• Blog Stats

    • 97 689 hits
  • Articles récents

  • LIVRES PUBLIÉS

CROYANTS, NON-CROYANTS, ALLEZ VOIR « LA PRIÈRE »,

 

Un bien étrange film !

Il nous prend, nous malmène pourrait-on dire, par l’intrigue inattendue qu’il développe sous nous yeux. Nous sommes pris dans un état qui nous pousse à réfléchir, mais après, plus tard, en prenant le temps de le faire.

« La Prière » aborde deux choses très proches et pourtant différentes : la Vie et l’Existence.

La Vie, nous y sommes tous insérés. Jour après jour, elle est l’objet de nos joies et nos tracas, de nos satisfactions et nos difficultés, de nos soupirs et nos sourires, et plus encore. Elle est ce quotidien qui accapare notre temps et auquel nous nous donnons entièrement parce que souvent nous ne pouvons pas faire autrement. Et ce quotidien laisse bien peu d’espace ou de temps pour le reste.

L’Existence, pour sa part, est ce monde infini, illimité, non incarné, dans lequel notre pensée peut s’évader totalement, voire se perdre en chemin, à moins que l’on choisisse d’y chercher un itinéraire en fonction de ce que l’on souhaite découvrir et comprendre.

Les personnages du film balancent entre Vie et Existence !

« La Prière » ne s’épargne rien, pas même des passages inattendus qui montrent l’être humain tel qu’il est, avec ses peurs, ses énervements, ses attirances, ses besoins, ses désirs, son corps. Et c’est bien, car on voit dans ces passages que les croyants ne sont pas des bénis oui-oui mais des êtres comme tous les autres, avec des moments de force et des moments de faiblesse.

Le personnage principal du film (comme les autres) essaie de renoncer à son quotidien qui le mène à l’échec complet. Il pénètre petit à petit dans l’immensité de l’existence où il commence par se perdre, avant de réussir à s’approcher peu à peu de Dieu qu’autrefois il a bafoué et qu’aujourd’hui il veut rejoindre.

Ce film devrait intéresser ceux qui ne croient pas en Dieu au même titre que les croyants. Il montre en effet que celui qui avance vers le mystère de Dieu demeure entièrement libre et autonome, qu’il peut renoncer à tout moment, et que l’invitation qu’il ressent peut-être librement rejetée ou façonner une vie nouvelle.

° ° °

Cliquer sur  « La Prière » pour voir la bande annonce (après juste quelques secondes de pub)

 

Photos copie d’écran
.
.
.

SAUVER NOTRE PATRIMOINE RELIGIEUX RURAL

 

Les priants des campagnes :
s’engager pour sauver notre patrimoine religieux rural

(Article d’info catho, rédigé par Marie Ordioni, journaliste à InfoCatho,
suite à une interview du 9 septembre 2017)

 

“Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.”

Philippe de La Mettrie, président de cette jeune association,  nous a longuement, et avec passion, présenté le cœur de son engagement, et nous l’en remercions !

Le but de l’association “Priants des campagnes” est de contribuer, par toutes actions et tous moyens, humains, spirituels, politiques, juridiques, matériels et financiers, à la conservation et la sauvegarde de tous lieux de culte constitutifs du patrimoine cultuel et culturel de la France et de ses territoires, en particulier des églises et chapelles et ainsi leur conserver leur vocation de lieu de prière commune.

Nous devons avoir la fierté d’aller prier publiquement, l’enfouissement c’est fini ! Le primat de notre action, c’est la prière, et nous invitons tous ceux qui le souhaitent à nous rejoindre… mais comme nous sommes des êtres incarnés, il nous faut évidemment des moyens., nous avons besoin de “choses visibles”, qui nous touchent. Les églises nous permettent d’accéder à l’Invisible.

Nous croyons en la force de la prière commune fréquente dans nos églises de campagnes. Ainsi “habitées” par la prière, elles seront sauvegardées et maintenues comme lieux de culte. Nous croyons en outre que le patrimoine historique et civilisationnel qu’elles représentent constitue une telle richesse culturelle qu’elles doivent être entretenues et conservées, par un engagement spirituel et, si nécessaire, financier.

