APPEL AU SECOURS HEBERGEMENT

Au cours de l’année dernière, le groupe de maraudeurs de Notre-Dame de Grâce de Passy (Paris 16ème) a rencontré, soutenu, aidé une jeune femme roumaine et ses quatre filles (Anna-Maria, 5 ans, Elisa, 7 ans, Lévrétana, 12 ans, et Pétroutsa ,13 ans).

Impossible de rester indifférent devant Yourdana et ses enfants qui, la nuit, dormaient sur le trottoir d’une avenue de Paris, très proprement installées sous une grande couverture. Nous les avons accompagnées dans le peu que nous connaissions de leur vie, et une affection réciproque s’est créée entre nous.

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En septembre, coup de théâtre : Yourdana, que nous rencontrons au cours d’une maraude, nous annonce dans un français très incertain (hélas nous ne parlons pas roumain) qu’elle travaille, son mari également, que la famille est logée et que ses deux plus jeunes filles, qui à présent parlent très bien le français, sont scolarisées dans une école parisienne.

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MAIS ! . . deuxième coup de théâtre

Aujourd’hui nous apprenons que son mari ne travaille pas encore mais qu’il a pour l’instant une simple promesse d’embauche, et qu’ils ont dû quitter l’hébergement qui leur avait été octroyé.

Aussi l’équipe de maraudes à laquelle j’appartiens cherche une solution d’urgence pour abriter cette famille (2 adultes et 2 enfants) qui peut mettre 100 euros par mois pour se loger dans Paris, de préférence près du 16ème arrondissement.

Je suis conscient que 100 euros ou rien, c’est pareil. Mais que faire quand tout se démolit autour de vous ? Des associations pourront certainement apporter une aide financière. Pour l’instant, l’urgence est de trouver un toit pour Yourdana, son mari, Anna-Maria, Elisa, Lévrétana et Pétroutsa.

Des contacts ont été pris avec le Samu social et l’association Sainte-Geneviève de Paris, ainsi que les acteurs de la Précarité que nous connaissons (mairie du 16ème, Aurore, Aux Captifs la libération, la Croix Rouge, la Conférence Saint-Vincent de Paul etc.)

Si vous avez des idées susceptibles de venir en aide à cette famille que nous assistons autant que nous pouvons, soyez infiniment remerciés !

Jean-Michel

 

 

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JEUDI, DAVID S’EN EST ALLÉ . . .

 

david-4En apparence, ce n’était pas un homme comme un autre. Un peu comme s’il avait oublié qu’il était un être humain.

Le froid, la chaleur, le vent, la pluie, la solitude aussi, avaient avec le temps repeint son visage en meurtrissant ses traits.

Oublié de la vie, exclu des hommes ordinaires, perdu dans un univers qui n’était plus le sien, locataire en plein air, à qui David pouvait-il bien ressembler ?

Son monde à lui était en quelque sorte inabordable. Que pensait-il ? A quoi rêvait-il ? Que désirait-il ? Allez savoir.

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Et pourtant !..

Et pourtant quand nous nous approchions de lui, un simple « Bonsoir David » prononcé à voix très basse suffisait pour qu’il se retourne, émerge du monde dans lequel il avait plongé et ouvre les yeux.

-Ah, disait-il pendant qu’un sourire se dessinait sur ses lèvres et dans ses yeux, c’est vous !

Alors il prenait vie. Sous les étranges vêtements dans lesquels il se serrait l’hiver ou transpirait l’été, il nous regardait chacun son tour et donnait l’impression de renaître. Nous aussi, nous partagions cette impression. C’est le miracle de ces rencontres entre êtres humains, quand on oublie notre environnement personnel et que nous ne sommes plus que des hommes ou des femmes en train de s’estimer mutuellement.

Sur ce plan, David était un exemple.

