KTO UN CŒUR QUI ÉCOUTE, vendredi 22h10

 

Vous n’avez rien à faire vendredi soir 15 décembre à 22h10 ?

Alors venez sur KTO et rencontrons-nous dans le cadre de l’émission

UN COEUR QUI ECOUTE

dans laquelle m’a invité Cyril Lepeigneux.

 

LE TABLEAU RETOURNÉ (5)

Liens pour retrouver les épisodes précédents :

Episode 1 :  LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Episode 2 : UMBERTO

Episode 3 : LE TABLEAU CHEZ GABRIEL

Episode 4 : VOYAGE D’UMBERTO DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS

 

 

V

VOYAGE AU TEMPS DU SATELLITE ESPOIR

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Le soleil brillait au zénith quand la tribu s’ébranla. Thétis Kahn, qui savait tout depuis longtemps, s’efforçait de la conduire au rythme des plus lents pour la mener de l’autre côté des montagnes, là-bas, très loin, où elle découvrirait son humanité. H’umban avait deviné le sens de cet appel. Regardant les hommes et les femmes de sa tribu, il vit combien il était différent d’eux, et il comprit qu’en dépit de cela il les aimait.

                        ° ° °

Le vaisseau achevait les manœuvres d’accostage rendues délicates par le balancement rapide du sas dans lequel il devait se placer.

De loin l’équipage avait pu voir “Espoir”, un anneau monumental éclairé par le soleil, qui tournait sur lui-même dans sa course folle à travers l’espace. Le plus beau satellite jamais conçu par l’homme prenait tour à tour une couleur orangée, puis ocre, puis brune, pour virer insensiblement au bleu turquoise, au vert émeraude, enfin au jaune safran, selon le rythme des spirales que dessinait sa trajectoire incertaine.

Le commandant avait annoncé sur le panneau de contrôle que l’approche risquait d’être brutale, et rappelé les consignes de sécurité. Tirés de leur torpeur, les passagers, tous volontaires, avaient refermé sur eux leur combinaison de survie – mais quelle survie peut-on espérer en cas de collision et de projection dans l’espace et le temps ? – et avaient regardé le spectacle qui s’offrait à eux.

Après que le vaisseau eût lentement contourné “Espoir”, l’équipage et les passagers s’étaient extasiés devant la beauté des jeux de la lumière et de la nuit. Sur un fond largement tapissé d’étoiles, ils avaient vu l’anneau d’ “Espoir” se détacher en noir, à contre jour du soleil. Puis, au fur et à mesure de leur approche, le satellite avait pris des dimensions de plus en plus vastes, jusqu’au moment où les rayons du soleil en avaient caressé le cercle intérieur.

Abban, comme les autres, restait à présent silencieux, le cœur agité par un mélange d’angoisse et d’excitation. Lorsqu’il s’était porté volontaire pour l’expédition, on l’avait mis en garde contre tous les dangers de la mission, risques pour lui-même, risques pour les habitants d’Espoir s’il y en restait quelques uns, risques peut-être aussi pour les habitants de la terre, on ne savait pas trop. Mais il y avait au fond de lui une voix qui appelait, une voix qu’il entendait de plus en plus fréquemment. Lorsqu’il en avait fait mention devant la commission médicale chargée de trier les volontaires, le médecin chef s’était borné à sourire. “L’appel de l’espace, avait-il dit, vous savez…” sans achever sa phrase.

Oui, une voix d’enfant, lancinante, chavirante, qui appelait Abban par son nom

A cette même époque un étrange oiseau s’était introduit au plus secret de ses rêves. Ses plumes réfléchissaient la lumière en myriades d’étincelles qui se réunissaient pour former un cercle lumineux très semblable au satellite dans lequel le jeune homme allait à présent s’introduire.  L’oiseau revenait chaque nuit et recommençait son mystérieux ballet. Abban éprouvait alors une curieuse sensation de déjà vu, déjà vécu, quelque chose de furtif, d’insaisissable.

° ° °

Abban faisait partie du petit nombre auquel “Espoir” s’était adressé. Il lui avait été donné de connaître l’incroyable histoire de cette création virtuelle qui avait échappé à ses créateurs, les emmenant à la frontière de l’univers, aux confins de ces zones où la lumière n’avait plus accès.