Dans un village, l’église est la mémoire des familles ! C’est pourquoi nous invitons tous les amoureux de ce patrimoine, qu’ils soient croyants ou non croyants, pratiquants ou non pratiquants, habitant les villes, grandes ou petites, ou la campagne, à nous rejoindre en manifestant leur soutien par adhésion ou aide quelconque.

Alors, concrètement, quels sont les différents engagements que nous proposons ?

Notre association a besoin d’adhérents pour avoir du poids avec les différents interlocuteurs. Mais pour nous, il s’agit en premier lieu de promouvoir la prière dans le maximum d’églises de nos campagnes et petites villes. Marquer le début de la prière par le son des cloches est une manifestation de notre foi ; sans faire de prosélytisme, les chrétiens, et les catholiques en particulier, ont le devoir de manifester au monde leur attachement à la prière commune et fréquente. C’est pourquoi, nous recommandons de faire sonner quelques instants les cloches de l’église en début et/ou en fin de prière.

Si les catholiques manifestent ainsi leur attachement à leurs lieux de prière, ils seront sauvegardés.

Je suis touché par ce “blanc manteau d’églises” (l’expression est de Raoul Glaber et date du XI°siècle) qui recouvre la France et forme comme un immense monastère invisible… Monastère qui nous est confié à nous, laïcs, et il nous appartient de permettre le maintien de rites tels que l’Angélus.

Et je rêve d’un jour où les 42.000 églises de France seraient éclairées à la même heure pour une même prière : cela se verrait, cela s’entendrait ! Si les catholiques retournent prier dans leurs églises, cela se saura !

 

Philippe de La Mettrie

 

Retrouvez l’association :
www.priantsdescampagnes.org  ou
«  priantsdescampagnes@gmail.com »

PÂQUES, TEMPS D’ABANDON DU QUOTIDIEN

 

Temps d’abandon du quotidien, Pâques est le moment où nous sommes invités à réfléchir au-delà de ce que nous vivons chaque jour.

Un temps pour nous ouvrir à ce qui nous dépasse, ce mystère du Christ à la fois Dieu et Homme, chemin, vérité et vie pour les chrétiens, mais invraisemblable pour ceux qui refusent ou ne parviennent pas à croire.
On entend souvent dire, sous cette forme ou d’une autre manière plus moqueuse : « Vous croyez que Dieu existe mais vous n’en savez rien. »

Oui, c’est vrai.
L’inverse également !
Il faut cependant être conscient que dans notre vie il y a beaucoup plus de choses que l’on croit que de choses que l’on sait.

Le train arrivera à l’heure (on ne le saura qu’une fois qu’il sera arrivé).
Il fera beau demain (on ne le saura qu’après la journée de demain).
J’ai voté pour le meilleur des candidats (je ne le saurai qu’une fois qu’il aura terminé son mandat).

Le temps de Pâques est celui, très particulier, durant lequel le Christ nous devient tout proche, comme un rayon de soleil qui va traverser la grille de nos habitudes pour nous permettre de nous élever et de nous introduire à l’entrée du mystère de Dieu.

 

Joyeuses Pâques à tous, dans le bonheur auquel nous ouvre la résurrection de Jésus.

Le « OUI » de JOSEPH

Réflexions de Philippe de La Mettrie
Président de «  Priants des campagnes »

 

(Évangile selon St Matthieu , 1 ; 18-25)

L’homme que je suis cherche plus volontiers dans les évangiles l’exemple des hommes qui ont dit « oui » au Christ, sans pour autant négliger la foi extraordinaire des saintes femmes qui ont suivi Jésus. 

C’est pourquoi cet évangile sur Saint Joseph résonne en moi. Il m’inspire des réflexions propres non seulement à faire grandir en moi la dévotion envers saint Joseph, mais aussi, et plus intimement, à m’interroger moi-même, sur le « oui » que je dis, ou que je ne dis pas, à Dieu chaque jour de ma vie.  Car, c’est à chaque instant, chaque jour, que Dieu m’appelle et attend mon « oui ».

Joseph nous offre, dans ce seul récit, un merveilleux témoignage de foi,  Il n’est que justice d’exalter cette adhésion totale à la volonté de Dieu et de lui rendre hommage, lui l’oublié, le délaissé du nouveau testament.

