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13 JUIN : UN CONCERT A NE PAS MANQUER

Serez-vous parisiens le 13 juin ?

Alors un concert à ne pas manquer, salle Gaveau, à 20h30.

En cliquant sur Maxence Pilchen  et vous saurez tout !

 

Réservation : http://www.sallegaveau.com/spectacles/maxence-pilchen-piano

 

DÉDICACE SAMEDI 14 AVRIL 2018

 

Si vous vous trouvez du côté de la Rue de Châteaudun  samedi prochain, venez ! Nous pourrons parler de ces romans et des risque auxquels les jeunes devront faire face !

Deux romans riches en suspens mais également soucieux de mettre en garde les jeunes sur les dangers de la manipulation génétique.

 

Un clic sur MANIGOA vous permettra d’en savoir davantage sur ces romans.

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MANIGOA – QUELQUES MOTS A CONNAÎTRE

 

A l’exception du mot « Eugénisme », les définitions proposées ci-dessous proviennent de sites internet consultables, pour en savoir davantage, en cliquant sur les liens indiqués pour chaque mot.

 

ADN
Molécule présente dans toutes les cellules vivantes et qui sert de support à l’information génétique.
L’A.D.N. constitue le génome des êtres vivants et se transmet en totalité ou en partie lors de la reproduction. Il contient sous forme codée toutes les informations relatives à la vie d’un organisme vivant, qu’il s’agisse d’un organisme animal, végétal, bactérien ou viral. (Voir la suite sur le site Gralon.net)

bé-médicament
Les bébés-médicaments sont fécondés de façon artificielle. Les scientifiques choisissent les gamètes pour concevoir une cellule-œuf, et par embryogenèse, un bébé.
Parce que certaines personnes ont des enfants malades, ce bébé va pouvoir, par ces cellules immunologiquement compatibles, puisque les gamètes sont sélectionnées pour cela, soigner son frère ou sa sœur. Il s’agit peut-être d’une des seules chances de l’enfant malade de guérir. Par contre ce bébé-médicament ne naît pas d’un désir d’enfant, mais uniquement pour sauver son frère ou sa sœur. Comment le vivra-t-il quand il le saura ? (Voir Disney Central Plaza.com)

Bioéthique
La bioéthique, considérée comme l’une des branches de l’éthique, étudie les questions et les problèmes moraux qui peuvent apparaître à l’occasion de pratiques médicales nouvelles impliquant la manipulation d’êtres vivants ou de recherches en biologie. (Voir Toupie.org)

CCNE (Comité consultatif national d’éthique)
Instance pluridisciplinaire de réflexion dont la mission porte sur les « questions de société soulevées par les progrès de la connaissance dans les domaines de la biologie, de la médecine et de la santé » (Encyclopédia Universalis)

Cellules souche
Cellules un peu particulières programmées pour se multiplier indéfiniment et qui peuvent donner naissance à tous les organes et tissus de l’organisme, et même à un individu complet pour les cellules totipotentes. (Sciences et Avenir)

Cellules pluripotentes induites (IPS)
Il s’agit de pratiquement n’importe quelle cellule prélevée chez un adulte et reprogrammée génétiquement pour la rendre pluripotente, c’est à dire capable de se multiplier à l’infini et de se différencier en types de cellules qui composent un organisme adulte, exactement comme une cellule souche embryonnaire. (INSERM)

Cellules souches embryonnaires
Les cellules souches embryonnaires sont prélevées sur des embryons entre le 5e et le 7e jour suivant une fécondation in vitro (stade blastocyste du développement embryonnaire). L’embryon se présente alors comme un ballon contenant un autre petit ballon accroché à sa paroi interne : la masse cellulaire interne. C’est dans cette masse que sont localisées la trentaine de cellules pluripotentes qui donneront toutes les cellules de l’organisme. (INSERM)