Oui, il buvait. Il buvait beaucoup, énormément. Il y avait toujours une bouteille de vin ou des canettes de bière à côté de ses jambes ou de ses bras. Mais que reste-t-il à faire quand toutes les blessures de la vie marquent votre corps, quand vous avez perdu tout fil avec la société pour des motifs que nous ne connaissons pas, quand le seul contact qui vous reste est celui du trottoir sur lequel vous dormez ?

Et voilà qu’avec son visage presque caricaturé, David était devenu un être attachant. Nous l’aimions comme un jeune frère qui n’aurait pas eu de chance. Lui aussi nous aimait. Quand nous partions après avoir passé un moment en sa compagnie, il disait : « Déjà ?.. »

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Cette fois, c’est lui qui est parti. Un arrêt cardiaque. Tous ceux qui l’ont connu et aimé en éprouvent un mélange de tristesse et de confiance dans cette vie nouvelle qu’il a rejointe auprès de notre Père à tous, cette vie depuis laquelle, à présent, il peut veiller sur nous.

A Dieu, David.

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Texte et photos © Jean-Michel Touche

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DIABOLIQUE (ou la manipulation mentale)

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Faire un film « de fiction » à partir d’éléments réels permet d’adapter beaucoup de choses et de dire ce que l’on veut, comme on le veut. Illustrer ensuite un débat sur la manipulation mentale avec des extraits de ce qui est désigné comme « fiction » conduit alors à se demander où se trouve la réalité.
(cf  HUFFINGTON POST 11 avril 2016)

Le film « DIABOLIQUE », présenté sur France 3 mardi 5 avril, est-il un bon avertissement pour ceux qui pourraient, à leur tour, se laisser piéger par un « James Bond d’opérette », comme le dit Télérama ? A chacun de juger.

Deux remarques cependant :

Certains, dans cette malheureuse histoire, ont perdu beaucoup plus que d’autres. Seule une famille s’est fait dépouiller sur la totalité de ses biens.

Contrairement à ce qui a été dit ensuite lors du débat, ce n’est pas une « famille professionnelle » (c’est-à-dire « les médias », malgré l’hommage appuyé qui leur est rendu) qui a débloqué la situation, c’est le courage de Christine de Védrines  qui a réussi à s’échapper de l’emprise du prédateur malgré les risques qu’elle courait, est rentrée en Livre ChristineFrance et a porté plainte auprès de la Justice avec l’appui de plusieurs amis et de sa famille proche.

« NOUS N’ÉTIONS PAS ARMÉS », le livre publié chez Plon en 2013 par Christine de Védrines avec son mari et ses enfants, donne une approche saisissante et bien plus crédible et profonde de la manière  dont on peut se laisser prendre par des propos qui suintent l’excessif tout en conservant une part de crédibilité. Comme si un mal inconnu rongeait peu à peu votre liberté de pensée.

La même peine n’a pas été vécue de la même manière par tous. Il convient de le dire.

QUAND LES REMUNERATIONS DEVIENNENT FOLLES

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     Diriger une entreprise requiert des qualités que tout le monde ne possède pas. Piloter à travers les secousses de l’économie un gros bateau porté par des centaines ou des milliers de salariés n’est pas un talent donné à tout le monde. Il est donc important de rechercher des acteurs possédant les compétences nécessaires.

On comprend que ces talents particuliers soient généreusement rémunérés. Mais jusqu’où ?

Comment expliquer des niveaux sidérants comme ceux atteints notamment dans le monde de l’automobile ? Le quasi doublement de la rémunération de Carlos Tavares, président du Directoire de Peugeot Citroën, fait beaucoup parler, et cela se comprend : 5,2 millions d’euros en 2015 contre 2,7 millions en 2014 ! Après tout, pourquoi pas, s’il s’agit de rémunérer le redressement de l’entreprise. D’autant qu’une prime de 2.000 euros en moyenne a été versée à chaque salarié.

Pourtant on est en droit de se demander où se trouve la justification d’un tel écart. La compétence du dirigeant ne fait pas de doute, mais 8.000 suppressions de postes tout de même chez PSA !