L’évangéliste n’évoque pas le sentiment éprouvé par Joseph quand il eut connaissance de l’état de Marie : est-ce une confiance absolue en elle ? ou une grande déception ? sinon un doute douloureux, blessé par ce qu’il apprend de la conduite, supposée, de celle qu’il épouse ?

Alors qu’il eût pu le faire dans le contexte de la société juive de l’époque, « Joseph, son mari, qui était un homme juste … ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit» (1)

Evitant ainsi de livrer la réputation de Marie au jugement de la réprobation publique, il choisit de ne pas la répudier en public, ce qui est déjà un acte de charité.  C’est-à-dire qu’il renonce à juger, à la condamner, et à la faire condamner par la société de son temps.  Il manifeste ainsi le respect dû à la personne de Marie.  En même temps, il refuse l’application littérale et systématique de la loi juive à cette époque, la loi de l’ancienne alliance, celle de Moïse – décrite dans le Deutéronome.  Il me semble que Joseph a déjà dit OUI à la nouvelle alliance du Christ, non encore annoncée.

Mais Dieu lui demande plus. Dieu va lui demander plus qu’un acte de charité. II lui demande par l’intermédiaire de l’ange qui lui apparait en songe un engagement plus radical, celui dans lequel la foi et l’obéissance sont indissociables.

Notons qu’il n’est pas relaté un dialogue entre l’ange et Joseph, comme nous le voyons dans l’annonciation à Marie. Joseph est, en quelque sorte, privé de droit de réponse. La grandeur de sa réponse à Dieu n’en est que plus éloquente.

« Une fois réveillé, Joseph fit comme l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui sa femme ». Cette phrase lapidaire de l’évangéliste donne  une force particulière à la décision de Joseph: Ici, point d’hésitation, c’est le OUI total. Pas de « OUI mais », pas de « OUI peut-être », pas de « OUI demain » ; pas de : « je vais réfléchir ».

Ce OUI, donné chaque jour, est sans doute le premier pas à franchir pour quiconque veut avancer sur le chemin étroit de la sainteté.

Dieu a voulu associer Joseph à ce mystère de l’incarnation de son Fils en lui confiant cette charge de père nourricier. Certes, il fallait à Jésus une famille, un père et une mère, une « sainte famille ». Mais après le OUI de Marie, il fallait non seulement un « père » mais aussi et surtout un homme qui adhère au dessein de Dieu en prononçant, lui aussi, un OUI radical. Pour qu’advienne son règne, Dieu ne peut se passer de la coopération de l’homme et de la femme. Or, qui d’autre que le couple formé par l’union d’un homme et d’une femme, indissociables dans la création (« Homme et Femme, Il les créa ») symbolise le mieux                             l’Humanité ? En la personne de Marie et de Joseph, même s’ils sont choisis au sein du « Peuple élu », c’est à chacun de nous mais aussi à l’Humanité entière que Dieu lance son appel à le suivre.                                    Jésus, dans son enseignement, élargira à « toutes les nations », donc à l’humanité entière, cet appel à écouter sa parole et à la mettre en pratique.

Proposant ces réflexions à un prêtre ami, à la retraite, celui-ci me fit la remarque suivante : « Vous oubliez, dans votre commentaire, la liberté que Dieu laisse aux hommes et aux femmes de le suivre ou de ne pas le suivre, et il a laissé Joseph libre de son choix. »

Je me penchai alors à nouveau sur cet évangile de Saint Matthieu pour y déceler cette liberté laissée à Joseph, qui m’avait sans doute échappée. Je lus alors plus attentivement les mots prononcés par l’ange :   « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme ; car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint …….. »

En effet, Dieu, qui parle à travers l’ange, ne donne pas un ordre impératif à Joseph. C’est plutôt une invitation, une exhortation à ne pas craindre, et Il lui en donne aussi les raisons : «  ….car ce qui a été engendré en elle vient de l’Esprit Saint …. »  Dieu connait les pensées de Joseph, son trouble, son doute, mais aussi sa connaissance de la prescription souvent reprise dans le Deutéronome : «Tu feras disparaître le mal du milieu de toi ».  Dieu ne lui impose pas un choix ; Il lui accorde pleine liberté de croire ou de ne pas croire en les paroles de l’ ange, donc de poser ou de ne pas poser un acte de foi.