Chromosome
Structure en forme de bâtonnet située à l’intérieur du noyau de chaque cellule. Il sert de support aux gènes qui contiennent l’information héréditaire. (Dictionnaires Doctissimo)
Une cellule humaine contient 23 paires de chromosomes, dont 22 sont communes aux deux sexes (Futura Sciences)

CRISPR/Cas9 (Ciseaux moléculaires)
Permet de remplacer un gène par un autre ou le modifier. CRISPR/Cas9 (prononcez « crispère ») fonctionne comme des ciseaux génétiques : il cible une zone spécifique de l’ADN, la coupe et y insère la séquence que l’on souhaite. (Voir site CNRS LE JPOURNAL)

Cortex
Cortex est le terme médical utilisé pour décrire la couche externe d’un organe ou d’une structure, par opposition à sa couche interne. (Voir le site Futura-Santé)

Cybernétique
Science de l’action orientée vers un but, fondée sur l’étude des processus de commande et de communication chez les êtres vivants, dans les machines et les systèmes sociologiques et économiques. (Larousse)

Cyborg
Être humain aux capacités modifiées par des dispositifs cybernétiques (Site Futura.science.com)

Ethique
L’éthique est la science de la morale et des mœurs. C’est une discipline philosophique qui réfléchit sur les finalités, sur les valeurs de l’existence, sur les conditions d’une vie heureuse, sur la notion de « bien » ou sur des questions de mœurs ou de morale. (Voir Toupie.org)

Eugénisme
Ensemble des recherches (biologiques, génétiques) et des pratiques (morales, sociales) qui ont pour but de déterminer les conditions les plus favorables à la procréation de sujets sains et, par là même, d’améliorer la race humaine ». (Centre national de ressources textuelles et lexicales – CNRTL) (Voir « Bébés à la carte », le livre de Jean-François Bouvet, page 67)

Gène
Elément d’un chromosome constitué d’ADN et conditionnant la transmission et l’expression d’un caractère héréditaire déterminé. Les gènes sont les unités responsables de l’hérédité, qui contrôlent les caractères ou aptitudes propres à un organisme. (Dictionnaire Doctissimo)

Génétique
La génétique est la science de l’hérédité. Elle étudie les caractères héréditaires des individus, leur transmission au fil des générations et leurs variations (mutations) (Futura Science)

Génome
Le génome est l’ensemble du matériel génétique d’un organisme. (Futura Science)

Génie génétique
Ensemble des techniques de manipulation des génomes, qui rend possible aujourd’hui la création d’organisme génétiquement modifié (OGM). (Voir suite sur le site CNRS : La maîtrise du vivant ).

Ovocytes
L’ovocyte (ou ovule) est la cellule reproductrice féminine, la cellule reproductrice masculine étant le spermatozoïde. L’ovocyte est contenu dans l’ovaire. (Dondovocytes.fr)

Séquençage du génome humain
Séquences : Suite ordonnée d’éléments, d’objets, d’opérations, de mots, etc. (Dictionnaire Larousse)
Séquençage du génome humain : programme de recherche ayant pour but de déterminer la séquence des bases de tous les gènes humains, en vue de les localiser et de déterminer leur fonction. (Dictionnaire Larousse).
Le séquençage du génome consiste en l’analyse du génome pour déterminer la succession de toutes les bases qui composent l’ADN d’un organisme. (Aquaportail.com)

Lire aussi : https://www.aquaportail.com/definition-5116-sequencage-du-genome.html

Transhumanisme
Le transhumanisme est un ensemble de techniques et de réflexions visant à améliorer les capacités humaines, qu’elles soient physiques ou mentales, via un usage avancé de nanotechnologies et de biotechnologies.  (Voir site de Futura-Science)

MANIGOA – ÉCHANGES ET AVIS DE LECTEURS

 

 

COMMENTAIRES DE LECTEURS SUR LE ROMAN MANIGOA

 

     Martine R.

Une large réflexion sur les manipulations génétiques. Un roman bien ficelé, inventif, créatif. Infiniment humain. On a hâte de connaître la suite.