“Espoir” le mal nommé s‘évadait au gré des fluides de l’infini, du temps et de l’espace. Il se perdait dans l’imaginaire, prenait ses racines dans le futur et se déplaçait en amont puis en aval du temps.

En amont et en aval du temps… C’est ainsi que s’exprimaient les hommes de science qui n’avait pas trouvé mieux pour parler de ce phénomène.

Car, voyez-vous, “Espoir” n’existait pas. Enfin… pas dans le sens que l’on entend habituellement quand on parle d’existence. Aucun livre, aucune base de données, aucune réserve d’archives magnétiques, aucune bibliothèque concrète ou virtuelle, ne possédait le moindre renseignement sur lui. On ne le connaissait pas, tout simplement.

Mais Dieu, prenant pitié du mal qui rongeait “Espoir”, avait frappé au coeur des plus fous comme des plus sensibles pour les alerter sur le drame qui se jouait – tout en les laissant libres d’intervenir ou non, comme à son habitude : attirer l’attention mais laisser libre.

 

Dans une période troublée du grand futur, un futur incroyablement éloigné des jours que nous vivons, des hommes et des femmes avaient décidé de créer un espace virtuel. Tout ce que la terre connaissait – il faudrait peut-être dire “connaîtra” –  d’intelligences hors du commun s’était lié dans cette aventure peu banale. Philosophes, hommes et femmes de science, penseurs de tous bords, ils s’étaient retrouvés pour former la plus prodigieuse concentration d’esprits jamais réalisée.

Ce qu’ils firent, ou plutôt ce qu’ils feront et comment ils s’y prendront, nul ne saurait encore l’expliquer dans l’état actuel de nos connaissances.

Toujours est-il qu’ils mirent au monde (comment le dire autrement ?) une “chose” d’une extrême beauté et d’un niveau technologique largement en avance sur leur propre époque. Pourtant “Espoir”, puisqu’ils l’avaient ainsi baptisé, “Espoir” n’existait pas. Il appartenait au monde virtuel.

Enivrés par leur création, atteints d’un narcissisme exubérant, les grands esprits décidèrent de se fondre au sein d’ “Espoir”… et de quitter la terre.

Rien de moins.

° ° °

L’anneau de lumière se désagrégea un soir d’automne, au moment où le soleil quittait l’horizon, emportant dans un flux irréel les grands esprits de son temps. Sans déclaration préalable, sans témoin. Les quelques familles qui habitaient la contrée isolée où les grands esprits avaient fait prendre corps à leur projet, s’étaient bien sûr étonnées de ne plus voir l’immense cercle de lumière, sur la montagne, en face de leur domaine. Sans trop chercher  à en savoir davantage.

“Espoir” s’était donc lancé dans une incroyable odyssée durant laquelle un fol orgueil s’empara de ses créateurs, jusqu’à les faire s’imaginer qu’ils étaient Dieu.

C’est à l’époque où, dans sa course incohérente, sorti du sens dans lequel s’écoule normalement la vie, “Espoir” allait revenir vers le soleil, que Thétis Khan vint troubler les nuits d’Abban. Rejoignons celui-ci au moment où il va quitter le vaisseau pour s’introduire dans le satellite.

 

L’équipage, invisible depuis le départ de la terre, avait manifesté son amitié aux volontaires en écrivant sur l’écran géant un énorme “Bonne chance”. La porte du vaisseau s’était ouverte sur l’ordre du commandant et les volontaires étaient sortis. Très rapidement le sas s’était refermé derrière eux puis le vaisseau avait commencé les manœuvres de départ.

Le responsable de la mission avait tout expliqué à l’avance. Chacun savait qu’il ne fallait pas s’éterniser dans le sas qui pouvait se rompre à tout instant. Ils ignoraient tout de ce qu’ils allaient découvrir et, comme avait dit le responsable, ç’allait être chacun pour soi et Dieu pour tous. A la manière de l’équipage du vaisseau, il souhaita bonne chance aux membres de la mission et déchira la protection du sas. L’aventure commençait.