Cette formulation de l’ange nous éclaire d’ailleurs sur la motivation première de Joseph de répudier Marie,  certes en secret, mais de la répudier quand même: la peur, la peur de prendre en conscience une décision à contre -courant  des convictions bibliques de son peuple, sans doute préférant se conformer à la loi juive en vigueur, même atténuée par la confidentialité du renvoi qu’il avait envisagé.

Mais tout change après le songe : Sa foi lui donne la force d’agir en vérité, à contre-courant des codes formels et rigides de l’ancienne alliance, où la lettre prend le pas sur l’esprit.

Ne suis-je pas moi- même, ne sommes-nous pas timides, voire timorés ou lâches, pour ne pas oser penser, parler, et agir, 2000 ans après Joseph, à contre-courant des idéologies déicides de notre société, dans nos choix de vie pour suivre le Christ ?

 

Philippe de La Mettrie,

.
.

 

KTO UN CŒUR QUI ÉCOUTE, vendredi 22h10

 

Vous n’avez rien à faire vendredi soir 15 décembre à 22h10 ?

Alors venez sur KTO et rencontrons-nous dans le cadre de l’émission

UN COEUR QUI ECOUTE

dans laquelle m’a invité Cyril Lepeigneux.

 

LE TABLEAU RETOURNÉ (5)

Liens pour retrouver les épisodes précédents :

Episode 1 :  LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Episode 2 : UMBERTO

Episode 3 : LE TABLEAU CHEZ GABRIEL

Episode 4 : VOYAGE D’UMBERTO DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS

 

 

V

VOYAGE AU TEMPS DU SATELLITE ESPOIR

.

Le soleil brillait au zénith quand la tribu s’ébranla. Thétis Kahn, qui savait tout depuis longtemps, s’efforçait de la conduire au rythme des plus lents pour la mener de l’autre côté des montagnes, là-bas, très loin, où elle découvrirait son humanité. H’umban avait deviné le sens de cet appel. Regardant les hommes et les femmes de sa tribu, il vit combien il était différent d’eux, et il comprit qu’en dépit de cela il les aimait.

                        ° ° °

Le vaisseau achevait les manœuvres d’accostage rendues délicates par le balancement rapide du sas dans lequel il devait se placer.

De loin l’équipage avait pu voir “Espoir”, un anneau monumental éclairé par le soleil, qui tournait sur lui-même dans sa course folle à travers l’espace. Le plus beau satellite jamais conçu par l’homme prenait tour à tour une couleur orangée, puis ocre, puis brune, pour virer insensiblement au bleu turquoise, au vert émeraude, enfin au jaune safran, selon le rythme des spirales que dessinait sa trajectoire incertaine.

Le commandant avait annoncé sur le panneau de contrôle que l’approche risquait d’être brutale, et rappelé les consignes de sécurité. Tirés de leur torpeur, les passagers, tous volontaires, avaient refermé sur eux leur combinaison de survie – mais quelle survie peut-on espérer en cas de collision et de projection dans l’espace et le temps ? – et avaient regardé le spectacle qui s’offrait à eux.

Après que le vaisseau eût lentement contourné “Espoir”, l’équipage et les passagers s’étaient extasiés devant la beauté des jeux de la lumière et de la nuit. Sur un fond largement tapissé d’étoiles, ils avaient vu l’anneau d’ “Espoir” se détacher en noir, à contre jour du soleil. Puis, au fur et à mesure de leur approche, le satellite avait pris des dimensions de plus en plus vastes, jusqu’au moment où les rayons du soleil en avaient caressé le cercle intérieur.

Abban, comme les autres, restait à présent silencieux, le cœur agité par un mélange d’angoisse et d’excitation. Lorsqu’il s’était porté volontaire pour l’expédition, on l’avait mis en garde contre tous les dangers de la mission, risques pour lui-même, risques pour les habitants d’Espoir s’il y en restait quelques uns, risques peut-être aussi pour les habitants de la terre, on ne savait pas trop. Mais il y avait au fond de lui une voix qui appelait, une voix qu’il entendait de plus en plus fréquemment. Lorsqu’il en avait fait mention devant la commission médicale chargée de trier les volontaires, le médecin chef s’était borné à sourire. “L’appel de l’espace, avait-il dit, vous savez…” sans achever sa phrase.