Il est vrai que du côté de Renault-Nissan, la même question se pose avec un salaire de dirigeant qui, lui, atteint les 15 millions ! (Voir Libération du 24 mars 2016)

On comprend aisément la réflexion de Fabienne Gâche, déléguée CGT chez Renault : « Ceux qui expliquent aux autres qu’il faut qu’ils se serrent la ceinture ne manquent pas de s’attribuer des salaires extravagants et qui coûtent de plus en plus cher à l’entreprise.»

Car le résultat d’une entreprise ne dépend pas uniquement de l’excellence de sa gestion mais aussi de la qualité du travail de ses salariés. A quoi serviraient les idées et les choix d’un chef d’entreprise si le travail de ses salariés était de mauvaise qualité ? Chacun doit apporter la meilleure contribution possible. C’est à ce moment qu’on se pose la question des écarts de rémunération.

Des lecteurs penseront que l’auteur de cet article est un homme de gauche. Pas du tout. Mes idées sont plutôt de droite (encore que la division entre la gauche et la droite paraisse de plus en plus artificielle,  la vérité n’étant pas le propre de l’une et l’erreur le propre de l’autre.) Il s’agit simplement de bon sens. Ces rémunérations extrêmes dans un pays qui compte un si grand nombre de chômeurs sont mal venues et choquantes. Comme choquantes sont les folles rémunérations de certains footballeurs.

Elles conduisent à se poser une autre question : que fait-on avec une rémunération d’un tel niveau ? Où va l’argent ? Une partie en impôts, d’accord. Mais le reste ? Finance-t-on des fondations, comme le font certains des plus riches aux Etats-Unis ? Fait-on des dons importants à des organisations qui agissent en faveur des plus pauvres ? Peut-être. Et pour le reste ? Si l’on possède trois voitures, on ne va pas s’en acheter une quatrième puis une cinquième. Des montres de luxe, on n’en remplit pas ses tiroirs. Alors, à quoi cela sert-il ?

Il est vrai que l’être humain a trois besoins : être, avoir et paraître.

Nous avons besoin de disposer (avoir) de ce qui est nécessaire pour exister (être). C’est avec le troisième besoin (paraître) que  commencent les excès. Sommes-nous plus heureux parce que nous paraissons extrêmement riches tandis que tant de femmes et d’hommes sur terre  mènent une vie de galère ?

A chacun sa réponse.

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HEBERGEMENT DE SDF DANS LE 16ème

Triste manifestation du 14 mars !

p-La Croix

Les injures ne volaient pas bien haut, le 14 mars, dans l’amphithéâtre de l’Université Paris-Dauphine, lors de la présentation du futur hébergement pour SDF à la lisière du Bois de Boulogne.

Inutile de reprendre la scène, tout le monde l’a lue, entendue ou vue sur les écrans des télévisions, des ordinateurs, Ipad et autres smartphones. On peut comprendre que ce projet ne réjouisse pas les voisins les plus proches, mais comment peut-on se conduire de la sorte ? En  tant qu’habitant du 16ème, je ne suis vraiment pas fier de ces opposants. Leur attitude n’est même pas digne d’une cour de récré de primaire.

Un adversaire ne s’insulte pas mais se respecte. Dans tous les sens.

Oui, dans tous les sens.  C’est pour cela que j’ai trouvé tout aussi insupportable la critique de Bruno Frappat dans La Croix des 19/20 mars, pour qui, semble-t-il, tous les habitant du 16ème sont des nantis égoïstes, des riches intolérants, des « m’as-tu-vu qui garent leurs 4×4 sur les trottoirs près des crottes de leurs chiens. »

Déclarer que « l’homme est ainsi fait que, même dans le 16ème arrondissement, dès que quelqu’un prétend venir sur son herbe, l’occupant se conduit comme un chien de garde, et montre les crocs : Ôte-toi de mon herbe ! » est insultant et ne relève pas hélas d’un niveau plus élevé que celui des opposants évoqué ci-dessus !