 

Abban pénétra le dernier dans le satellite. Une curieuse impression s’empara de lui. Comme s’il connaissait déjà l’univers qu’il allait explorer. Il y avait… comment dire ? Il y avait à la fois tout et rien. Un paysage impressionnant, fait d’éclats de lumière et de sons cristallins, s’étendait d’un bout à l’autre de l’horizon. L’on apercevait la terre, entourée de son halo bleu célèbre dans toute la galaxie, mais comme réfractée par les angles d’un prisme, présentée en tranches successives. Abban ferma les yeux. A sa droite un membre de l’équipe, une femme, s’écria “Dieu que c’est beau”. Et elle disparut, comme engloutie par les éclats de lumière. Une cloche sonna. C’était étrange, cela ressemblait au glas qui résonne encore dans les campagnes lorsqu’on enterre un mort. Abban frissonna. Il chercha la femme et ne rencontra rien. Elle avait totalement disparu. Il pensa que c’était dommage car il l’avait trouvée sympathique durant la traversée de l’espace.

On l’avait pourtant prévenu lors de la mise en condition pour la mission : “Dites-vous que tout peut arriver, que nous ignorons tout de ce satellite. Nous ne savons même pas s’il existe vraiment. Nous ne décelons aucune trace de matière, qu’elle soit vivante ou inerte.”

“Ne vous attachez surtout pas à vos compagnons de mission. Ils pourraient se perdre et vous perdre avec eux.”

° ° °

Abban de nouveau ferma les yeux. Il les rouvrit, étonné, pour les fermer à nouveau. Surpris, il constata que le paysage qu’il découvrait lorsqu’il rouvrait les yeux était plus précis, plus complet que quelques minutes auparavant. Et qu’il ressemblait à ce qu’il venait d’imaginer. Il s’essaya plusieurs fois à cet exercice. Oui, c’était bien ça, les détails du paysage se dessinaient au fur et à mesure qu’il les rêvait. C’était comme si une énergie latente s’appuyait sur ce qu’il imaginait et concrétisait le tout dans les  moindres détails.

Abban se souvint de la maison de sa jeunesse. Elle prit forme aussitôt devant lui, aussi mal entretenue que par le passé. Il se dit qu’elle eût été plus belle avec un perron devant l’entrée principale. Immédiatement un perron se dessina. Et quand il voulut la revoir telle qu’elle était réellement, il n’y parvint pas. Il renouvela l’expérience à plusieurs reprises et constata qu’il ne pouvait jamais revenir en arrière : il pouvait créer, il ne pouvait pas supprimer. Et plus il pensait, plus le monde prenait forme sous ses yeux, les bâtiments se pressant les uns contre les autres.

Il s’efforça de ne penser à rien, mais plus il faisait d’efforts dans ce sens et plus les souvenirs remontaient de sa mémoire. Il n’osa bientôt plus regarder devant lui. Quand enfin il ouvrit les yeux, Abban se trouvait au centre d’une ville dont il connaissait tous les éléments puisqu’ils provenaient de sa mémoire. Mais avec le même degré de flou que lorsque l’on pense revoir dans sa tête quelque chose que l’on connaît bien. On l’appelle, on l’assemble, mais on ne voit pas sa réalité matérielle.

Abban cria. Le son de sa voix lui revint, rebondissant sur des millions, des milliards de cristaux lumineux. Au-dessus de lui, dans un ciel d’encre, il vit la terre. Cette fois elle apparaissait dans son entier, énorme boule sur laquelle se dessinait l’Amérique avec à droite une partie de l’Europe et de l’Afrique.

“Mon Dieu, pensa-t-il, Nous fonçons droit dessus.”

Un froissement d’ailes attira son attention. Il chercha d’où cela provenait et reconnut Thétis Khan, l’oiseau qui avait hanté ses nuits. Il était à présent mille fois plus beau que dans les songes.

Thétis Khan dessina des arabesques puis entreprit de partir sur la gauche. Il revint près d’Abban, fila de nouveau sur la gauche, et recommença plusieurs fois son manège, jusqu’au moment où Abban se décida à le suivre.

