LES MIGRANTS ET L’HORREUR

 

Les abonnés à La Croix ont pu lire, le 3 octobre, l’article stupéfiant d’Antoine Peillon dont le titre annonce crûment le contenu : « PASSEURS, LES NOUVEAUX EXCLAVAGISTES ».

Le problème des migrants excite l’Europe, crée des divisions politiques, alimente le populisme et donne de l’importance aux partis souverainistes.
Or le problème ne se résume pas entre d’un côté des êtres humains à sauver en mer et de l’autre l’impossibilité de recevoir tous ceux qui veulent venir dans nos pays. Le problème est différent et touche à l’horreur !

Il faut lire l’article d’Antoine Peillon. On y découvre l’abomination totale des actes des passeurs qui réduisent les « migrants » à l’état de bêtes, de machines, d’esclaves. La vie dans laquelle ils se trouvent enfermés (vous verrez, le mot n’est pas exagéré), n’a rien à voir avec celle qu’on leur a annoncée. Prostitution, horaires de travail insupportables dans des conditions inhumaines, hébergement repoussant… Une exploitation horrible, parfois sans aucun versement de salaire.

Pour lire cet article, il suffit de cliquer sur  « Passeurs les nouveaux esclavagistes ». Vous verrez, cela donne vraiment à réfléchir surtout quand on découvre que « 129.000 personnes vivraient en France en situation d’esclaves modernes. »

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Mercredi 7 février : soirée mode maraude… mais pas tout-à-fait

 

Soucieuse de proposer un abri aux personnes de la rue en cette période de Grand Froid, la mairie du 16ème a ouvert ses portes de nuit à partir de mardi soir pour proposer aux SDF un accueil nocturne jusqu’au dimanche 11 février.

C’était une excellente idée qui a mobilisé la Croix-Rouge, Aux Captifs, Le Samu Social, relais efficace de l’action, des maraudeurs de Saint-Honoré d’Eylau et une dizaine de Notre-Dame de Grâce, peut-être d’autres également.
Pour notre part, la Conférence Saint-Vincent de Paul de la paroisse a également pris en charge de la nourriture afin de permettre d’offrir de quoi dîner aux sans-abri qui viendraient.

Excepté le jeudi soir où 9 personnes ont répondu à l’invitation qui leur était faite, peu de SDF sont venus. Le mercredi soir nous étions trois membres de notre équipe de maraude pour un seul sans-abri (plus un second arrivé entre 23h30 et 24h00, reçu par les deux agents de sécurité de la mairie). Le samedi, trois sans-abri. Les autres soirs, j’ignore le nombre.

Pourquoi si peu de personnes en grande précarité ont accepté l’invitation qui leur était faite.

Sans certitude, voici plusieurs raisons possibles.

Tout d’abord, les SDF ont souvent avec eux d’encombrants bagages, leur richesse, qu’ils ne peuvent pas transporter facilement. Ensuite, s’ils ont réussi à trouver un endroit qui leur convient pour dormir et où ils se rendent chaque nuit, ils craignent, en leur absence, de se le faire prendre, et donc de le perdre.

 

Mais le troisième point, le plus important peut-être, tient à eux-mêmes. Leur vie est ainsi faite, soit en raison de leur caractère, soit en raison des épreuves qu’ils ont vécues et leur expérience de la vie : quelque chose se bloque en eux dès qu’il leur est proposé d’entrer dans ce qu’on pourrait appeler « une vie plus normale ». Perte de confiance en eux ? Gêne provoquée par leur situation ? Peur de ne pas savoir comment agir et réagir dans un « monde » qu’ils ne connaissent pas ou ne connaissent plus ? On peut s’interroger !

Mais revenons à la soirée de mercredi.

Peu après notre arrivée, passage de l’équipe de la Croix Rouge. Ces jeunes sont formidables, ils ont toujours le sourire ! Ils passent nous voir avant de repartir sur les chaussées enneigées et glissantes, pour tenter de convaincre les sans-abri que la salle Marie de Reigner, c’est mieux que le froid glacial de la rue.  Même chose avec Jean-Pierre, de Saint-Honoré d’Eylau, qui n’aura pas plus de résultat que la Croix-Rouge. Dommage. En tout cas, notre jeune Gambien dort dans l’un des lits montables et démontables apportés par la Croix Rouge, après que nous ayons parlé un bon moment avec lui. Il est bien, il se repose, tant mieux.