Oui, une voix d’enfant, lancinante, chavirante, qui appelait Abban par son nom

A cette même époque un étrange oiseau s’était introduit au plus secret de ses rêves. Ses plumes réfléchissaient la lumière en myriades d’étincelles qui se réunissaient pour former un cercle lumineux très semblable au satellite dans lequel le jeune homme allait à présent s’introduire.  L’oiseau revenait chaque nuit et recommençait son mystérieux ballet. Abban éprouvait alors une curieuse sensation de déjà vu, déjà vécu, quelque chose de furtif, d’insaisissable.

° ° °

Abban faisait partie du petit nombre auquel “Espoir” s’était adressé. Il lui avait été donné de connaître l’incroyable histoire de cette création virtuelle qui avait échappé à ses créateurs, les emmenant à la frontière de l’univers, aux confins de ces zones où la lumière n’avait plus accès.

“Espoir” le mal nommé s‘évadait au gré des fluides de l’infini, du temps et de l’espace. Il se perdait dans l’imaginaire, prenait ses racines dans le futur et se déplaçait en amont puis en aval du temps.

En amont et en aval du temps… C’est ainsi que s’exprimaient les hommes de science qui n’avait pas trouvé mieux pour parler de ce phénomène.

Car, voyez-vous, “Espoir” n’existait pas. Enfin… pas dans le sens que l’on entend habituellement quand on parle d’existence. Aucun livre, aucune base de données, aucune réserve d’archives magnétiques, aucune bibliothèque concrète ou virtuelle, ne possédait le moindre renseignement sur lui. On ne le connaissait pas, tout simplement.

Mais Dieu, prenant pitié du mal qui rongeait “Espoir”, avait frappé au coeur des plus fous comme des plus sensibles pour les alerter sur le drame qui se jouait – tout en les laissant libres d’intervenir ou non, comme à son habitude : attirer l’attention mais laisser libre.

 

Dans une période troublée du grand futur, un futur incroyablement éloigné des jours que nous vivons, des hommes et des femmes avaient décidé de créer un espace virtuel. Tout ce que la terre connaissait – il faudrait peut-être dire “connaîtra” –  d’intelligences hors du commun s’était lié dans cette aventure peu banale. Philosophes, hommes et femmes de science, penseurs de tous bords, ils s’étaient retrouvés pour former la plus prodigieuse concentration d’esprits jamais réalisée.

Ce qu’ils firent, ou plutôt ce qu’ils feront et comment ils s’y prendront, nul ne saurait encore l’expliquer dans l’état actuel de nos connaissances.

Toujours est-il qu’ils mirent au monde (comment le dire autrement ?) une “chose” d’une extrême beauté et d’un niveau technologique largement en avance sur leur propre époque. Pourtant “Espoir”, puisqu’ils l’avaient ainsi baptisé, “Espoir” n’existait pas. Il appartenait au monde virtuel.

Enivrés par leur création, atteints d’un narcissisme exubérant, les grands esprits décidèrent de se fondre au sein d’ “Espoir”… et de quitter la terre.

Rien de moins.

° ° °

L’anneau de lumière se désagrégea un soir d’automne, au moment où le soleil quittait l’horizon, emportant dans un flux irréel les grands esprits de son temps. Sans déclaration préalable, sans témoin. Les quelques familles qui habitaient la contrée isolée où les grands esprits avaient fait prendre corps à leur projet, s’étaient bien sûr étonnées de ne plus voir l’immense cercle de lumière, sur la montagne, en face de leur domaine. Sans trop chercher  à en savoir davantage.

“Espoir” s’était donc lancé dans une incroyable odyssée durant laquelle un fol orgueil s’empara de ses créateurs, jusqu’à les faire s’imaginer qu’ils étaient Dieu.

C’est à l’époque où, dans sa course incohérente, sorti du sens dans lequel s’écoule normalement la vie, “Espoir” allait revenir vers le soleil, que Thétis Khan vint troubler les nuits d’Abban. Rejoignons celui-ci au moment où il va quitter le vaisseau pour s’introduire dans le satellite.

