BENARES (1) (Extrait du journal 1982)

Suite du voyage Delhi – Kathmandhu – Bénarès

 

 

Remarque :
La publication de ce récit de voyage de 1982 se compose de plusieurs articles que vous pouvez retrouver en cliquant sur les titres suivants : Delhi   Népal-Etape 1   Népal-Etape 2   Népal-Etape 3

Vous pourrez voir prochainement des photos prises en Inde et au Népal en 1982, qui seront présentées sur le blog « A travers le regard ».

 

BENARES – Mardi 2 février 1982

Hier, départ de Kathmandu sous la pluie. Évidemment, Indian Airlines avait plus de deux heures de retard. Il a donc fallu attendre dans un aéroport glacial et aux équipements sommaires, ce qui m’a permis de rencontrer un jeune médecin suisse, parti depuis trois ans et demi de son pays pour voyager et travailler dans le Tiers Monde.

Dans la salle d’attente se trouvent également des Japonais. Vêtus de kimonos, ils détonnent dans ce décor et prêtent à rire.

° ° °

Problème à l’aéroport : un douanier ne comprend pas que je puisse venir en Inde avec deux appareils de photos. Il n’a de paix ni de cesse que la mention de ces deux appareils soit portée sur mon passeport afin que je n’en vende pas un pendant mon séjour !

La route pour rejoindre ensuite la ville de Bénarès est semée de surprises, en tout cas pour moi. Par exemple le passage de chameliers et leurs chameaux.

Les voyages sont l’occasion de rencontres souvent passionnantes. Par exemple le soir de mon arrivée à Bénarès j’ai longuement discuté sur l’hindouisme avec le propriétaire de la librairie de mon hôtel et l’un de ses amis. Tous deux croient à la réincarnation : l’esprit est éternel et le corps lui-même se reconstitue après la mort. Ils ont raconté l’histoire d’un homme que l’on pensait mort et dont les médecins voulaient cesser le maintien en survie artificielle. Dès que les appareils médicaux eurent été débranchés, l’homme se redressa et dit que sa mère pleurait dans sa chambre, demandant qu’on aille la consoler. « Je vais là où je dois aller, dit-il, ne pleurez pas mais priez pour moi. »

Mes interlocuteurs décrivent l’hindouisme comme une religion très simple : « Soyez tolérants et vous pratiquez l’hindouisme. »

Parlant de la réincarnation, je leur demandai comment ils expliquaient l’augmentation des populations. Ils répondirent : « De même que mon corps peut engendrer plusieurs enfants, mon âme peut devenir plusieurs âmes. »

Réponse qui fut loin de me convaincre…

° ° °

Hier, en fin d’après-midi, j’ai eu mon premier contact avec les ghats (mot dont la traduction exacte est « marches »). Pour y aller j’ai pris un rickshaw (à bicyclette) et j’ai bien cru ma dernière heure arrivée ! On s’habitue à tout mais se jeter d’emblée dans la circulation  – la foule en mouvement – de Vanarasi (Bénarès) est une expérience dont on doit se souvenir longtemps !..

L’itinéraire pour se rendre sur les ghats, depuis le quartier où se trouvent les hôtels, traverse toute la ville. A ce moment-là j’ai compris pourquoi Claude Sauvageot (photographe célèbre dans les années 70) avait dit une fois, au cours d’un passage à Rambouillet: « L’Inde, c’est foutu ! »  Je n’imaginais pas un pareil grouillement dans la boue… dans la fange.

Les immondices coulent littéralement dans certaines ruelles. Il règne un vacarme étourdissant de cris, de voitures, de bus, de camions brinquebalants, de sonnettes de bicyclettes ou de rickshaws qui sont pitoyables dans ce tohu bohu.

Ce spectacle donne l’impression d’un monde en voie de décomposition. Tout est sale : le sol sur lequel règne la boue ( quand ce ne sont pas les bouses de vaches que les femmes ramassent à pleines mains pour en faire des galettes quelles mettent à sécher au soleil) ; les bus dont la crasse des vitres enferme les passagers dans une moiteur lourde; les maisons dont la peinture des murs, épuisée, a depuis longtemps cessé de s’écailler. Après un instinctif mouvement de répulsion, je regarde ce monde avec pessimisme : comment peuvent-ils s’en sortir? Du haut de mon rickshaw je me sens ridiculement « européen », ridiculement propre. Et pourtant, moins ridicule que ces occidentaux qui imitent les hindous, s’habillent comme eux, se laissent pousser les cheveux qu’ils attachent en crinière, se drapent de tissu orange ou rouge, essaient de se fondre au milieu des pèlerins sans bien y parvenir.