On pourrait être déçu de n’avoir pas beaucoup de monde ? Ce n’est pas le cas de notre trio. L’important, c’est d’être là, prêts à accueillir des personnes en grande difficulté. L’essentiel n’est pas « le résultat » (encore qu’il soit évidemment très important). L’essentiel est la présence et la disponibilité pour partager avec ceux qui n’ont rien, lorsqu’ils viennent ou lorsqu’on va vers eux.

L’essentiel est que ces personnes sachent, quand on se trouve avec elles, qu’elles sont reconnues, estimées, et que nous avons de l’amitié pour elles (car souvent nous nous attachons aux SDF que nous voyons.)

Pensons au Bon Samaritain et imaginons une suite à cette parabole : après s’être occupé comme il l’a fait d’un homme que des brigands avaient violemment frappé pour le dévaliser, peut-être est-il allé regarder dans le coin, chaque fois qu’il y est passé par la suite, pour s’assurer qu’aucune autre victime n’ait subi le même sort. S’il avait trouvé quelqu’un, ça se saurait ! Encore une fois, pas d’importance. L’essentiel, dans cette hypothèse, est qu’il y soit allé au cas où…

 

Un mail inattendu

A la fin de notre demi-nuit à la mairie,  à peine revenu, voici un mail inattendu : « En rentrant, je suis tombée sur  José couché par terre rue de la pompe (pas très loin de Gerson), torse nu, devant une bouche de chaleur. Il était tout souriant et  je lui ai laissé une de mes boites de vache-qui-rit. Je lui ai expliqué en vain qu’il pouvait aller dormir à la mairie et il m’a seulement répondu que le Samu passait. Je ne sais vraiment pas ce que l’on peut faire… »

Torse nu dans la rue, alors que la température vacille entre 2 et -2 ! Et rien à faire pour l’aider. C’est « niet » en permanence, avec sourire à l’appui.
Pourtant, et là on peut se poser des questions, trois nuit plus tard, alertés par une personne de l’association Aux Captifs la Libération, les pompiers viennent, l’invitent à venir dans leur véhicule… et il y monte, de lui-même.

Curieuse existence que celle de José, devant laquelle nous nous posons sans cesse la même question : que faut-il faire ? Et pourquoi subitement, lui qui refuse tout en prétextant n’avoir besoin de rien, est-il monté dans la véhicule des pompiers ? Nous ne le saurons vraisemblablement jamais.

 

En conclusion ?

On apprend sans cesse ! Alors merci à la Mairie pour son action, à celles et ceux qui l’ont organisée et celles et ceux qui y ont participé. C’est à refaire, bien sûr, en cas de nécessité !

 

JMT

 

Photos © Jean-Michel Touche
Remarque : ces photos ont été prises
avant cette période Grand froid.

 

Découvrir l’association ENTOURAGE

Entourage est né rue des Martyrs.

Le fondateur y passait tous les jours à pied, vers son lieu de travail.

Petit à petit il a crée des liens avec les personnes de la rue qu’il y croisait. Jusqu’au jour où l’un d’eux lui demande de l’aide. Il s’était battu, ses dents étaient cassées et il pleurait.

Comment faire quand on est un riverain et  que le système social nous est totalement étranger. Il a pris son téléphone, a fait une demande sur twitter.., « quelqu’un connait-il un dentiste dans le 9ème qui prendrait une personne de la rue en urgence et gratuitement? »
Quelqu’un a répondu….

Plusieurs histoires similaires plus loin, le projet d’un réseau collaboratif sur smartphone mettant en lien les personnes de la rue, les riverains et les associations qui œuvrent dans la rue est né.

La vision d’Entourage est de créer des liens et une synergie entre toutes les actions de rue qu’elles soient professionnelles, bénévoles ou de simples initiatives de riverains. La promesse que nous faisons aux riverains c’est qu’ils ne sont pas seuls dans leur relation avec les personnes de la rue. Entourage met en contact les personnes bienveillantes du réseau et les associations.

Le premier volet de notre action est de proposer aux associations sur le terrain qui font des maraudes, un outil simple de coordination, de communication et de compte-rendus. Les maraudeurs dotés de l’appli peuvent ainsi visualiser sur la carte les différentes maraudes de leur quartier et éventuellement communiquer avec elles si besoin. Ils reçoivent sur leur mail le CR de maraude dès la maraude terminée.