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Je ne possède ni chien qui fait des crottes, ni 4×4. Comme la plupart des habitants du 16ème arrondissement, j’ai ressenti de la honte en découvrant ce qui s’est passé à Dauphine. Pas besoin cependant d’être sorti de l’X ou l’ENA pour comprendre que ces opposants ne représentent qu’eux, et rien d’autre.

J’invite Monsieur Frappat à faire la liste de tous les mouvements, associations, groupes indépendants, individus, croyants ou non, bénévoles ou professionnels, qui sont engagés pour venir en aide aux personnes les plus précaires dans cet arrondissement. Il constatera que cela fait beaucoup de monde, et que les réunions mensuelles organisées par la mairie du 16ème pour lutter contre la précarité sont une vraie recherche d’assistance et d’humanité. Car c’est vrai, l’humanité est la richesse des richesses.

Je l’invite également à venir faire une maraude avec nous, de nuit, dans le 16ème.

Jean-Michel Touche
Equipe de maraudes
Notre-Dame de Grâce de Passy

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MARAUDE DANS UN FRIGIDAIRE

Maraude du 17 février 2016

 

Rendez-vous place Possoz pour la maraude du soir, avec Etienne, Vivien et Hélène, jeune étudiante en 3ème année de formation d’assistante de service social.
(Les noms des maraudeurs ont été changés.)

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1er arrêt

Florine et Florina ont déjà refermé leur abri de cartons, de même que Daniel. Paulo, lui, est enfoui sous des couvertures, nous ne le verrons pas apparaître.

Il suffit de dire « Bonsoir Florine » pour qu’un grand carton à l’usage de toit se soulève et que le visage souriant de Florine apparaisse. Florina, qui dort, se redressera quelques minutes plus tard. Florine se moque toujours (aimablement, il faut le dire) des visiteurs que nous sommes et utilise le mot « Père Noël », suivi d’un immense éclat de rire. Nous sommes toujours surpris de la bonne humeur de cet homme, comme d’ailleurs de la plupart des Roumains que nous rencontrons. Sans doute parce qu’ils affrontent la rue et les intempéries en couple.

A deux, on est plus forts !

A notre demande, Florina sort la photo d’elle avec ses deux fils, prise dans leur école en Roumanie. Elle est fière de les montrer et cela se comprend. Quand on les voit en costume cravate, comment imaginerait-on que leurs parents vivent en France dans la rue ?

De son côté, Daniel n’est pas seul sous ses cartons. Il nous présente son épouse, Maria-Anna, venue le rejoindre. Nous ne la verrons pas beaucoup parce que le froid l’incite à rester au fond de leur abri. Soupe, œufs durs, café, chaussettes etc.

Dernière approche de Paulo, toujours caché sous ses couvertures. Nous le laissons dormir.

 

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2ème étape : non loin de la place du Trocadéro.

Nous y trouvons Alex (j’espère ne pas me tromper de prénom), qui a été signalé lundi par l’équipe Tournée Rue. Alex fait la manche à côté d’un magasin d’alimentation. Il a le visage triste et parle à voix très basse, pas facile à entendre. Il confirme avoir une femme et un petit enfant qui, eux, bénéficient d’un logement, et lui-même dormirait dans un foyer ? Nous restons un moment avec lui puis le quittons afin de poursuivre notre tournée.

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3ème étape : Palais de Tokyo

Personne, place d’Iéna. Nous allons immédiatement au Palais de Tokyo. Devant l’entrée du péristyle, un gros bloc noir projette des rayons de lumière blanche vers le ciel (intérêt extrêmement relatif !) et, surtout, inonde le voisinage de bruits qui ressortent davantage du rugissement de lion malade que d’une composition musicale. Horrible ! Mais évidemment, des goûts et des couleurs…

Emile et Adam, seuls occupants des lieux, ne donnent pas l’impression d’apprécier ces déflagrations aussi toniques qu’un cri de dinosaure ! Emile nous apprend que Polleck s’est installé pour la nuit en bas de l’avenue du Président Wilson, là où résidait Ali jusqu’en novembre.