Au bout d’une demi-heure nous débouchons sur un rond-point qui bat tous les records d’affluence. Chaque artère possède son feu de signalisation qui fonctionne. Mais, en plein milieu du carrefour, un agent de police entend régler la circulation à sa façon. Et de toute manière les gens s’en fichent totalement et n’en font qu’à leur tête. Étonnant croisement de flux qui se mêlent, se fondent en un tourbillon impressionnant puis se détachent.

Il est déjà tard lorsque nous arrivons au ghat de Dasashvameda . Le rickshaw man me conduit auprès d’ Ashok, son ami, qui me servira de guide. Après quelques minutes de marche, nous voici en haut du ghat.
Ici commence un autre monde. Malgré le ciel bas et lourd, malgré l’heure tardive, les couleurs sont encore gueulardes. J’en parlerai plus loin.

Cette fois, vraiment, j’ai le choc ! C’est beau, c’est très beau !

Retour tardif (et froid, sur ce rickshaw) à l’hôtel.

Au restaurant, le soir, je retrouve mes Japonais de Kathmandu , toujours en costume traditionnel, les pieds dans des chaussettes qui se coincent bizarrement, aux orteils, dans des sortes de claquettes. Les plus âgés d’entre eux se déplacent lourdement en traînant les jambes et en se balançant de gauche à droite. Le plus jeune, sans doute celui qui fait office de guide, se lève pour lire ce qui semble être le programme du lendemain. Le tout accompagné des rituelle courbettes nippones.

° ° °

Ce matin, mardi, lever à 5 heures. A 6 Heures un taxi me dépose devant le ghat où m’a donné rendez-vous Ashok. Celui-ci arrive, mal réveillé, et prend une tasse de thé pour se mettre en forme. Il suce une préparation de bétel et crache sans cesse de longs jets de salive rouge.

Le temps est très mauvais, il fait froid.

Nous montons à bord d’une petite barque conduite par un jeune garçon d’une douzaine d’années, et nous voici partis sur le Gange. Les haut-parleurs criards hurlent des chants religieux qui doivent s’entendre à des kilomètres. Peu à peu le ciel s’éclaircit. Les pèlerins ont commencé à envahir les principaux ghats, malheureusement il fait trop mauvais pour prendre de bonnes photos. Malgré le froid, les fidèles pénètrent dans l’eau. Ils s’immergent entièrement à plusieurs reprises, sortent la tête hors de l’eau, la jettent en arrière et essuient leurs visages avec leurs mains. Les hommes, souvent, ne portent qu’un cache sexe pour tout vêtement.

L’embarcation continue son chemin. En cours de route, nouvelle rencontre avec les Japonais. Le plus gros se prosterne vers le soleil naissant tandis que les autres le photographient. Les Japonais ne prennent jamais de photos de paysages, de curiosité ou d’œuvre d’art : ils photographient toujours d’autres Japonais devant un paysage, une curiosité ou une œuvre d’art…

Plus loin, voici le ghat des crémations. Les doms (croque-morts) alimentent le feu et s’assurent que les corps se consument normalement. Leur corporation est l’une des plus « impures » de toutes aux yeux des Hindous. Ici s’achève le voyage du corps, dont la substance s’évade en une fine fumée. Le Gange, où seront dispersées les cendres, purifie le défunt pour qui sera enfin brisé le cycle des renaissances perpétuelles.

Revenant à terre, nous pénétrons dans le chowk (bazar) dont les ruelles étroites s’entrecroisent. Parfois la saleté est tout à fait repoussante. Les vaches déambulent dignement, au gré de leur inspiration bovine. Les passants les bousculent parfois sans complaisance, en dépit de leur caractère sacré.

Chez le patron d’Ashok , achat de soie sauvage.

Et maintenant, seul avec mes appareils de photos, je marche lentement le long des ghats.

Comment tout dire ?

Il y a quantité de gens pieux qui se baignent, qui parlent avec les brahmanes, qui lisent des livres saints ou encore méditent, immobiles, plongés dans un profond recueillement. Ailleurs se trouvent des sadhus vêtus d’orange (signe de chasteté depuis leur plus jeune âge), d’autres vêtus de trois fois rien, le front marqué de cendres.

 

Quelques rayons de soleil parviennent à traverser les nuages. Vite quelques photos.

Beaucoup de sadhus, beaucoup d’hommes et de femmes en prière, mais aussi des gens au regard chargé de toute la détresse du monde. Ils « acceptent », tout simplement. Et peut-être que leur
regard ne voit plus rien : ni Dieu, ni eux-mêmes, ni leur peine.