Le deuxième volet d’Entourage, et sa vraie raison d’être, vise à aider et encourager les riverains à entrer en relation avec la ou les personnes qu’ils croisent tous les jours et à changer leur regard afin de lutter contre l’ exclusion relationnelle des habitants des rues. Nous avons l’intime conviction que la bienveillance des riverains et l’action des associations sont complémentaires.

Nous travaillons depuis le début avec des personnes de la rue qui forment le « Conseil de la Rue » dont les membres sont des personnes vivant ou ayant vécu à la rue.

  • Kader nous partage que, pire que le manque d’argent, il y a la solitude et qu’il va chez son kiosquier tous les matins juste pour avoir son bonjour.
  • Pablo, lui, nous dit qu’un sourire, cela vaut 100 sandwichs…

  • Et Pedro nous fait remarquer qu’il a un sac plein de nourriture que les passants généreusement lui donnent, mais que personne ne lui demande s’il a faim…
  • Les riverains, eux, nous confient le fait qu’ils se sentent « démunis » et seuls face à des situations qui les bouleversent, les scandalisent et les choquent.

L’appli a trois fonctionnalités :

S’informer: Nous avons digitalisé le guide de solidarité de Paris et bientôt de toutes les grandes villes de France.

Se former: Accès à de la pédagogie pour connaître et aller à la rencontre des personnes de la rue.

Agir: vous pouvez rejoindre ou lancer des initiatives solidaires dans votre quartier.

L’appli ne permet pas de géolocaliser les personnes de la rue, ni de stocker des informations sur elles. Elle permet une mise en relation des personnes d’un même quartier.

L’appli Entourage pour le Grand Public est disponible depuis novembre et a déjà plus de 10 000 téléchargements et 600 actions crées par des riverains et certaines par des associations. En tant qu’association, il est donc possible de voir et éventuellement entrer en contact avec les riverains de notre quartier qui ont posté des entourages.

Entourage est une association de loi 1901, crée fin 2014. Nous sommes financés par des fondations et avons été en janvier lauréat de La France S’engage qui récompense des innovations sociales.

Nous avons de précieux soutiens tels que Olivier Lebel, ex directeur de la Croix Rouge et des médecins du Monde ou Klaus Drexel, réalisateur du magnifique film sur les personnes de la rue « Au bord du monde »…

Bénédicte Potdevin

Partenariats associations

06.12.34.39.89

Un peu de chaleur humaine

Twitter : @R_Entour

Facebook : Réseau Entourage

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APPEL AU SECOURS HEBERGEMENT

Au cours de l’année dernière, le groupe de maraudeurs de Notre-Dame de Grâce de Passy (Paris 16ème) a rencontré, soutenu, aidé une jeune femme roumaine et ses quatre filles (Anna-Maria, 5 ans, Elisa, 7 ans, Lévrétana, 12 ans, et Pétroutsa ,13 ans).

Impossible de rester indifférent devant Yourdana et ses enfants qui, la nuit, dormaient sur le trottoir d’une avenue de Paris, très proprement installées sous une grande couverture. Nous les avons accompagnées dans le peu que nous connaissions de leur vie, et une affection réciproque s’est créée entre nous.

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En septembre, coup de théâtre : Yourdana, que nous rencontrons au cours d’une maraude, nous annonce dans un français très incertain (hélas nous ne parlons pas roumain) qu’elle travaille, son mari également, que la famille est logée et que ses deux plus jeunes filles, qui à présent parlent très bien le français, sont scolarisées dans une école parisienne.

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MAIS ! . . deuxième coup de théâtre

Aujourd’hui nous apprenons que son mari ne travaille pas encore mais qu’il a pour l’instant une simple promesse d’embauche, et qu’ils ont dû quitter l’hébergement qui leur avait été octroyé.

Aussi l’équipe de maraudes à laquelle j’appartiens cherche une solution d’urgence pour abriter cette famille (2 adultes et 2 enfants) qui peut mettre 100 euros par mois pour se loger dans Paris, de préférence près du 16ème arrondissement.