 

     Client d’Amazone

Un très beau roman, bien écrit, facile à lire. Instructif !… Jusqu’où vont aller les manipulations génétiques ? À lire sans modération.

 

     Rozenn R.

Manigoa est un roman captivant, tout à fait d’actualité… Une belle réflexion sur le sens de la vie : manipulations génétiques, liens amicaux et familiaux …et la présence de Dieu. Je recommande vivement, dans l’attente du tome suivant, impatiente de voir évoluer Augustin à la recherche de ses origines et les pensionnaires du centre de formation des mines programmés génétiquement pour y travailler efficacement.

 

     Michel V.

Nous nous sommes rencontrés à ARCACHON en septembre dernier, et vous m’avez vendu MANIGOA. Je l’ai lu en quelques jours et l’ai trouvé passionnant. Désolé pour ce retard à vous en informer. Bien cordialement.

 

    Paul-Marie C.

Tout d’abord, j’aime beaucoup l’aspect physique du livre, sa couleur bleutée même si l’illustration m’a fait imaginer une île exclusivement dédiée aux mineurs. Je ne pensais pas au début de la lecture qu’il y avait autre chose que les mineurs sur Manigoa. J’ai eu donc un peu de mal à rentrer dans l’aventure.
La façon dont les passages du passé étaient amenés m’a également bien plu.

La discrétion du narrateur était véritablement originale ! C’est assez peu courant de trouver des auteurs qui vont jusqu’à respecter l’intimité de personnages fictifs.

Enfin, l’intrigue principale est très bien trouvée. Je m’attendais à un roman beaucoup plus tourné vers l’aventure sur le continent. L’approche de la foi aussi discrète qu’importante dans ce livre est très bien faite.

C’est un très beau roman qui a tout à fait sa place dans mes livres favoris !

 

     Olivier Le C.

Je viens de terminer Manigoa ; passionnant et d’actualité ! je l’ai lu quasiment d’une traite tellement c’est captivant !

Merci pour toutes vos informations et témoignages ; continuez !

 

 

 

Dans la rubrique QUELQUES BONS ROMANS RECENTS POUR LES GRANDES VACANCES 2017 (4e-3e) de Saint-Louis de Gonzague :

Maniqoa : T.1 : Le solitaire   de Jean-Michel Touche. Salvator, 2017 [843 TOU]

Augustin est différent des autres jeunes programmés pour travailler dans la mine. Il va tout faire pour retrouver ses origines. Réunie sous forme d’enquête, l’intrigue n’est pas linéaire, mais demande une agilité d’esprit spatio-temporelle. Un sujet sensible, toujours sur les manipulations génétiques, chez les humains cette fois-ci ! Premier tome.

 

 

 

Commentaires de lecteurs sur DEUX FRERES

 

     Renaud C.  (Premier commentaire 6 jours après la parution du livre)

Bon roman policier qui tient sa promesse de suspens jusqu’à la dernière page. Belles pages également sur l’amour. Belles réflexions sur la procréation artificielle et autres clonages. Belles réflexions sur l’amitié. La deuxième évasion [… la suite à découvrir en lisant le roman…]
On aimerait voir aussi le CDR et le laboratoire secret supprimés ! Voire explosés, interdits !
Bravo, bravo, bravo !

 

MANIGOA – POURQUOI CES ROMANS ?

POURQUOI CES ROMANS ?

 

MANIGOA devait être un livre.
Mais en l’écrivant et en écrivant la suite,
l’idée même de ce titre évolue pour devenir une série !

 

Un roman peut raconter une histoire et s’arrêter là.

Il peut également être porteur d’idées. A travers les événements que vivent les personnages, les dangers qu’ils courent, leurs rencontres, leurs expériences, leurs découvertes, les obstacles qu’ils doivent franchir, leurs larmes parfois mais aussi leurs rires, il est possible de présenter au lecteur une réflexion sur ce qui constitue la vie, la vie véritable et pas celle d’une sorte de marketing humain dans lequel la personne se soumet au service de quelques-uns.