 

Il y  a également ces prêtres qui dictent le rituel à des pèlerins. Les gestes doivent avoir une importance particulière car les prêtres expliquent, montrent, et les fidèles les imitent ensuite respectueusement. Le rituel de ces prières est difficile à comprendre, notamment le riz que l’officiant jette dans de l’eau avec les pétales de fleurs et les feuilles vertes.

Un peu partout les bateliers me proposent un tour en bateau. Un homme âgé me propose même des massages. «  »Indian massage very, very good  » affirme-t-il. Je n’en doute pas… mais je les lui laisse.

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A suivre avec la publication prochaine de  BENARES (2) et fin du voyage (Extrait du journal 1982)


 

Texte et photos © Jean-Michel Touche
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TU LIS – J’ECRIS

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 « TU LIS – J’ECRIS », une activité pour rencontrer et échanger avec des écrivains !

Comment : Réunir dans un cadre privé, et donc amical, des lecteurs autour d’un écrivain.

Principe : un lecteur organise chez lui une rencontre entre plusieurs de ses amis (une dizaine  maxi ?) et un auteur de son choix.

Une telle rencontre peut se faire n’importe quand dans la journée, en fonction des possibilités des uns et des autres :

– apéritif dînatoire,
– après déjeuner, de 14h00 à 16h00,
– après-midi, de 16h00 à 18h00,
– soirée après dîner, de 20h30 à 22h30,
– ou autre idée.

J’en ai fait personnellement l’expérience, autour d’un café après déjeuner, sur un de mes romans que les participants avaient lus avant cette rencontre. Et c’était vraiment très intéressant.

Objet : pour les lecteurs, rencontrer un écrivain (romans, poèmes, contes, théologie, histoire, science, philosophie, etc…) qui va :

– présenter  un ouvrage qu’il  a publié ou qu’il est en train d’écrire
– dire son intention en réalisant cet ouvrage
– dire pourquoi et comment en général il écrit (d’où viennent ses idées, se documente-t-il, fait-il principalement appel à son imagination, quel genre utilise-t-il pour s’exprimer : essai, roman, poèmes, récits à partir d’éléments réels, etc…)

Les lecteurs disent ce qu’ils recherchent dans la lecture, le genre d’expression qui leur parle le plus, posent des questions,  ceux qui ont lu le livre de l’auteur disent ce qu’ils ont apprécié et ce qu’ils auraient aimé en plus (ou en moins), en exprimant ce qu’ils ont compris, ce qu’ils ont ressenti, leurs réactions personnelles etc.

Ensuite, s’ils le désirent, un ou plusieurs participants, fait (font) une Synthèse écrite de cette rencontre, à envoyer pour publication sur le blog TU LIS – J’ECRIS.

L’objectif de cette activité consiste à mettre en rapport des lecteurs et des écrivains, autrement que dans des salons littéraires qui rassemblent trop de monde pour permettre des contacts personnalisés. Une rencontre peut être organisée par toute personne qui le désire et comme elle le désire, sans être tenue à en informer qui que ce soit. Cependant les faire connaître sur le blog TU LIS – J’ECRIS pourrait susciter de vraies occasions d’échanges puis de réflexion.

Cela vous intéresse ? Vous avez des questions à poser, des suggestions à faire, vous voulez participer et organiser une première rencontre ? N’hésitez pas à utiliser pour cela les cases de commentaires ci-dessous, ou, si vous préférez, à m’envoyer un mail à l’adresse suivante : blogjmt@gmail.com

Alors, on y va ?

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© Jean-Michel Touche

Cette présentation est également présentée sur le Blog TU LIS – J’ÉCRIS (en cours de préparation)

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Découvrir l’association ENTOURAGE

Entourage est né rue des Martyrs.

Le fondateur y passait tous les jours à pied, vers son lieu de travail.

Petit à petit il a crée des liens avec les personnes de la rue qu’il y croisait. Jusqu’au jour où l’un d’eux lui demande de l’aide. Il s’était battu, ses dents étaient cassées et il pleurait.

Comment faire quand on est un riverain et  que le système social nous est totalement étranger. Il a pris son téléphone, a fait une demande sur twitter.., « quelqu’un connait-il un dentiste dans le 9ème qui prendrait une personne de la rue en urgence et gratuitement? »
Quelqu’un a répondu….

Plusieurs histoires similaires plus loin, le projet d’un réseau collaboratif sur smartphone mettant en lien les personnes de la rue, les riverains et les associations qui œuvrent dans la rue est né.

