce que ce récit, venant de faits authentiques, montre à quel point la vie peut être meurtrie, saccagée, bouleversée par la violence de l’être humain (les nazis en ont été des experts…). Il montre également comment des enfants peuvent faire preuve d’une intelligence, d’une volonté et d’un courage rares. Le tout avec des moments émouvants mais aussi des fleurs d’humour.

Les deux héros de ce roman sont extrêmement bien incarnés par Baptiste Fleural  (17 ans)  et surtout le jeune Dorian Le Clech (12 ans), dans une mise en scène qui nous fait pénétrer dans la vie de cette famille.

Un très beau film dont on ne sort pas indifférent. La haine, la violence, la folie agressent la vie (on pense bien sûr de nos jours aux djihadistes, mais ils ne sont pas seuls.)
Pourtant la vie demeure plus forte, même lorsque c’est au prix, parfois, d’énormes souffrances.

Pour voir la bande annonce, cliquer sur « Un sac de billes »

J.M.T.

VŒUX POUR 2017

Comment donner de la valeur
à l’année 2 0 1 7  ?

 

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Après une année ambigüe, dramatique pour les habitants du Moyen Orient, difficile pour beaucoup, marquée par la violence de la nature et trop souvent par celle des humains, que sera l’année 2017 ?

Question à laquelle, bien sûr, il est difficile de répondre.

Alors voici une idée sur laquelle réfléchir : aider les autres à être heureux est une manière de l’être soi-même. Pour les chrétiens, cela s’appelle « Aimez-vous les uns les autres ».

Sur cette base, que 2017 soit pour tous une année d’expériences enrichissantes, de rencontres heureuses, de paix, une année avec, comme fleurs pour les jardins de nos vies, d’innombrables sourires.

Et toutes mes amitiés à celles et ceux que je ne peux plus joindre que par l’intermédiaire de ce blog car vous êtes trop nombreux pour que je sois en mesure de vous écrire individuellement !

Jean-Michel

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Photo © Jean-Michel Touche

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JOYEUX NOËL

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Copyright 2012 JMT

Chaque année, plusieurs occasions nous sont proposées pour mettre nos pensées au clair, nous retirer un moment d’un quotidien de plus en plus oppressant, de plus en plus accéléré, de moins en moins réfléchi car il faut aller vite, même si nous ne savons pas où nous allons.

Alors prenons le temps de penser, rien que penser, en laissant nos préjugés de côté, quels qu’ils soient.

Croyants ou non, que cette fête de Noël nous apporte le désir de paix et de fraternité dont notre humanité a aujourd’hui tellement besoin !

AMIS, JOYEUX NOËL !

APPEL AU SECOURS HEBERGEMENT

Au cours de l’année dernière, le groupe de maraudeurs de Notre-Dame de Grâce de Passy (Paris 16ème) a rencontré, soutenu, aidé une jeune femme roumaine et ses quatre filles (Anna-Maria, 5 ans, Elisa, 7 ans, Lévrétana, 12 ans, et Pétroutsa ,13 ans).

Impossible de rester indifférent devant Yourdana et ses enfants qui, la nuit, dormaient sur le trottoir d’une avenue de Paris, très proprement installées sous une grande couverture. Nous les avons accompagnées dans le peu que nous connaissions de leur vie, et une affection réciproque s’est créée entre nous.

° ° °

En septembre, coup de théâtre : Yourdana, que nous rencontrons au cours d’une maraude, nous annonce dans un français très incertain (hélas nous ne parlons pas roumain) qu’elle travaille, son mari également, que la famille est logée et que ses deux plus jeunes filles, qui à présent parlent très bien le français, sont scolarisées dans une école parisienne.

° ° °

MAIS ! . . deuxième coup de théâtre

Aujourd’hui nous apprenons que son mari ne travaille pas encore mais qu’il a pour l’instant une simple promesse d’embauche, et qu’ils ont dû quitter l’hébergement qui leur avait été octroyé.

Aussi l’équipe de maraudes à laquelle j’appartiens cherche une solution d’urgence pour abriter cette famille (2 adultes et 2 enfants) qui peut mettre 100 euros par mois pour se loger dans Paris, de préférence près du 16ème arrondissement.

Je suis conscient que 100 euros ou rien, c’est pareil. Mais que faire quand tout se démolit autour de vous ? Des associations pourront certainement apporter une aide financière. Pour l’instant, l’urgence est de trouver un toit pour Yourdana, son mari, Anna-Maria, Elisa, Lévrétana et Pétroutsa.

Des contacts ont été pris avec le Samu social et l’association Sainte-Geneviève de Paris, ainsi que les acteurs de la Précarité que nous connaissons (mairie du 16ème, Aurore, Aux Captifs la libération, la Croix Rouge, la Conférence Saint-Vincent de Paul etc.)

Si vous avez des idées susceptibles de venir en aide à cette famille que nous assistons autant que nous pouvons, soyez infiniment remerciés !