C’est cela qui m’intéresse.

MANIGOA

 Derrière les aventures chargées d’embuches, de rebondissement et de suspens que traverse Augustin, ce roman veut mettre en avant les dangers de la PMA pour tous et de la GPA. Plus qu’une conférence sur ce sujet, la vie si particulière, si remplie d’obstacles et si difficile d’Augustin permet de comprendre les risques et les souffrances que représente pour un être humain une naissance sans père, voire sans père ni mère.

Pourquoi j’ai écrit ce livre

Après une saga destinée à faire découvrir la Bible aux enfants (Les Messagers de l’Alliance), j’ai voulu attirer l’attention des adolescents (mais aussi des adultes) sur les risques de la manipulation génétique et du transhumanisme dont les dérives peuvent s’avérer dangereuses pour l’humanité à venir.

A travers le personnage d’Augustin se dessine la volonté d’un être humain de prendre sa propre vie entre ses mains, de chercher à  l’accomplir dans la beauté et la grandeur d’un espoir sans limite, à travers un dépassement de soi-même. Les embuches que rencontre Augustin, loin de le faire chanceler, accroissent à la fois sa volonté et son courage, même s’il a parfois la peur au ventre. Se laisser manipuler n’est pas son style.

La vie appartient à chacun. Augustin pour cela est un exemple.

 

DEUX FRERES

Ce roman, paru le 15 mars 2018, aborde le thème du transhumanisme. Vouloir transformer l’être humain est-il un progrès ? Toute innovation est « neutre ». C’est l’usage que l’on en fait qui s’avère positif ou négatif.

Réparer l’homme par des greffes, est un « plus » indéniable. Mais lui implanter des puces électroniques le transformera en quoi ? Que risque-t-il de devenir ? Ce sont les questions que se posent les deux frères (Augustin est l’un d’eux) après ce qu’ils vont découvrir.
Jusqu’où l’homme peut-il se transformer ?  Quelle durée de vie peut-il rechercher ? De quoi sera faite son existence ? Sur quoi reposeront l’espérance et le bonheur ? Deviendra-t-il une sorte de fossile vivant, voire l’esclave du robot ? Quel combat mener pour empêcher une transformation de l’être humain qui pourrait s’avérer suicidaire ?

Autant de questions que l’on se pose au fil de ce roman, en suivant les deux frères dans le parcours dangereux et riche en suspens qu’ils vont vivre.
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DEUX FRERES, nouveau roman de la série MANIGOA

Date de parution : 15 mars 2018

Roman d’anticipation… et beaucoup plus !

Après MANIGOA Le Solitaire, DEUX FRERES est le second tome de cette série de romans d’anticipation qui veut, tout en passionnant au maximum les lecteurs, être un message important pour les générations à venir.

Après avoir quitté clandestinement l’île de Manigoa (voir la carte en cliquant sur Océan Pacifique) Augustin va découvrir une vie à laquelle il ne s’attend pas, faite de poursuites et de dangers multiples auxquels il fait face avec un courage peu ordinaire.

Les forces contre lesquelles il doit lutter avec Paul, son ami de Manigoa qui partage avec lui un lien secret et inattendu, sont à la fois puissantes et prêtes à tout. Pourtant Augustin et Paul vont affronter avec une audace rare les embûches qui les attendent.

Jusqu’où cela les mènera-t-il ?…
C’est le roman qui vous le dira.

Ce qu’il vous dira également, ce sont les dangers que court l’avenir de l’humanité avec les manipulations génétiques… parce qu’il est nécessaire de mettre en garde les adolescents et les jeunes adultes !

Mais cela aussi est à découvrir dans le roman !

Bonne lecture.

 

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En cliquant sur MANIGOA, DEUX FRÈRES, vous découvrirez une série d’articles et de sites abordant le thème de la manipulation génétique et du transhumanisme, et vous en saurez davantage sur les personnages de ces romans et les réactions de divers lecteurs. Vos commentaires y seront bienvenus !