La vision d’Entourage est de créer des liens et une synergie entre toutes les actions de rue qu’elles soient professionnelles, bénévoles ou de simples initiatives de riverains. La promesse que nous faisons aux riverains c’est qu’ils ne sont pas seuls dans leur relation avec les personnes de la rue. Entourage met en contact les personnes bienveillantes du réseau et les associations.

Le premier volet de notre action est de proposer aux associations sur le terrain qui font des maraudes, un outil simple de coordination, de communication et de compte-rendus. Les maraudeurs dotés de l’appli peuvent ainsi visualiser sur la carte les différentes maraudes de leur quartier et éventuellement communiquer avec elles si besoin. Ils reçoivent sur leur mail le CR de maraude dès la maraude terminée.

Le deuxième volet d’Entourage, et sa vraie raison d’être, vise à aider et encourager les riverains à entrer en relation avec la ou les personnes qu’ils croisent tous les jours et à changer leur regard afin de lutter contre l’ exclusion relationnelle des habitants des rues. Nous avons l’intime conviction que la bienveillance des riverains et l’action des associations sont complémentaires.

Nous travaillons depuis le début avec des personnes de la rue qui forment le « Conseil de la Rue » dont les membres sont des personnes vivant ou ayant vécu à la rue.

  • Kader nous partage que, pire que le manque d’argent, il y a la solitude et qu’il va chez son kiosquier tous les matins juste pour avoir son bonjour.
  • Pablo, lui, nous dit qu’un sourire, cela vaut 100 sandwichs…

  • Et Pedro nous fait remarquer qu’il a un sac plein de nourriture que les passants généreusement lui donnent, mais que personne ne lui demande s’il a faim…
  • Les riverains, eux, nous confient le fait qu’ils se sentent « démunis » et seuls face à des situations qui les bouleversent, les scandalisent et les choquent.

L’appli a trois fonctionnalités :

S’informer: Nous avons digitalisé le guide de solidarité de Paris et bientôt de toutes les grandes villes de France.

Se former: Accès à de la pédagogie pour connaître et aller à la rencontre des personnes de la rue.

Agir: vous pouvez rejoindre ou lancer des initiatives solidaires dans votre quartier.

L’appli ne permet pas de géolocaliser les personnes de la rue, ni de stocker des informations sur elles. Elle permet une mise en relation des personnes d’un même quartier.

L’appli Entourage pour le Grand Public est disponible depuis novembre et a déjà plus de 10 000 téléchargements et 600 actions crées par des riverains et certaines par des associations. En tant qu’association, il est donc possible de voir et éventuellement entrer en contact avec les riverains de notre quartier qui ont posté des entourages.

Entourage est une association de loi 1901, crée fin 2014. Nous sommes financés par des fondations et avons été en janvier lauréat de La France S’engage qui récompense des innovations sociales.

Nous avons de précieux soutiens tels que Olivier Lebel, ex directeur de la Croix Rouge et des médecins du Monde ou Klaus Drexel, réalisateur du magnifique film sur les personnes de la rue « Au bord du monde »…

Bénédicte Potdevin

Partenariats associations

06.12.34.39.89

Un peu de chaleur humaine

Twitter : @R_Entour

Facebook : Réseau Entourage

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ESI HALLE SAINT-DIDIER

Dans le cadre des articles destinés à faire
connaître les personnes en grande
précarité, voici le premier,
consacré à l’ESI de la
Halle Saint-Didier.

ESPACE SOLIDARITÉ INSERTION SAINT-DIDIER

Situé dans le 16ème arrondissement de Paris, l’ESI Halle Saint-Didier est un établissement public du Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris, créé en 2001.

Vous trouverez en pièce jointe la fiche technique présentant cet établissement, son rôle et ce qu’il propose aux personnes en état de grande précarité (cliquer sur  FICHE TECHNIQUE ).
Comme vous pourrez le voir, il ne s’agit pas d’un endroit où l’on peut simplement s’asseoir et attendre qu’il fasse moins froid, mais bien au contraire un lieu ou professionnels et bénévoles apportent avec talent et dévouement une aide sociale, d’hygiène, médicale, juridique, psychologique, etc.

C’est également un endroit où l’on s’efforce d’apporter des moments de détente et de joie à ceux qui en manquent cruellement, comme le montrent les photos suivantes.

Merci à Nguyen Thi Tuyet Dung, la directrice de ce centre, et toutes les personnes autour d’elle qui  s’occupent de femmes et d’hommes en grande difficulté,  pour leur travail assidu et l’humanité de leur assistance.

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Merci à la Direction de l’ESI St-Didier
qui a fourni la fiche technique
et les photos.