Une longue errance à travers l’irréel devait commencer. L’oiseau quitta la ville élaborée par Abban et vola longtemps, tout droit, au milieu d’éclats de lumière qui formaient des courants, des rivières de bleu, d’ocre, de vert. Lorsqu’ils se croisaient, formant des tourbillons, des pétales lumineux se mêlaient les uns les autres. Ainsi unis l’on eût dit qu’ils constituaient des grains de matière. Ils prenaient alors des formes diverses, bras qui se tordaient, se dressaient vers le ciel, océans dont la houle se mettait à murmurer  le chant du vent sur des vagues de plus en plus énormes. Ou bien cela semblait prendre vie, à la façon d’animaux étranges, terrifiants ou doux comme des biches.

Et puis tout se désagrégeait. Les éclats de lumière regagnaient le lit de leur torrent, une musique irréelle se mettait à danser autour d’Abban, comme si la vie succédait sous cette forme aux mouvements désordonnés de la lumière.

“Où suis-je ?” demanda Abban.

– Tu es dans la pensée des hommes,” répondit une voix, “et tu accomplis ton voyage dans l’espace et le temps. Souviens-toi, je t’ai naguère annoncé un long périple qui t’amènerait à découvrir le vrai sens de la vie. Aujourd’hui tu viens de pénétrer dans l’absolu de l’esprit. “Espoir” est encore incréé mais la lumière au sein de laquelle tu te déplaces est l’embryon de la pensée des hommes qui, un jour, dans très longtemps, créeront cet univers irréel. Leur pensée est déjà présente, ici, à l’état de promesse.”

– Mais que suis-je venu y faire ?

–  Y découvrir un germe d’espoir.

Abban, étonné, voulut prolonger la conversation, mais la voix ne lui répondit plus.

Ayant perdu tous ses repères, il ne savait plus depuis combien de temps il se trouvait dans le satellite. Bien qu’il eût à plusieurs reprises tenté de retrouver les autres membres de la mission, Abban restait seul avec ses pensées. Depuis sa conversation avec la voix, il tentait de les maîtriser pour s’efforcer d’imaginer ce que pouvait être ce fameux germe d’espoir dont lui avait parlé la voix.

 

– Viens.

Abban leva la tête. Thétis Khan dansait dans les airs comme il savait si bien le faire quand il voulait attirer l’attention de quelqu’un.

Rien ne pouvant plus maintenant le surprendre, Abban se redressa et le suivit. Sa marche ne ressemblait pas à celle qu’il avait faite auparavant. Il voyait maintenant le dessin d’une côte, le mouvement de la mer et le vol de ce qui ressemblait à des oiseaux migrateurs, un saule pleureur dont les branches retombaient sur une prairie parsemée de pâquerettes, des bouquets de fleurs dont le parfum sauvage parvenait jusqu’à lui.

Thétis Khan se mit à danser un véritable ballet, montant, descendant, s’approchant d’Abban autour duquel il tournait, puis repartant toujours vers le même endroit.

Arrivé à proximité de la côte, Abban vit au milieu des herbes folles que semblait caresser le vent, posé à même le sol, nu et criant, un petit d’homme qui gesticulait en mouvements désordonnés des jambes et des bras.

Interdit, il se baissa et prit l’enfant dans ses bras. C’était un tout petit enfant, un nouveau né, qui écarta les paupières comme pour regarder le visage d’Abban. Puis, laissant sa tête tomber sur l’épaule du jeune homme, ce magnifique germe d’espoir s’endormit doucement.

 

La suite dans quelques jours.

© Jean-Michel Touche

 

Liens pour retrouver les épisodes précédents :

Episode 1 :  LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Episode 2 : UMBERTO

Episode 3 : LE TABLEAU CHEZ GABRIEL

Episode 4 : VOYAGE D’UMBERTO DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS

 

 

DANS L’ATTENTE DE NOËL !

Chaque jour, sur cette page et sur Facebook, une ou plusieurs photo(s) de Noël

Si vous aimez, n’hésitez pas à partager ces photos avec vos amis.
Plus nous serons nombreux à les regarder, plus nous serons nombreux à fêter dans la joie la NAISSANCE DE JÉSUS !
Que nous nous connaissions ou pas, IL  est venu pour nous tous.