Quant à Martin, ils ignorent où il a pu se rendre.

Après avoir discuté un moment avec eux, nous regagnons la voiture pour nous rendre auprès de Polleck qui dort, enfoui dans un sac de couchage au-dessus de la bouche de chaleur sur laquelle se réfugiait Ali. Il ne supporte pas le bruit du truc noir, devant le palais de Tokyo, et comme il ne pleut pas il a choisi pour ce soir la bouche de chaleur. En face de lui, un superbe fauteuil en simili cuir noir, presque un siège royal !

Moins en forme que d’habitude, il bougonne un peu. Je ne dirai pas que nous envions sa bouche de chaleur, mais le froid s’intensifie et nous avons encore du monde à voir. Aussi, après lui avoir rempli deux tasses de thé, remis divers ingrédients et proposé des chaussettes ainsi que des gants, nous lui souhaitons une bonne nuit et partons.

Dans la voiture, nous parlons tous beaucoup et c’est très sympathique.

 

 

Copyright  2012 JMT

4ème étape

LCL : surprise, la banque a installé des pots munis de branches stylisées, de couleur, sous les arcades, sans doute pour empêcher toute occupation nocturne des lieux. Adieu Florian, qui aimait y dormir, adieu Georges. Seul Frank a pu mettre son sac de couchage devant l’entrée, ainsi que sa grosse valise. D’après lui, Florian serait à Wagram. Pour Georges, il n’a aucune information.

Pietaterre : Maria nous accueille avec de grands sourires, de même que Sanders. Pas de Paul pour l’instant.

– Il va revenir, affirme Maria.

Avec l’accord de la CSVP, Sanders reçoit deux billets de 50 euros. Il avait manifesté quinze jours auparavant son intention de retourner en Roumanie, voyage pour lequel il avait besoin de 200 €, somme dont il ne disposait pas. Message : on t’aide pour la moitié de ton voyage aller et la moitié du voyage retour. Si on lui avait dit : « Voici 100 € pour ton voyage », il l’aurait sans doute interprété comme notre intention de le renvoyer en Roumanie pour qu’il n’en revienne pas !

Sanders paraît heureux, d’autant plus qu’il semble avoir des contacts qui lui permettraient peut-être de travailler un peu. A voir avec lui lors d’une prochaine maraude. Quant à Maria, elle précise être revenue avec Paul, son mari, depuis quatre jours, après un vivifiant séjour en Roumanie.

La sérénité des Roumains sans abri, encore une fois, est quelque chose qui étonne.

Paul arrive juste au moment où nous venions de quitter Maria et Sander. Serrements de mains et nous partons. La température ne monte pas !

 

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Traversant la chaussée, nous nous approchons de Philippe qui nous a repérés et nous attends sous l’entrée de Zara Home. Un Philippe apparemment en bonne santé, qui se lève à moitié dans son sac de couchage et fait à Hélène son galant baisemain spécial dames. Tout en prenant une partie de ce qui lui est proposé, il cherche à impressionner Hélène avec ses 23 ans de prison derrière lui et la cinquantaine d’années qui l’attend.

Alors que nous sommes en pleine conversation, un couple passe, s’arrête juste à côté de nous et regarde la scène. Un monsieur plus très jeune, une casquette sur la tête, et sa fille. Surpris, ils demandent si nous faisons partie d’une association. « Non, nous sommes simplement paroissiens de Notre-Dame de Grâce de Passy et nous faisons des maraudes le mercredi. »

– Ah bon ? de Notre-Dame de Grâce de…

– Oui.

– Mais, ici, c’est Saint-Honoré d’Eylau ?