 

L’équipage, invisible depuis le départ de la terre, avait manifesté son amitié aux volontaires en écrivant sur l’écran géant un énorme “Bonne chance”. La porte du vaisseau s’était ouverte sur l’ordre du commandant et les volontaires étaient sortis. Très rapidement le sas s’était refermé derrière eux puis le vaisseau avait commencé les manœuvres de départ.

Le responsable de la mission avait tout expliqué à l’avance. Chacun savait qu’il ne fallait pas s’éterniser dans le sas qui pouvait se rompre à tout instant. Ils ignoraient tout de ce qu’ils allaient découvrir et, comme avait dit le responsable, ç’allait être chacun pour soi et Dieu pour tous. A la manière de l’équipage du vaisseau, il souhaita bonne chance aux membres de la mission et déchira la protection du sas. L’aventure commençait.

 

Abban pénétra le dernier dans le satellite. Une curieuse impression s’empara de lui. Comme s’il connaissait déjà l’univers qu’il allait explorer. Il y avait… comment dire ? Il y avait à la fois tout et rien. Un paysage impressionnant, fait d’éclats de lumière et de sons cristallins, s’étendait d’un bout à l’autre de l’horizon. L’on apercevait la terre, entourée de son halo bleu célèbre dans toute la galaxie, mais comme réfractée par les angles d’un prisme, présentée en tranches successives. Abban ferma les yeux. A sa droite un membre de l’équipe, une femme, s’écria “Dieu que c’est beau”. Et elle disparut, comme engloutie par les éclats de lumière. Une cloche sonna. C’était étrange, cela ressemblait au glas qui résonne encore dans les campagnes lorsqu’on enterre un mort. Abban frissonna. Il chercha la femme et ne rencontra rien. Elle avait totalement disparu. Il pensa que c’était dommage car il l’avait trouvée sympathique durant la traversée de l’espace.

On l’avait pourtant prévenu lors de la mise en condition pour la mission : “Dites-vous que tout peut arriver, que nous ignorons tout de ce satellite. Nous ne savons même pas s’il existe vraiment. Nous ne décelons aucune trace de matière, qu’elle soit vivante ou inerte.”

“Ne vous attachez surtout pas à vos compagnons de mission. Ils pourraient se perdre et vous perdre avec eux.”

° ° °

Abban de nouveau ferma les yeux. Il les rouvrit, étonné, pour les fermer à nouveau. Surpris, il constata que le paysage qu’il découvrait lorsqu’il rouvrait les yeux était plus précis, plus complet que quelques minutes auparavant. Et qu’il ressemblait à ce qu’il venait d’imaginer. Il s’essaya plusieurs fois à cet exercice. Oui, c’était bien ça, les détails du paysage se dessinaient au fur et à mesure qu’il les rêvait. C’était comme si une énergie latente s’appuyait sur ce qu’il imaginait et concrétisait le tout dans les  moindres détails.

Abban se souvint de la maison de sa jeunesse. Elle prit forme aussitôt devant lui, aussi mal entretenue que par le passé. Il se dit qu’elle eût été plus belle avec un perron devant l’entrée principale. Immédiatement un perron se dessina. Et quand il voulut la revoir telle qu’elle était réellement, il n’y parvint pas. Il renouvela l’expérience à plusieurs reprises et constata qu’il ne pouvait jamais revenir en arrière : il pouvait créer, il ne pouvait pas supprimer. Et plus il pensait, plus le monde prenait forme sous ses yeux, les bâtiments se pressant les uns contre les autres.

Il s’efforça de ne penser à rien, mais plus il faisait d’efforts dans ce sens et plus les souvenirs remontaient de sa mémoire. Il n’osa bientôt plus regarder devant lui. Quand enfin il ouvrit les yeux, Abban se trouvait au centre d’une ville dont il connaissait tous les éléments puisqu’ils provenaient de sa mémoire. Mais avec le même degré de flou que lorsque l’on pense revoir dans sa tête quelque chose que l’on connaît bien. On l’appelle, on l’assemble, mais on ne voit pas sa réalité matérielle.