Photo du 5 décembre

La dame depuis sa fenêtre : « Il paraît qu’on attend un nouveau-né ?
C’est pour bientôt ? »

..

.Photo du 6 décembre

La foule, très excitée :

« Oui, il paraît qu’il va y avoir une naissance, mais on ne sait pas où ni dans quelle famille. Peut-être des nomades ? C’est ennuyeux pour eux, tous les hôtels sont pleins !
Si le petit naît dans la rue, ça ne sera pas marrant pour les parents. Pour lui non plus, d’ailleurs. »

 

Photos du 7 décembre
La foule (suite) : « C’est vrai, chaque année on nous l’annonce. Mais pas pour aujourd’hui. Ça serait plutôt vers la fin du mois. »

Photo du 8 décembre

L’annonce de cette naissance à venir est une joie pour tous. Certains la chantent.

Photo du 10 décembre

Tiens, vous entendez ? On dirait qu’une musique vient du ciel ! C’est surprenant, vous ne trouvez pas ?

Photos du 13 décembre

Un peu partout, l’excitation commence à frétiller. Que va-t-il donc se passer ? On dirait qu’une musique vient du ciel, c’est entendu, mais pourtant certains affirment que l’amour ne vient pas du ciel. Alors il faudrait sortir ?

Photos du 16 décembre

A droite et à gauche – non, ce n’est pas politique – on sent bien que ça s’agite.

Photos du 18 décembre

Un peu partout, on bouge. C’est bientôt Noël, tout de même. Pas n’importe quoi.
– Peut-être, disent certains, mais c’est quoi exactement, Noël ?
Et ils cherchent, d’un côté puis d’un autre, des éléments susceptibles d’apporter réponse à leur question.

Non, la réponse ne se trouve pas là.

Là non plus !

Alors, où est-elle ?

Photos du 18 décembre

Un peu partout, des femmes et des hommes cherchent, attendent, se préparent !
Regardez.

Et même…

Alors, à suivre ?

Photos du 23 décembre

Indiscutablement, on s’agite partout !
Cette naissance, ce doit vraiment être quelque-chose pour remuer tant de monde !

Même les bêtes s’interrogent.
C’est vous dire ! ! !

Quant aux futurs parents, il suffit de les regarder pour deviner qu’il va se passer quelque chose d’extraordinaire.

A suivre, mais très vite !

24 décembre

NOËL

Tu es enfin là, Divin Enfant !

Femmes et hommes de tous âges, depuis les plus jeunes enfants jusqu’aux ceux dont les années s’accumulent, vivez un moment de Joie. Pas uniquement grâce à des invasions de cadeaux, de champagne ou de foie-gras, mais avec au moins un petit temps de réflexion.
Sur Dieu pour les croyants. Pour ceux qui ne le sont pas, sur l’existence qui reste mystérieuse même si la science nous ouvre de plus en plus de nouvelles portes par les nouvelles découvertes.

Aujourd’hui, « un enfant nous est né, un fils nous est donné ».

Qu’à tous il donne espérance, amour et profonde joie intérieure.

La crèche que vous pouvez voir ici vous propose de fermer les yeux quelques minutes après l’avoir regardée, juste pour laisser s’épanouir cette espérance, cet amour et cette joie intérieure.

JOYEUX NOËL POUR TOUS.

 

 

 

 

Photos © Jean-Michel Touche

 

 

 

 

LE TABLEAU RETOURNÉ (conte de Noël)

Un conte écrit en 1996, étrange (mais un conte se doit de l’être, à quoi servirait-il autrement ?), à découvrir petit à petit avant Noël.

Vous plaira-t-il ? Je ne puis le dire… mais je l’espère !

 

1

LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Entrez donc, monsieur, vous le verrez mieux de l’intérieur.”

Gabriel rougit de surprise, se redressa, sourit, répondit “Oui, euh! non. Enfin oui, pourquoi pas ?” et il pénétra dans la galerie.