Jean-Michel

 

 

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SI JE NE PEUX PLUS MARCHER JE COURRAI

 

Un livre étonnant. Dans sa préface, Philippe Pozzo di Borgo écrit : « Comme j’aurais été heureux d’être l’ami de Léo », ce jeune père de famille peu à peu détruit par la maladie de Charcot.

Un livre à la fois journal intime et témoignage, qui nous secoue dans la question que parfois nous nous posons : « qui suis-je ? »

Par son récit, ses réflexions, son exploration du mystère de la vie qui se construit (celle de ses enfants) et se détruit tout en demeurant d’une présence surprenante (celle de Léo), Axelle Huber, l’auteur, dépasse le simple contenu narratif. Elle ouvre des portes par lesquelles nous ne sommes pas habitués à passer, découvre l’intime d’un mari qui ne faisait qu’un avec elle et qui s’avère de plus en plus  rayonnant alors même que la maladie le détruit.

S’il fallait utiliser une image, je prendrais celle d’un château fort qui reste debout et présent malgré les assauts du temps et la violence des éléments.

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Voir aussi La lumière ne s’enferme jamais..

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SEIGNEUR, NOUS AS-TU ABANDONNES ?

Voici, pour ceux qui n’ont pas eu la possibilité de la lire, l’homélie prononcée par le cardinal André Vingt-Trois lors de la Messe célébrée le 27 juillet 2016 pour les victimes de Saint-Étienne du Rouvray

 

Mesdames et Messieurs,
Frères et Sœurs,

  1. Seigneur, nous as-tu abandonnés ?

« Serais-tu pour moi un mirage, comme une eau incertaine ? »En ce moment terrible que nous vivons, comment ne ferions-nous pas nôtre ce cri vers Dieu du prophète Jérémie au milieu des attaques dont il était l’objet ? Comment ne pas nous tourner vers Dieu et comment ne pas Lui demander des comptes ? Ce n’est pas manquer à la foi que de crier vers Dieu. C’est, au contraire, continuer de lui parler et de l’invoquer au moment même où les événements semblent remettre en cause sa puissance et son amour. C’est continuer d’affirmer notre foi en Lui, notre confiance dans le visage d’amour et de miséricorde qu’il a manifesté en son Fils Jésus-Christ.

Ceux qui se drapent dans les atours de la religion pour masquer leur projet mortifère, ceux qui veulent nous annoncer un Dieu de la mort, un moloch qui se réjouirait de la mort de l’homme et qui promettrait le paradis à ceux qui tuent en l’invoquant, ceux-là ne peuvent pas espérer que l’humanité cède à leur mirage. L’espérance inscrite par Dieu au cœur de l’homme a un nom, elle se nomme la vie. L’espérance a un visage, le visage du Christ livrant sa vie en sacrifice pour que les hommes aient la vie en abondance. L’espérance a un projet, le projet de rassembler l’humanité en un seul peuple, non par l’extermination mais par la conviction et l’appel à la liberté. C’est cette espérance au cœur de l’épreuve qui barre à jamais pour nous le chemin du désespoir, de la vengeance et de la mort.

C’est cette espérance qui animait le ministère du P. Jacques Hamel quand il célébrait l’Eucharistie au cours de laquelle il a été sauvagement exécuté. C’est cette espérance qui soutient les chrétiens d’Orient quand ils doivent fuir devant la persécution et qu’ils choisissent de tout quitter plutôt que de renoncer à leur foi. C’est cette espérance qui habite le cœur des centaines de milliers de jeunes rassemblés autour du Pape François à Cracovie. C’est cette espérance qui nous permet de ne pas succomber à la haine quand nous sommes pris dans la tourmente.

Cette conviction que l’existence humaine n’est pas un simple aléa de l’évolution voué à la destruction inéluctable et à la mort habite le cœur des hommes quelles que soient leurs croyances et leurs religions. C’est cette conviction qui a été blessée sauvagement à Saint-Étienne du Rouvray et c’est grâce à cette conviction que nous pouvons résister à la tentation du nihilisme et au goût de la mort. C’est grâce à cette conviction que nous refusons d’entrer dans le délire du complotisme et de laisser gangréner notre société par le virus du soupçon.

On ne construit pas l’union de l’humanité en chassant les boucs-émissaires. On ne contribue pas à la cohésion de la société et à la vitalité du lien social en développant un univers virtuel de polémiques et de violences verbales. Insensiblement, mais réellement cette violence virtuelle finit toujours par devenir une haine réelle et par promouvoir la destruction comme moyen de progrès. Le combat des mots finit trop souvent par la banalisation de l’agression comme mode de relation. Une société de confiance ne peut progresser que par le dialogue dans lequel les divergences s’écoutent et se respectent.