Je suis conscient que 100 euros ou rien, c’est pareil. Mais que faire quand tout se démolit autour de vous ? Des associations pourront certainement apporter une aide financière. Pour l’instant, l’urgence est de trouver un toit pour Yourdana, son mari, Anna-Maria, Elisa, Lévrétana et Pétroutsa.

Des contacts ont été pris avec le Samu social et l’association Sainte-Geneviève de Paris, ainsi que les acteurs de la Précarité que nous connaissons (mairie du 16ème, Aurore, Aux Captifs la libération, la Croix Rouge, la Conférence Saint-Vincent de Paul etc.)

Si vous avez des idées susceptibles de venir en aide à cette famille que nous assistons autant que nous pouvons, soyez infiniment remerciés !

Jean-Michel

 

 

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JEUDI, DAVID S’EN EST ALLÉ . . .

 

david-4En apparence, ce n’était pas un homme comme un autre. Un peu comme s’il avait oublié qu’il était un être humain.

Le froid, la chaleur, le vent, la pluie, la solitude aussi, avaient avec le temps repeint son visage en meurtrissant ses traits.

Oublié de la vie, exclu des hommes ordinaires, perdu dans un univers qui n’était plus le sien, locataire en plein air, à qui David pouvait-il bien ressembler ?

Son monde à lui était en quelque sorte inabordable. Que pensait-il ? A quoi rêvait-il ? Que désirait-il ? Allez savoir.

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Et pourtant !..

Et pourtant quand nous nous approchions de lui, un simple « Bonsoir David » prononcé à voix très basse suffisait pour qu’il se retourne, émerge du monde dans lequel il avait plongé et ouvre les yeux.

-Ah, disait-il pendant qu’un sourire se dessinait sur ses lèvres et dans ses yeux, c’est vous !

Alors il prenait vie. Sous les étranges vêtements dans lesquels il se serrait l’hiver ou transpirait l’été, il nous regardait chacun son tour et donnait l’impression de renaître. Nous aussi, nous partagions cette impression. C’est le miracle de ces rencontres entre êtres humains, quand on oublie notre environnement personnel et que nous ne sommes plus que des hommes ou des femmes en train de s’estimer mutuellement.

Sur ce plan, David était un exemple.

Oui, il buvait. Il buvait beaucoup, énormément. Il y avait toujours une bouteille de vin ou des canettes de bière à côté de ses jambes ou de ses bras. Mais que reste-t-il à faire quand toutes les blessures de la vie marquent votre corps, quand vous avez perdu tout fil avec la société pour des motifs que nous ne connaissons pas, quand le seul contact qui vous reste est celui du trottoir sur lequel vous dormez ?

Et voilà qu’avec son visage presque caricaturé, David était devenu un être attachant. Nous l’aimions comme un jeune frère qui n’aurait pas eu de chance. Lui aussi nous aimait. Quand nous partions après avoir passé un moment en sa compagnie, il disait : « Déjà ?.. »

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Cette fois, c’est lui qui est parti. Un arrêt cardiaque. Tous ceux qui l’ont connu et aimé en éprouvent un mélange de tristesse et de confiance dans cette vie nouvelle qu’il a rejointe auprès de notre Père à tous, cette vie depuis laquelle, à présent, il peut veiller sur nous.

A Dieu, David.

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Texte et photos © Jean-Michel Touche

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DIABOLIQUE (ou la manipulation mentale)

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Faire un film « de fiction » à partir d’éléments réels permet d’adapter beaucoup de choses et de dire ce que l’on veut, comme on le veut. Illustrer ensuite un débat sur la manipulation mentale avec des extraits de ce qui est désigné comme « fiction » conduit alors à se demander où se trouve la réalité.
(cf  HUFFINGTON POST 11 avril 2016)

Le film « DIABOLIQUE », présenté sur France 3 mardi 5 avril, est-il un bon avertissement pour ceux qui pourraient, à leur tour, se laisser piéger par un « James Bond d’opérette », comme le dit Télérama ? A chacun de juger.

Deux remarques cependant :

Certains, dans cette malheureuse histoire, ont perdu beaucoup plus que d’autres. Seule une famille s’est fait dépouiller sur la totalité de ses biens.