– Ce tableau vous intrigue, n’est-ce pas ? Ça fait plusieurs fois que je vous vois l’examiner.

Un peu gêné d’avoir été remarqué, Gabriel se contenta de sourire. Depuis des semaines, c’est vrai, il faisait fréquemment un détour afin de passer devant la galerie Félicien et de s’arrêter un moment pour regarder cette grande toile sombre, empreinte de mystère. Il se sentait attiré par cette composition curieuse dont il cherchait à deviner le sens, mais les reflets de la vitre masquaient en grande partie les détails essentiels.

Suzanne son épouse, à qui il avait tenu à montrer le tableau un jour où le vent d’est soufflait désagréablement, l’avait vivement refroidi en décrétant tout à trac :

– Mais c’est horrible, mon ami, ça n’a ni queue ni tête, ce tableau. D’abord qu’est-ce que ça représente ?

– Je n’en sais trop rien, avait répondu Gabriel. Mais avouez que c’est étrange : on dirait qu’il se passe quelque chose, un événement exceptionnel, mais que le peintre a voulu seulement éveiller notre curiosité et puis… plus rien, comme si nous devions rester sur notre faim.

– Ce que je trouve étrange, rétorqua Suzanne, c’est l’effet que produit cette chose sur vous.  Alors écoutez, mon ami, regardez-la tant que vous voulez, mais moi je suis gelée, je rentre.
Puis  elle avait ajouté, un rien autoritaire, “Vous venez ?”

Gabriel avait souri comme d’habitude car il souriait beaucoup, mon grand-père. C’est un homme qui ne se fâchait jamais. “Allez devant, Suzanne, je vous rejoins.”

° ° °

Gabriel et Suzanne sont mes grands-parents. Des grands-parents adoptifs, en réalité, car mes parents m’ont recueilli petit enfant sans savoir très exactement d’où je venais. J’ignore tout de mes origines mais qu’importe : ma vraie famille c’est celle avec laquelle je vis. Voilà, vous savez tout de moi. Je ne trouve rien d’autre à dire parce que vraiment, quand je me regarde dans une glace, je ne vois guère de traits particuliers à vous signaler. A l’exception peut-être de mes cheveux bruns et bouclés qui tranchent sur la blondeur naturelle de mes parents. Ah! j’oubliais : mon père se prénomme Gervais et ma mère Felicity (elle est Anglaise). Moi, c’est Hubert.

° ° °

Mais revenons donc à ce jour de printemps où Gabriel put se pencher tout à loisir sur ce curieux tableau.

– Puis-je vous offrir une tasse de thé ? proposa l’homme de la galerie.

– C’est trop aimable, je ne voudrais pas abuser…

– Pas du tout, pas du tout. Permettez-moi de me présenter : René Félicien. Je suis le propriétaire de cette galerie et mon père l’était avant moi.

Mon grand-père se présenta à son tour et les deux hommes se serrèrent la main.

– Je suis très heureux que vous soyez ici, cher Monsieur. Figurez-vous que ce tableau m’intrigue et je me réjouis de l’intérêt que vous semblez lui porter.

Gabriel, amateur de peinture averti, ne comprenait rien à cette toile. L’opacité qui ombrait fortement le tableau ne correspondait à aucune école, aucune époque, aucun style.

– De quoi s’agit-il exactement ? finit-il par demander.

– Je n’en sais rien. J’ai trouvé ça dans un grenier, au milieu de quelques belles pièces. Apparemment, personne n’en connaissait l’existence. Au premier abord j’ai pensé qu’il s’agissait d’un tableau de la Renaissance abandonné sans soin et meurtri par les siècles. Regardez tous ces personnages. Malgré cette espèce de croûte sombre qui gâche la toile, n’évoquent-ils pas les fresques dont regorgent les musées de Sienne et de Florence ? Et cet homme, au premier plan sur la gauche, voyez comme il se détache du reste de l’œuvre.

Gabriel porta son attention sur un jeune homme que les reflets de la vitre empêchaient de voir depuis la rue. Un beau jeune homme au visage d’une finesse extrême, qui se tenait debout, sur la gauche de la toile. Il portait un vêtement de couleur indéfinissable et son visage penché du côté gauche paraissait regarder quelque chose ou quelqu’un. Mais il n’y avait rien à l’endroit où se posait son regard.