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VŒUX POUR 2017

Comment donner de la valeur
à l’année 2 0 1 7  ?

 

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Après une année ambigüe, dramatique pour les habitants du Moyen Orient, difficile pour beaucoup, marquée par la violence de la nature et trop souvent par celle des humains, que sera l’année 2017 ?

Question à laquelle, bien sûr, il est difficile de répondre.

Alors voici une idée sur laquelle réfléchir : aider les autres à être heureux est une manière de l’être soi-même. Pour les chrétiens, cela s’appelle « Aimez-vous les uns les autres ».

Sur cette base, que 2017 soit pour tous une année d’expériences enrichissantes, de rencontres heureuses, de paix, une année avec, comme fleurs pour les jardins de nos vies, d’innombrables sourires.

Et toutes mes amitiés à celles et ceux que je ne peux plus joindre que par l’intermédiaire de ce blog car vous êtes trop nombreux pour que je sois en mesure de vous écrire individuellement !

Jean-Michel

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Photo © Jean-Michel Touche

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TROP DE JOUETS ?

Trop de jouets ? Qu’à cela ne tienne !

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La Mairie du 16ème arrondissement organise en ce moment une collecte de jouets jusqu’au 25 novembre.

Si vos enfants ou petits-enfants encombrent leurs placards (et les vôtres) avec quantité de patins, jeux de construction, ballons ovales ou ronds, poupées, legos, billes, patinettes, peluches, voitures, trains, maquettes (et que sais-je encore…  j’allais oublier cordes à sauter, puzzles, skate-boards, sarbacanes et petits soldats, ouf  !), une solution : en porter une bonne partie dans les centres qui collectent des jouets encore en bon état, qu’ils remettent en forme si nécessaire et donnent de votre part aux enfants qui n’en ont pas.

Cela coûte seulement le temps de les mettre dans des sacs et de les porter à ces centres de collecte.

Si vous habitez dans le 16ème arrondissement de Paris, n’hésitez pas, portez-les à la Mairie du 16ème, 71 avenue Henri-Martin. Vous ferez des heureux !

Merci par avance !

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JEUDI, DAVID S’EN EST ALLÉ . . .

 

david-4En apparence, ce n’était pas un homme comme un autre. Un peu comme s’il avait oublié qu’il était un être humain.

Le froid, la chaleur, le vent, la pluie, la solitude aussi, avaient avec le temps repeint son visage en meurtrissant ses traits.

Oublié de la vie, exclu des hommes ordinaires, perdu dans un univers qui n’était plus le sien, locataire en plein air, à qui David pouvait-il bien ressembler ?

Son monde à lui était en quelque sorte inabordable. Que pensait-il ? A quoi rêvait-il ? Que désirait-il ? Allez savoir.

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Et pourtant !..

Et pourtant quand nous nous approchions de lui, un simple « Bonsoir David » prononcé à voix très basse suffisait pour qu’il se retourne, émerge du monde dans lequel il avait plongé et ouvre les yeux.

-Ah, disait-il pendant qu’un sourire se dessinait sur ses lèvres et dans ses yeux, c’est vous !

Alors il prenait vie. Sous les étranges vêtements dans lesquels il se serrait l’hiver ou transpirait l’été, il nous regardait chacun son tour et donnait l’impression de renaître. Nous aussi, nous partagions cette impression. C’est le miracle de ces rencontres entre êtres humains, quand on oublie notre environnement personnel et que nous ne sommes plus que des hommes ou des femmes en train de s’estimer mutuellement.

Sur ce plan, David était un exemple.

Oui, il buvait. Il buvait beaucoup, énormément. Il y avait toujours une bouteille de vin ou des canettes de bière à côté de ses jambes ou de ses bras. Mais que reste-t-il à faire quand toutes les blessures de la vie marquent votre corps, quand vous avez perdu tout fil avec la société pour des motifs que nous ne connaissons pas, quand le seul contact qui vous reste est celui du trottoir sur lequel vous dormez ?

Et voilà qu’avec son visage presque caricaturé, David était devenu un être attachant. Nous l’aimions comme un jeune frère qui n’aurait pas eu de chance. Lui aussi nous aimait. Quand nous partions après avoir passé un moment en sa compagnie, il disait : « Déjà ?.. »

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Cette fois, c’est lui qui est parti. Un arrêt cardiaque. Tous ceux qui l’ont connu et aimé en éprouvent un mélange de tristesse et de confiance dans cette vie nouvelle qu’il a rejointe auprès de notre Père à tous, cette vie depuis laquelle, à présent, il peut veiller sur nous.

A Dieu, David.

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Texte et photos © Jean-Michel Touche

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