Abban cria. Le son de sa voix lui revint, rebondissant sur des millions, des milliards de cristaux lumineux. Au-dessus de lui, dans un ciel d’encre, il vit la terre. Cette fois elle apparaissait dans son entier, énorme boule sur laquelle se dessinait l’Amérique avec à droite une partie de l’Europe et de l’Afrique.

“Mon Dieu, pensa-t-il, Nous fonçons droit dessus.”

Un froissement d’ailes attira son attention. Il chercha d’où cela provenait et reconnut Thétis Khan, l’oiseau qui avait hanté ses nuits. Il était à présent mille fois plus beau que dans les songes.

Thétis Khan dessina des arabesques puis entreprit de partir sur la gauche. Il revint près d’Abban, fila de nouveau sur la gauche, et recommença plusieurs fois son manège, jusqu’au moment où Abban se décida à le suivre.

Une longue errance à travers l’irréel devait commencer. L’oiseau quitta la ville élaborée par Abban et vola longtemps, tout droit, au milieu d’éclats de lumière qui formaient des courants, des rivières de bleu, d’ocre, de vert. Lorsqu’ils se croisaient, formant des tourbillons, des pétales lumineux se mêlaient les uns les autres. Ainsi unis l’on eût dit qu’ils constituaient des grains de matière. Ils prenaient alors des formes diverses, bras qui se tordaient, se dressaient vers le ciel, océans dont la houle se mettait à murmurer  le chant du vent sur des vagues de plus en plus énormes. Ou bien cela semblait prendre vie, à la façon d’animaux étranges, terrifiants ou doux comme des biches.

Et puis tout se désagrégeait. Les éclats de lumière regagnaient le lit de leur torrent, une musique irréelle se mettait à danser autour d’Abban, comme si la vie succédait sous cette forme aux mouvements désordonnés de la lumière.

“Où suis-je ?” demanda Abban.

– Tu es dans la pensée des hommes,” répondit une voix, “et tu accomplis ton voyage dans l’espace et le temps. Souviens-toi, je t’ai naguère annoncé un long périple qui t’amènerait à découvrir le vrai sens de la vie. Aujourd’hui tu viens de pénétrer dans l’absolu de l’esprit. “Espoir” est encore incréé mais la lumière au sein de laquelle tu te déplaces est l’embryon de la pensée des hommes qui, un jour, dans très longtemps, créeront cet univers irréel. Leur pensée est déjà présente, ici, à l’état de promesse.”

– Mais que suis-je venu y faire ?

–  Y découvrir un germe d’espoir.

Abban, étonné, voulut prolonger la conversation, mais la voix ne lui répondit plus.

Ayant perdu tous ses repères, il ne savait plus depuis combien de temps il se trouvait dans le satellite. Bien qu’il eût à plusieurs reprises tenté de retrouver les autres membres de la mission, Abban restait seul avec ses pensées. Depuis sa conversation avec la voix, il tentait de les maîtriser pour s’efforcer d’imaginer ce que pouvait être ce fameux germe d’espoir dont lui avait parlé la voix.

 

– Viens.

Abban leva la tête. Thétis Khan dansait dans les airs comme il savait si bien le faire quand il voulait attirer l’attention de quelqu’un.

Rien ne pouvant plus maintenant le surprendre, Abban se redressa et le suivit. Sa marche ne ressemblait pas à celle qu’il avait faite auparavant. Il voyait maintenant le dessin d’une côte, le mouvement de la mer et le vol de ce qui ressemblait à des oiseaux migrateurs, un saule pleureur dont les branches retombaient sur une prairie parsemée de pâquerettes, des bouquets de fleurs dont le parfum sauvage parvenait jusqu’à lui.

Thétis Khan se mit à danser un véritable ballet, montant, descendant, s’approchant d’Abban autour duquel il tournait, puis repartant toujours vers le même endroit.

Arrivé à proximité de la côte, Abban vit au milieu des herbes folles que semblait caresser le vent, posé à même le sol, nu et criant, un petit d’homme qui gesticulait en mouvements désordonnés des jambes et des bras.

Interdit, il se baissa et prit l’enfant dans ses bras. C’était un tout petit enfant, un nouveau né, qui écarta les paupières comme pour regarder le visage d’Abban. Puis, laissant sa tête tomber sur l’épaule du jeune homme, ce magnifique germe d’espoir s’endormit doucement.