 

 

LE TABLEAU RETOURNÉ (5)

Liens pour retrouver les épisodes précédents :

Episode 1 :  LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Episode 2 : UMBERTO

Episode 3 : LE TABLEAU CHEZ GABRIEL

Episode 4 : VOYAGE D’UMBERTO DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS

 

 

V

VOYAGE AU TEMPS DU SATELLITE ESPOIR

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Le soleil brillait au zénith quand la tribu s’ébranla. Thétis Kahn, qui savait tout depuis longtemps, s’efforçait de la conduire au rythme des plus lents pour la mener de l’autre côté des montagnes, là-bas, très loin, où elle découvrirait son humanité. H’umban avait deviné le sens de cet appel. Regardant les hommes et les femmes de sa tribu, il vit combien il était différent d’eux, et il comprit qu’en dépit de cela il les aimait.

                        ° ° °

Le vaisseau achevait les manœuvres d’accostage rendues délicates par le balancement rapide du sas dans lequel il devait se placer.

De loin l’équipage avait pu voir “Espoir”, un anneau monumental éclairé par le soleil, qui tournait sur lui-même dans sa course folle à travers l’espace. Le plus beau satellite jamais conçu par l’homme prenait tour à tour une couleur orangée, puis ocre, puis brune, pour virer insensiblement au bleu turquoise, au vert émeraude, enfin au jaune safran, selon le rythme des spirales que dessinait sa trajectoire incertaine.

Le commandant avait annoncé sur le panneau de contrôle que l’approche risquait d’être brutale, et rappelé les consignes de sécurité. Tirés de leur torpeur, les passagers, tous volontaires, avaient refermé sur eux leur combinaison de survie – mais quelle survie peut-on espérer en cas de collision et de projection dans l’espace et le temps ? – et avaient regardé le spectacle qui s’offrait à eux.

Après que le vaisseau eût lentement contourné “Espoir”, l’équipage et les passagers s’étaient extasiés devant la beauté des jeux de la lumière et de la nuit. Sur un fond largement tapissé d’étoiles, ils avaient vu l’anneau d’ “Espoir” se détacher en noir, à contre jour du soleil. Puis, au fur et à mesure de leur approche, le satellite avait pris des dimensions de plus en plus vastes, jusqu’au moment où les rayons du soleil en avaient caressé le cercle intérieur.

Abban, comme les autres, restait à présent silencieux, le cœur agité par un mélange d’angoisse et d’excitation. Lorsqu’il s’était porté volontaire pour l’expédition, on l’avait mis en garde contre tous les dangers de la mission, risques pour lui-même, risques pour les habitants d’Espoir s’il y en restait quelques uns, risques peut-être aussi pour les habitants de la terre, on ne savait pas trop. Mais il y avait au fond de lui une voix qui appelait, une voix qu’il entendait de plus en plus fréquemment. Lorsqu’il en avait fait mention devant la commission médicale chargée de trier les volontaires, le médecin chef s’était borné à sourire. “L’appel de l’espace, avait-il dit, vous savez…” sans achever sa phrase.

Oui, une voix d’enfant, lancinante, chavirante, qui appelait Abban par son nom

A cette même époque un étrange oiseau s’était introduit au plus secret de ses rêves. Ses plumes réfléchissaient la lumière en myriades d’étincelles qui se réunissaient pour former un cercle lumineux très semblable au satellite dans lequel le jeune homme allait à présent s’introduire.  L’oiseau revenait chaque nuit et recommençait son mystérieux ballet. Abban éprouvait alors une curieuse sensation de déjà vu, déjà vécu, quelque chose de furtif, d’insaisissable.

° ° °

Abban faisait partie du petit nombre auquel “Espoir” s’était adressé. Il lui avait été donné de connaître l’incroyable histoire de cette création virtuelle qui avait échappé à ses créateurs, les emmenant à la frontière de l’univers, aux confins de ces zones où la lumière n’avait plus accès.