– C’est étrange, n’est-ce pas ? On dirait que le peintre n’a pas eu le temps de terminer la scène.

– C’est curieux, très curieux ! fit mon grand-père de plus en plus excité.

 

Le tableau, fort sombre, représentait un paysage de nuit. Le jeune homme au beau visage se détachait sur une masse foncée, une sorte de rocher à côté duquel se dressaient des cyprès. De la partie supérieure droite du tableau descendait une longue colonie de personnages qui avançaient en dessinant des sinuosités, sans que l’on parvînt à distinguer les traits des hommes et des femmes qui composaient cette foule en marche.

– Incroyable, s’exclama Gabriel, ce tableau nous cache quelque chose. De quoi peut-il bien s’agir ? Et ce jeune homme aux yeux tournés vers on ne sait quoi… ou on ne sait qui…, comme il est beau! Comment avais-je pu ne pas le voir depuis la rue ? Vous allez rire : il me rappelle…  Ah! oui, c’est stupéfiant.… Sait-on le nom du peintre ?

– J’ai cherché longtemps et j’ai fini par trouver quelque chose. Mais là encore c’est le mystère. Regardez, cher Monsieur, là, en bas à droite. Vous ne voyez rien ?

Les deux hommes s’accroupirent, mon grand-père chaussa ses lunette tandis que René Félicien releva les siennes sur son front et montra du doigt une zone du tableau que Gabriel se mit à fixer attentivement.

– Ça y est ! s’écria Gabriel dans un état d’excitation avancé. Ça y est, je le vois. Mais je ne distingue pas tout. Voyons, on dirait “Umbr…o, Umbr…a” quelque chose.

– Félicitations,  Monsieur, moi je n’étais pas arrivé à lire quoi que ce soit.

– Attendez, attendez, reprit Gabriel. Voilà, j’y suis. C’est “Umberto da…”

– Da quoi ?

– Da… rien. Il n’y a rien d’autre. Enfin si, peut-être. mais le reste du nom est caché par un trait de peinture brune. Je suis certain que quelqu’un a voulu masquer partiellement le nom du peintre.

– Ah ! Monsieur, Monsieur… bégaya René Félicien, c’est inouï, je possède ici une autre toile signée “Umberto da…” mais de façon beaucoup plus lisible. Et comme sur celle-ci le reste du nom a été masqué par une peinture épaisse. Ah ! Monsieur, venez voir.

René Félicien se précipita vers l’arrière de la galerie, déplaça fébrilement plusieurs toiles et finit par trouver celle qu’il cherchait. Il la prit avec soin, la tint à bout de bras un bref instant puis l’installa sur un chevalet. Il tourna ensuite sa belle tête grisonnante vers mon grand-père et demanda :

– Qu’en dites-vous ?

Gabriel resta muet de saisissement, incapable de prononcer le moindre mot.

– Alors, Monsieur, qu’en pensez-vous ?

René Félicien ne tenait plus en place. Il marchait de droite à gauche, de gauche à droite, s’approchant de mon grand-père, prenant ensuite du recul pour admirer l’œuvre qu’il venait de tirer de ses trésors.

Gabriel murmura : “C’est extraordinaire…”

Posée sur un chevalet, une jeune femme peu vêtue regardait timidement les deux hommes, dans une attitude pudique. Et cette jeune femme ressemblait à s’y méprendre à la Vénus de Botticelli.

 

René Félicien et mon grand-père ne cessaient de pousser des petits “Oh !” et des petits “Ah !” Quand ils reprirent leurs esprits ils se penchèrent pour déchiffrer la signature. A n’en pas douter c’était bien “Umberto da…”, comme sur la grande toile de la galerie. Les deux hommes pensaient la même chose, et d’émotion, eux qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, ils s’embrassèrent. C’est vous dire l’effet qu’avaient produit sur eux ces deux toiles !

Le tableau de la jeune femme, comme la grande toile mystérieuse, avait souffert de l’agression du temps, des taches d’humidité dessinaient comme les contours d’un puzzle sur le corps laiteux. René Félicien avançait par instants la main pour essuyer la toile mais la retirait immédiatement par pudeur.