– Oui, mais cela n’empêche pas que…

Le père et sa fille s’étonnent, alors pour les rassurer on leur dit que St-Honoré d’Eylau fait plein de choses pour les personnes en précarité, et notamment Hiver Solidaire.

– Ah ! Oui, ça, on le sait.

Après un court échange, le père et sa fille s’en vont en nous souhaitant une bonne soirée.

– Oh, dit le père en faisant deux pas en arrière, il y a quelqu’un, là-bas, il faudrait y aller. On vient de le voir.

Et il nous montre du doigt une forme allongée.

– Oui, c’est soit David, soit Moussa.

– Vous les connaissez tous ? Celui-ci, il a une chaise roulante.

– Alors pas de doute, il s’agit de Moussa.

Nous conversons quelques minutes de plus. Père et fille approuvent quand on leur dit qu’à force de rencontrer ces hommes et femmes qui vivent dans une telle précarité, on se prend d’amitié pour eux. Ils nous quittent avec de grands sourires sympathiques.

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Coup de froid. Un petit vent malicieux se met à souffler : une véritable ambiance de frigo, et même au-dessous.

Bye-bye Philippe, nous poursuivons la tournée.

 

L’entrée de Gérard Darel est vide. Pas de David. A-t-il bénéficié d’un hébergement pour ces nuits de froid ?

Un peu plus loin, Moussa dort sur une bouche de chaleur, son fauteuil roulant près de lui. Il dort mais se réveille. Il ne lève pas la tête mais prend tout ce qui lui est proposé. Quand on lui demande où est le pigeon qu’il gardait jalousement contre sa poitrine, quinze jour auparavant, il bredouille des mots que nous ne comprenons pas.

De plus en plus frigorifiés, nous décidons d’arrêter pour ce soir, d’autant que demain une journée chargée attend Etienne et Vivien.

 

Nous raccompagnons Hélène près d’une entrée du RER, place de l’Etoile, et regagnons nos quartiers après une maraude peut-être réfrigérante mais très sympathique (et comme presque toujours, des rires joyeux avec Philippe). Hélène demande à refaire des maraudes avec nous, elle sera la bienvenue.

Merci encore à tous les trois pour cette maraude où les sourires nous ont tenu le cœur au chaud !

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Texte et photos © Jean-Michel Touche
Les photos n’ont pas été prises au cours de cette maraude.

POUR UN MONDE MEILLEUR… A VOUS DE VOTER !

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Au printemps dernier, Clémence Coghlan quitte son job et crée avec deux amis une start-up sociale et solidaire, Y GENERATION EDUCATION .

Son but : développer un système de formation innovant pour les jeunes issus des milieux défavorisés, afin de faciliter leur insertion dans le monde de l’entreprise.

Ce système s’appuie sur une technologie d’intelligence artificielle qui a même été présentée à la Maison Blanche, il y a 2 mois… Et pour couronner le tout, leur Président d’Honneur n’est autre que le Professeur Yunus, Prix Nobel de la Paix !

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Y.

Y GENERATION EDUCATION fait partie des 10 start-up françaises encore en lice dans le cadre du Concours Google Impact Challenge France.

Les quatre finalistes recevront chacune de la part de Google une bourse de 500.000 euros.

C’est la somme dont a encore besoin Y GENERATION EDUCATION pour finaliser sa technologie et lancer les premières promotions d’élèves, en commençant par le Brésil.

Pour faire partie de ces quatre, il faut, entre autres, récolter le plus possible de votes en ligne ! Date limite : 7 octobre ! IL FAUT FAIRE VITE.

Les « concurrents » sont des grosses structures, alors Y GENERATION EDUCATION a vraiment besoin d’un maximum de soutien !

En cliquant sur VOTEZ, vous entendrez Clémence vous présenter rapidement le projet. Puis vous pourrez voter pour eux.

Merci d’encourager ces jeunes et de les aider par votre vote à réaliser leur objectif, et faites suivre cet article autour de vous pour que vos amis, à leur tour, puissent voter pour ce superbe projet.

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