“Espoir” le mal nommé s‘évadait au gré des fluides de l’infini, du temps et de l’espace. Il se perdait dans l’imaginaire, prenait ses racines dans le futur et se déplaçait en amont puis en aval du temps.

En amont et en aval du temps… C’est ainsi que s’exprimaient les hommes de science qui n’avait pas trouvé mieux pour parler de ce phénomène.

Car, voyez-vous, “Espoir” n’existait pas. Enfin… pas dans le sens que l’on entend habituellement quand on parle d’existence. Aucun livre, aucune base de données, aucune réserve d’archives magnétiques, aucune bibliothèque concrète ou virtuelle, ne possédait le moindre renseignement sur lui. On ne le connaissait pas, tout simplement.

Mais Dieu, prenant pitié du mal qui rongeait “Espoir”, avait frappé au coeur des plus fous comme des plus sensibles pour les alerter sur le drame qui se jouait – tout en les laissant libres d’intervenir ou non, comme à son habitude : attirer l’attention mais laisser libre.

 

Dans une période troublée du grand futur, un futur incroyablement éloigné des jours que nous vivons, des hommes et des femmes avaient décidé de créer un espace virtuel. Tout ce que la terre connaissait – il faudrait peut-être dire “connaîtra” –  d’intelligences hors du commun s’était lié dans cette aventure peu banale. Philosophes, hommes et femmes de science, penseurs de tous bords, ils s’étaient retrouvés pour former la plus prodigieuse concentration d’esprits jamais réalisée.

Ce qu’ils firent, ou plutôt ce qu’ils feront et comment ils s’y prendront, nul ne saurait encore l’expliquer dans l’état actuel de nos connaissances.

Toujours est-il qu’ils mirent au monde (comment le dire autrement ?) une “chose” d’une extrême beauté et d’un niveau technologique largement en avance sur leur propre époque. Pourtant “Espoir”, puisqu’ils l’avaient ainsi baptisé, “Espoir” n’existait pas. Il appartenait au monde virtuel.

Enivrés par leur création, atteints d’un narcissisme exubérant, les grands esprits décidèrent de se fondre au sein d’ “Espoir”… et de quitter la terre.

Rien de moins.

° ° °

L’anneau de lumière se désagrégea un soir d’automne, au moment où le soleil quittait l’horizon, emportant dans un flux irréel les grands esprits de son temps. Sans déclaration préalable, sans témoin. Les quelques familles qui habitaient la contrée isolée où les grands esprits avaient fait prendre corps à leur projet, s’étaient bien sûr étonnées de ne plus voir l’immense cercle de lumière, sur la montagne, en face de leur domaine. Sans trop chercher  à en savoir davantage.

“Espoir” s’était donc lancé dans une incroyable odyssée durant laquelle un fol orgueil s’empara de ses créateurs, jusqu’à les faire s’imaginer qu’ils étaient Dieu.

C’est à l’époque où, dans sa course incohérente, sorti du sens dans lequel s’écoule normalement la vie, “Espoir” allait revenir vers le soleil, que Thétis Khan vint troubler les nuits d’Abban. Rejoignons celui-ci au moment où il va quitter le vaisseau pour s’introduire dans le satellite.

 

L’équipage, invisible depuis le départ de la terre, avait manifesté son amitié aux volontaires en écrivant sur l’écran géant un énorme “Bonne chance”. La porte du vaisseau s’était ouverte sur l’ordre du commandant et les volontaires étaient sortis. Très rapidement le sas s’était refermé derrière eux puis le vaisseau avait commencé les manœuvres de départ.

Le responsable de la mission avait tout expliqué à l’avance. Chacun savait qu’il ne fallait pas s’éterniser dans le sas qui pouvait se rompre à tout instant. Ils ignoraient tout de ce qu’ils allaient découvrir et, comme avait dit le responsable, ç’allait être chacun pour soi et Dieu pour tous. A la manière de l’équipage du vaisseau, il souhaita bonne chance aux membres de la mission et déchira la protection du sas. L’aventure commençait.