 

– A votre avis, Monsieur Félicien, demanda mon grand-père, cette toile est-elle antérieure ou postérieure à celle de Botticelli ?

René Félicien fit une moue, écarta les bras, se racla la gorge et dit “Ça va vous paraître fou, cher Monsieur, j’aurais tendance à dire que cette toile est antérieure.”

– Alors… qui donc est Umberto ?.
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.A

La suite dans quelques jours.

© Jean-Michel Touche

Seco,d épisode : cliquer sur   LE TABLEAU RETOURNÉ (2)

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Une histoire biblique des origines

Le Collège des Bernardins propose à partir d’aujourd’hui un cours en ligne intitulé Une histoire biblique des origines.

Désolé de le diffuser si tardivement, puisque nous sommes aujourd’hui le 2 octobre. Déjà !!! Mais ce cours est certainement passionnant, et vous pourrez le découvrir en cliquant sur le titre en rouge ci-dessus.

Il ne vous reste plus qu’un clic à faire pour tout savoir !
Profitez-en !

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Hommage aux femmes en Orient (Œuvre d’Orient)

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Dans sa Newsletter du mois de juillet, Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, fait un magnifique hommage aux femmes en Orient.

Pour en prendre connaissance, un simple clic sur

Newsletter Œuvre d’Orient

Vous pourrez découvrir également trois très beaux témoignages de femmes en Orient, avec cette phrase qui, à tous, donne à réfléchir :  « Comme Marie lors de la Visitation, on peut porter Jésus non pas en paroles mais en actes. »

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UNE ATTITUDE CRIMINELLE

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Il faut être fou, criminel ou les deux, pour vouloir empêcher des ONG de venir au secours de migrants qui, sans leur aide, périraient noyés en Méditerranée. C’est pourtant ce que désirent faire le groupe Génération identitaire et d’autres groupes européens : « empêcher le sauvetage en mer des réfugiés qui tentent de traverser la Méditerranée. » (Le Figaro)

Oui, l’arrivée de migrants en grand nombre est difficile à gérer, et il est impératif de chercher des solutions sérieuses pour permettre à ces personnes de demeurer et vivre normalement et dignement dans leur pays.

Mais en attendant, chercher à ce que ces migrants se noient en bloquant les bateaux qui leur viennent en aide relève d’une attitude inqualifiable.

Oh, l’humanité, qu’est-ce que t’arrive ? Tu as les yeux ouverts ou pas ?

Quelle faute ont commise ces migrants :  ne pas être nés sur nos territoires ? ne pas avoir la couleur de notre peau ? être arrivés sur terre du mauvais côté ?
Que ferions-nous si nous étions à leur place ? Ne chercherions-nous pas, nous aussi, à sauver notre vie ?

Pour en savoir plus, trois articles :

Le Figaro du 14.06.17
Franceinfo du 11.06.17
VDS du 08.06.17

J.M.T.

 

Et, ci-dessous, le Communiqué de presse de l’Œuvre d’Orient en date du 9 juin 2017

Chaque mois des milliers de personnes, des hommes et bien souvent des femmes et des enfants, essayent de traverser la Méditerranée pour fuir une misère extrême ou des régimes tyranniques sur lesquels l’opinion publique internationale est trop souvent silencieuse. Ces malheureux se noient par centaines chaque semaine ; il y a les cadavres que l’on dénombre dans les statistiques, et il y a les corps qu’on ne retrouvera jamais.

Sans nier les difficultés que représente l’accueil de ces migrants, la question de l’aide nécessaire à leur survie est une question fondamentale qui doit interpeller la conscience européenne.

Les organisations qui agissent, dans des conditions difficiles, pour les sauver d’une mort certaine sont l’honneur de notre temps.

L’Œuvre d’Orient condamne fermement les entraves qui conduiraient à nuire à leur action et appelle les autorités compétentes à se saisir de ce problème dramatique qui ne relève pas des seules associations.

 

Mgr Pascal Gollnisch
Paris, le 9 juin 2017

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