  1. La peur de tout perdre

La crise que traverse actuellement notre société nous confronte inexorablement à une évaluation renouvelée de ce que nous considérons comme les biens les plus précieux pour nous. On invoque souvent les valeurs, comme une sorte de talisman pour lequel nous devrions résister coûte que coûte. Mais on est moins prolixe sur le contenu de ces valeurs, et c’est bien dommage. Pour une bonne part, la défiance à l’égard de notre société, – et sa dégradation en haine et en violence – s’alimente du soupçon selon lequel les valeurs dont nous nous réclamons sont très discutables et peuvent être discutées. Pour reprendre les termes de l’évangile que nous venons d’entendre : quel trésor est caché dans le champ de notre histoire humaine, quelle perle de grande valeur nous a été léguée ? Pour quelles valeurs sommes-nous prêts à vendre tout ce que nous possédons pour les acquérir ou les garder ? Peut-être, finalement, nos agresseurs nous rendent-ils attentifs à identifier l’objet de notre résistance ?

Quand une société est démunie d’un projet collectif, à la fois digne de mobiliser les énergies communes et capable de motiver des renoncements particuliers pour servir une cause et arracher chacun à ses intérêts propres, elle se réduit à un consortium d’intérêts dans lequel chaque faction vient faire prévaloir ses appétits et ses ambitions. Alors, malheur à ceux qui sont sans pouvoir, sans coterie, sans moyens de pression ! Faute de moyens de nuire, ils n’ont rien à gagner car ils ne peuvent jamais faire entendre leur misère. L’avidité et la peur se joignent pour défendre et accroître les privilèges et les sécurités, à quelque prix que ce soit.

Est-il bien nécessaire aujourd’hui d’évoquer la liste de nos peurs collectives ? Si nous ne pouvons pas nous en affranchir, en nommer quelques-unes nous donne du moins quelque lucidité sur le temps que nous vivons. Jamais sans doute au cours de l’histoire de l’humanité, nous n’avons connu globalement plus de prospérité, plus de commodités de vie, plus de sécurité, qu’aujourd’hui en France. Les plus anciens n’ont pas besoin de remonter loin en arrière pour évoquer le souvenir des misères de la vie, une génération suffit. Tant de biens produits et partagés, même si le partage n’est pas équitable, tant de facilités à vivre ne nous empêchent pas d’être rongés par l’angoisse. Est-ce parce que nous avons beaucoup à perdre que nous avons tant de peurs ?

L’atome, la couche d’ozone, le réchauffement climatique, les aliments pollués, le cancer, le sida, l’incertitude sur les retraites à venir, l’accompagnement de nos anciens dans leurs dernières années, l’économie soumise aux jeux financiers, le risque du chômage, l’instabilité des familles, l’angoisse du bébé non-conforme, ou l’angoisse de l’enfant à naître tout court, l’anxiété de ne pas réussir à intégrer notre jeunesse, l’extension de l’usage des drogues, la montée de la violence sociale qui détruit, brûle, saccage et violente, les meurtriers aveugles de la conduite automobile… Je m’arrête car vous pouvez très bien compléter cet inventaire en y ajoutant vos peurs particulières. Comment des hommes et des femmes normalement constitués pourraient-ils résister sans faiblir à ce matraquage ? Matraquage de la réalité dont les faits divers nous donnent chaque jour notre dose. Matraquage médiatique qui relaie la réalité par de véritables campagnes à côté desquelles les peurs de l’enfer des prédicateurs des siècles passés font figure de contes pour enfants très anodins.

Comment s’étonner que notre temps ait vu se développer le syndrome de l’abri ? L’abri antiatomique pour les plus fortunés, abri de sa haie de thuyas pour le moins riche, abri de ses verrous, de ses assurances, appel à la sécurité publique à tout prix, chasse aux responsables des moindres dysfonctionnements, bref nous mettons en place tous les moyens de fermeture. Nous sommes persuadés que là où les villes fortifiées et les châteaux-forts ont échoué, nous réussirons. Nous empêcherons la convoitise et les vols, nous empêcherons les pauvres de prendre nos biens, nous empêcherons les peuples de la terre de venir chez nous. Protection des murs, protection des frontières, protection du silence. Surtout ne pas énerver les autres, ne pas déclencher de conflits, de l’agressivité, voire des violences, par des propos inconsidérés ou simplement l’expression d’une opinion qui ne suit pas l’image que l’on veut nous donner de la pensée unique.

Silence des parents devant leurs enfants et panne de la transmission des valeurs communes. Silence des élites devant les déviances des mœurs et légalisation des déviances. Silence des votes par l’abstention. Silence au travail, silence à la maison, silence dans la cité ! A quoi bon parler ? Les peurs multiples construisent la peur collective, et la peur enferme. Elle pousse à se cacher et à cacher.

C’est sur cette inquiétude latente que l’horreur des attentats aveugles vient ajouter ses menaces. Où trouverons-nous la force de faire face aux périls si nous ne pouvons pas nous appuyer sur l’espérance ? Et, pour nous qui croyons au Dieu de Jésus-Christ, l’espérance c’est la confiance en la parole de Dieu telle que le prophète l’a reçue et transmise : « Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te sauver et te délivrer. Je te délivrerai de la main des méchants, je t’affranchirai de la poigne des puissants. »

« Mon rempart, c’est Dieu, le Dieu de mon amour. »

Amen !

Cardinal André VINGT-TROIS
Archevêque de Paris.

 

Merci à Mgr André Vingt-Trois pour cette très belle homélie, largement applaudie par l’assemblée toute entière.

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