 

La suite dans quelques jours.

© Jean-Michel Touche

 

Liens pour retrouver les épisodes précédents :

Episode 1 :  LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Episode 2 : UMBERTO

Episode 3 : LE TABLEAU CHEZ GABRIEL

Episode 4 : VOYAGE D’UMBERTO DANS L’ESPACE ET DANS LE TEMPS

 

 

DANS L’ATTENTE DE NOËL !

Chaque jour, sur cette page et sur Facebook, une ou plusieurs photo(s) de Noël

Si vous aimez, n’hésitez pas à partager ces photos avec vos amis.
Plus nous serons nombreux à les regarder, plus nous serons nombreux à fêter dans la joie la NAISSANCE DE JÉSUS !
Que nous nous connaissions ou pas, IL  est venu pour nous tous.

Photo du 5 décembre

La dame depuis sa fenêtre : « Il paraît qu’on attend un nouveau-né ?
C’est pour bientôt ? »

..

.Photo du 6 décembre

La foule, très excitée :

« Oui, il paraît qu’il va y avoir une naissance, mais on ne sait pas où ni dans quelle famille. Peut-être des nomades ? C’est ennuyeux pour eux, tous les hôtels sont pleins !
Si le petit naît dans la rue, ça ne sera pas marrant pour les parents. Pour lui non plus, d’ailleurs. »

 

Photos du 7 décembre
La foule (suite) : « C’est vrai, chaque année on nous l’annonce. Mais pas pour aujourd’hui. Ça serait plutôt vers la fin du mois. »

Photo du 8 décembre

L’annonce de cette naissance à venir est une joie pour tous. Certains la chantent.

Photo du 10 décembre

Tiens, vous entendez ? On dirait qu’une musique vient du ciel ! C’est surprenant, vous ne trouvez pas ?

Photos du 13 décembre

Un peu partout, l’excitation commence à frétiller. Que va-t-il donc se passer ? On dirait qu’une musique vient du ciel, c’est entendu, mais pourtant certains affirment que l’amour ne vient pas du ciel. Alors il faudrait sortir ?

Photos du 16 décembre

A droite et à gauche – non, ce n’est pas politique – on sent bien que ça s’agite.

Photos du 18 décembre

Un peu partout, on bouge. C’est bientôt Noël, tout de même. Pas n’importe quoi.
– Peut-être, disent certains, mais c’est quoi exactement, Noël ?
Et ils cherchent, d’un côté puis d’un autre, des éléments susceptibles d’apporter réponse à leur question.

Non, la réponse ne se trouve pas là.

Là non plus !

Alors, où est-elle ?

Photos du 18 décembre

Un peu partout, des femmes et des hommes cherchent, attendent, se préparent !
Regardez.

Et même…

Alors, à suivre ?

Photos du 23 décembre

Indiscutablement, on s’agite partout !
Cette naissance, ce doit vraiment être quelque-chose pour remuer tant de monde !

Même les bêtes s’interrogent.
C’est vous dire ! ! !

Quant aux futurs parents, il suffit de les regarder pour deviner qu’il va se passer quelque chose d’extraordinaire.

A suivre, mais très vite !

24 décembre

NOËL

Tu es enfin là, Divin Enfant !

Femmes et hommes de tous âges, depuis les plus jeunes enfants jusqu’aux ceux dont les années s’accumulent, vivez un moment de Joie. Pas uniquement grâce à des invasions de cadeaux, de champagne ou de foie-gras, mais avec au moins un petit temps de réflexion.
Sur Dieu pour les croyants. Pour ceux qui ne le sont pas, sur l’existence qui reste mystérieuse même si la science nous ouvre de plus en plus de nouvelles portes par les nouvelles découvertes.

Aujourd’hui, « un enfant nous est né, un fils nous est donné ».

Qu’à tous il donne espérance, amour et profonde joie intérieure.

La crèche que vous pouvez voir ici vous propose de fermer les yeux quelques minutes après l’avoir regardée, juste pour laisser s’épanouir cette espérance, cet amour et cette joie intérieure.

JOYEUX NOËL POUR TOUS.

 

 

 

 

Photos © Jean-Michel Touche

 

 

 

 

%d blogueurs aiment cette page :