Contrairement à ce qui a été dit ensuite lors du débat, ce n’est pas une « famille professionnelle » (c’est-à-dire « les médias », malgré l’hommage appuyé qui leur est rendu) qui a débloqué la situation, c’est le courage de Christine de Védrines  qui a réussi à s’échapper de l’emprise du prédateur malgré les risques qu’elle courait, est rentrée en Livre ChristineFrance et a porté plainte auprès de la Justice avec l’appui de plusieurs amis et de sa famille proche.

« NOUS N’ÉTIONS PAS ARMÉS », le livre publié chez Plon en 2013 par Christine de Védrines avec son mari et ses enfants, donne une approche saisissante et bien plus crédible et profonde de la manière  dont on peut se laisser prendre par des propos qui suintent l’excessif tout en conservant une part de crédibilité. Comme si un mal inconnu rongeait peu à peu votre liberté de pensée.

La même peine n’a pas été vécue de la même manière par tous. Il convient de le dire.

QUAND LES REMUNERATIONS DEVIENNENT FOLLES

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     Diriger une entreprise requiert des qualités que tout le monde ne possède pas. Piloter à travers les secousses de l’économie un gros bateau porté par des centaines ou des milliers de salariés n’est pas un talent donné à tout le monde. Il est donc important de rechercher des acteurs possédant les compétences nécessaires.

On comprend que ces talents particuliers soient généreusement rémunérés. Mais jusqu’où ?

Comment expliquer des niveaux sidérants comme ceux atteints notamment dans le monde de l’automobile ? Le quasi doublement de la rémunération de Carlos Tavares, président du Directoire de Peugeot Citroën, fait beaucoup parler, et cela se comprend : 5,2 millions d’euros en 2015 contre 2,7 millions en 2014 ! Après tout, pourquoi pas, s’il s’agit de rémunérer le redressement de l’entreprise. D’autant qu’une prime de 2.000 euros en moyenne a été versée à chaque salarié.

Pourtant on est en droit de se demander où se trouve la justification d’un tel écart. La compétence du dirigeant ne fait pas de doute, mais 8.000 suppressions de postes tout de même chez PSA !

Il est vrai que du côté de Renault-Nissan, la même question se pose avec un salaire de dirigeant qui, lui, atteint les 15 millions ! (Voir Libération du 24 mars 2016)

On comprend aisément la réflexion de Fabienne Gâche, déléguée CGT chez Renault : « Ceux qui expliquent aux autres qu’il faut qu’ils se serrent la ceinture ne manquent pas de s’attribuer des salaires extravagants et qui coûtent de plus en plus cher à l’entreprise.»

Car le résultat d’une entreprise ne dépend pas uniquement de l’excellence de sa gestion mais aussi de la qualité du travail de ses salariés. A quoi serviraient les idées et les choix d’un chef d’entreprise si le travail de ses salariés était de mauvaise qualité ? Chacun doit apporter la meilleure contribution possible. C’est à ce moment qu’on se pose la question des écarts de rémunération.

Des lecteurs penseront que l’auteur de cet article est un homme de gauche. Pas du tout. Mes idées sont plutôt de droite (encore que la division entre la gauche et la droite paraisse de plus en plus artificielle,  la vérité n’étant pas le propre de l’une et l’erreur le propre de l’autre.) Il s’agit simplement de bon sens. Ces rémunérations extrêmes dans un pays qui compte un si grand nombre de chômeurs sont mal venues et choquantes. Comme choquantes sont les folles rémunérations de certains footballeurs.

Elles conduisent à se poser une autre question : que fait-on avec une rémunération d’un tel niveau ? Où va l’argent ? Une partie en impôts, d’accord. Mais le reste ? Finance-t-on des fondations, comme le font certains des plus riches aux Etats-Unis ? Fait-on des dons importants à des organisations qui agissent en faveur des plus pauvres ? Peut-être. Et pour le reste ? Si l’on possède trois voitures, on ne va pas s’en acheter une quatrième puis une cinquième. Des montres de luxe, on n’en remplit pas ses tiroirs. Alors, à quoi cela sert-il ?

Il est vrai que l’être humain a trois besoins : être, avoir et paraître.

Nous avons besoin de disposer (avoir) de ce qui est nécessaire pour exister (être). C’est avec le troisième besoin (paraître) que  commencent les excès. Sommes-nous plus heureux parce que nous paraissons extrêmement riches tandis que tant de femmes et d’hommes sur terre  mènent une vie de galère ?

A chacun sa réponse.

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