 

Abban pénétra le dernier dans le satellite. Une curieuse impression s’empara de lui. Comme s’il connaissait déjà l’univers qu’il allait explorer. Il y avait… comment dire ? Il y avait à la fois tout et rien. Un paysage impressionnant, fait d’éclats de lumière et de sons cristallins, s’étendait d’un bout à l’autre de l’horizon. L’on apercevait la terre, entourée de son halo bleu célèbre dans toute la galaxie, mais comme réfractée par les angles d’un prisme, présentée en tranches successives. Abban ferma les yeux. A sa droite un membre de l’équipe, une femme, s’écria “Dieu que c’est beau”. Et elle disparut, comme engloutie par les éclats de lumière. Une cloche sonna. C’était étrange, cela ressemblait au glas qui résonne encore dans les campagnes lorsqu’on enterre un mort. Abban frissonna. Il chercha la femme et ne rencontra rien. Elle avait totalement disparu. Il pensa que c’était dommage car il l’avait trouvée sympathique durant la traversée de l’espace.

On l’avait pourtant prévenu lors de la mise en condition pour la mission : “Dites-vous que tout peut arriver, que nous ignorons tout de ce satellite. Nous ne savons même pas s’il existe vraiment. Nous ne décelons aucune trace de matière, qu’elle soit vivante ou inerte.”

“Ne vous attachez surtout pas à vos compagnons de mission. Ils pourraient se perdre et vous perdre avec eux.”

° ° °

Abban de nouveau ferma les yeux. Il les rouvrit, étonné, pour les fermer à nouveau. Surpris, il constata que le paysage qu’il découvrait lorsqu’il rouvrait les yeux était plus précis, plus complet que quelques minutes auparavant. Et qu’il ressemblait à ce qu’il venait d’imaginer. Il s’essaya plusieurs fois à cet exercice. Oui, c’était bien ça, les détails du paysage se dessinaient au fur et à mesure qu’il les rêvait. C’était comme si une énergie latente s’appuyait sur ce qu’il imaginait et concrétisait le tout dans les  moindres détails.

Abban se souvint de la maison de sa jeunesse. Elle prit forme aussitôt devant lui, aussi mal entretenue que par le passé. Il se dit qu’elle eût été plus belle avec un perron devant l’entrée principale. Immédiatement un perron se dessina. Et quand il voulut la revoir telle qu’elle était réellement, il n’y parvint pas. Il renouvela l’expérience à plusieurs reprises et constata qu’il ne pouvait jamais revenir en arrière : il pouvait créer, il ne pouvait pas supprimer. Et plus il pensait, plus le monde prenait forme sous ses yeux, les bâtiments se pressant les uns contre les autres.

Il s’efforça de ne penser à rien, mais plus il faisait d’efforts dans ce sens et plus les souvenirs remontaient de sa mémoire. Il n’osa bientôt plus regarder devant lui. Quand enfin il ouvrit les yeux, Abban se trouvait au centre d’une ville dont il connaissait tous les éléments puisqu’ils provenaient de sa mémoire. Mais avec le même degré de flou que lorsque l’on pense revoir dans sa tête quelque chose que l’on connaît bien. On l’appelle, on l’assemble, mais on ne voit pas sa réalité matérielle.

Abban cria. Le son de sa voix lui revint, rebondissant sur des millions, des milliards de cristaux lumineux. Au-dessus de lui, dans un ciel d’encre, il vit la terre. Cette fois elle apparaissait dans son entier, énorme boule sur laquelle se dessinait l’Amérique avec à droite une partie de l’Europe et de l’Afrique.

“Mon Dieu, pensa-t-il, Nous fonçons droit dessus.”

Un froissement d’ailes attira son attention. Il chercha d’où cela provenait et reconnut Thétis Khan, l’oiseau qui avait hanté ses nuits. Il était à présent mille fois plus beau que dans les songes.

Thétis Khan dessina des arabesques puis entreprit de partir sur la gauche. Il revint près d’Abban, fila de nouveau sur la gauche, et recommença plusieurs fois son manège, jusqu’au moment où Abban se décida à le suivre.

Une longue errance à travers l’irréel devait commencer. L’oiseau quitta la ville élaborée par Abban et vola longtemps, tout droit, au milieu d’éclats de lumière qui formaient des courants, des rivières de bleu, d’ocre, de vert. Lorsqu’ils se croisaient, formant des tourbillons, des pétales lumineux se mêlaient les uns les autres. Ainsi unis l’on eût dit qu’ils constituaient des grains de matière. Ils prenaient alors des formes diverses, bras qui se tordaient, se dressaient vers le ciel, océans dont la houle se mettait à murmurer  le chant du vent sur des vagues de plus en plus énormes. Ou bien cela semblait prendre vie, à la façon d’animaux étranges, terrifiants ou doux comme des biches.

Et puis tout se désagrégeait. Les éclats de lumière regagnaient le lit de leur torrent, une musique irréelle se mettait à danser autour d’Abban, comme si la vie succédait sous cette forme aux mouvements désordonnés de la lumière.

“Où suis-je ?” demanda Abban.

– Tu es dans la pensée des hommes,” répondit une voix, “et tu accomplis ton voyage dans l’espace et le temps. Souviens-toi, je t’ai naguère annoncé un long périple qui t’amènerait à découvrir le vrai sens de la vie. Aujourd’hui tu viens de pénétrer dans l’absolu de l’esprit. “Espoir” est encore incréé mais la lumière au sein de laquelle tu te déplaces est l’embryon de la pensée des hommes qui, un jour, dans très longtemps, créeront cet univers irréel. Leur pensée est déjà présente, ici, à l’état de promesse.”

– Mais que suis-je venu y faire ?

–  Y découvrir un germe d’espoir.

Abban, étonné, voulut prolonger la conversation, mais la voix ne lui répondit plus.

Ayant perdu tous ses repères, il ne savait plus depuis combien de temps il se trouvait dans le satellite. Bien qu’il eût à plusieurs reprises tenté de retrouver les autres membres de la mission, Abban restait seul avec ses pensées. Depuis sa conversation avec la voix, il tentait de les maîtriser pour s’efforcer d’imaginer ce que pouvait être ce fameux germe d’espoir dont lui avait parlé la voix.

 

– Viens.

Abban leva la tête. Thétis Khan dansait dans les airs comme il savait si bien le faire quand il voulait attirer l’attention de quelqu’un.

Rien ne pouvant plus maintenant le surprendre, Abban se redressa et le suivit. Sa marche ne ressemblait pas à celle qu’il avait faite auparavant. Il voyait maintenant le dessin d’une côte, le mouvement de la mer et le vol de ce qui ressemblait à des oiseaux migrateurs, un saule pleureur dont les branches retombaient sur une prairie parsemée de pâquerettes, des bouquets de fleurs dont le parfum sauvage parvenait jusqu’à lui.

Thétis Khan se mit à danser un véritable ballet, montant, descendant, s’approchant d’Abban autour duquel il tournait, puis repartant toujours vers le même endroit.

Arrivé à proximité de la côte, Abban vit au milieu des herbes folles que semblait caresser le vent, posé à même le sol, nu et criant, un petit d’homme qui gesticulait en mouvements désordonnés des jambes et des bras.

Interdit, il se baissa et prit l’enfant dans ses bras. C’était un tout petit enfant, un nouveau né, qui écarta les paupières comme pour regarder le visage d’Abban. Puis, laissant sa tête tomber sur l’épaule du jeune homme, ce magnifique germe d’espoir s’endormit doucement.

 

La suite dans quelques jours.

© Jean-Michel Touche

 

Liens pour retrouver les épisodes précédents :

Episode 1 :  LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Episode 2 : UMBERTO

Episode 3 : LE TABLEAU CHEZ GABRIEL

Episode 4 : VOYAGE D’UMBERTO DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS

 

 

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