Deux textes sur Saint Benoît-Joseph Labre

 Saint Benoît-Joseph Labre

1 – Texte de Gaëtan de Salvatore

          Né le 26 mars 1748, Benoît-Joseph Labre est l’aîné des quinze enfants d’un couple de paysans aisés d’Amettes (Pas-de-Calais). Après avoir fréquenté l’école de son village, il complète son instruction auprès d’un de ses oncles paternels, curé d’Erin. Attiré par la prière et le recueillement, il veut d’abord devenir trappiste, mais devant l’opposition de sa famille, il y renonce et entre chez les Chartreux du Val-Sainte-Aldegonde. Cependant, les Chartreux le jugent trop austère et sujet aux angoisses et ne le gardent pas ; il essaie alors, mais sans plus de succés, la chartreuse de Neuville-sous-Montreuil (Pas de Calais), puis  la Grande Trappe de Soligny (Orne), et c’est finalement à l’abbaye de Sept-Fons (Allier) qu’il reçoit l’habit le 11 novembre 1769 et prend le nom de frère Urbain. Il côtoie les pauvres, les marginaux et rejette toute compassion vis-à-vis de lui-même. Portant une croix sur sa poitrine, un chapelet autour du cou et, dans son baluchon,  l’Evangile, le bréviaire, l’Imitation de Jésus-Christ et la Règle de saint Benoît, ce jeune pèlerin d’une grande austérité déroute les hommes d’Eglise qu’il rencontre.

Le 3 décembre 1770, Benoît arrive à Rome, visite chaque église. Il dort dans une infractuosité du Colisée. Distribuant le pain reçu à ceux qu’il estime plus pauvres que lui, il demeure à Rome jusqu’en 1771, puis se rend au sanctuaire marial de Lorette où on le découvre absorbé dans la prière, indifférent à la foule qui l’approche. Voyageant de basiliques en églises, il s’arrête à Naples, puis à Bari. Au Mont Cassin, Benoît retrouve les traces de son saint patron et il prie saint François à Assise. Il découvre la Suisse et ses sanctuaires, revient en France, part en Allemagne, à Compostelle et s’arrête de nouveau à Lorette, où il séjournera onze fois, après avoir parcouru bien d’autres pays encore, l’Autriche et la Pologne notamment.

À 28 ans, il rencontre le père Temple qui, pour l’éprouver, l’interroge sur les vérités de la foi et les enseignements de l’Église. Après de longs entretiens, le prêtre reconnaît la profondeur de la foi de Benoît. Il écrit à son sujet : « Benoît-Joseph vit en continuelle union avec Dieu et demeure en Sa présence ».

Il meurt le 16 avril 1783 à Rome, à l’âge de trente-cinq ans. Béatifié par Pie IX en 1860, il est canonisé par Léon XIII le 8 décembre 1881. C’est le patron des vagabonds, des mendiants, des sans-logis, des pèlerins et des personnes inadaptées, mais aussi des célibataires.

Verlaine écrit de lui : « Benoît Labre est une gloire immense du XVIIIe siècle. Quelle pierre d’achoppement pour nos titubantes cervelles d’aujourd’hui ! »

Comme le dit si bien Marie-Thérèse Avon-Soletti : « Dans cette figure de vagabond, les hommes de bonne volonté ont vu le Christ ». Elle ajoute que « Saint Benoît Labre se présente comme le prophète de la dignité de la personne humaine, qu’aucune déchéance humaine, qu’aucune loi humaine, qu’aucune volonté humaine, ne peut entamer. »

 

2 – Texte de Jean, séminariste

Pour lire cette étude, cliquer sur   Patron des SDF Benoît-Jospeh Labre

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CONNAISSEZ-VOUS SAINT BENOÎT-JOSEPH LABRE ?

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Saint Benoit-Joseph Labre est le saint patron des sans-domicile fixe, des pauvres et des exclus. Il a vécu toute sa vie sur les routes ou dans les rues de Rome.
Il a connu les moqueries et le rejet, mais il a toujours gardé un cœur joyeux, tout tourné vers Dieu, en s’occupant des plus pauvres.
Depuis sa mort, il a multiplié les miracles, continuant à venir au secours des pauvres dont il a partagé la vie.

Les plus pauvres ont aujourd’hui un lieu de recueillement et de mémoire des personnes de la rue à Sainte-Marie des Batignolles à Paris dans le 17è arrondissement avec l’intronisation dimanche 7 mai dernier d’une statue de Saint Benoit-Joseph. Cette statue a été réalisée par Daphné, sculpteur et paroissienne de Notre-Dame de Grâce de Passy, à la demande d’une de ses amies qui anime la conférence Saint-Vincent de Paul à Sainte-Marie des Batignolles.

Saint Benoit-Joseph nous laisse une belle prière “des trois coeurs”

 

Mon Dieu, accordez-moi,
pour Vous aimer,
trois cœurs en un seul.

Le premier, pour Vous,
pur et ardent comme une flamme,
me tenant continuellement en Votre Présence
et me faisant désirer parler de Vous,
agir pour Vous,
et, surtout, accueillir avec patience
les épreuves qu’il me sera donné
de devoir surmonter au cours de ma vie.

Le second, tendre et fraternel envers le prochain,
me portant à étancher sa soif spirituelle
en lui confiant Votre Parole,
en étant Votre témoin
comme en priant pour lui.
Que ce cœur soit bon
pour ceux qui s’éloignent de Vous,
et plus particulièrement encore s’ils me rejettent;
qu’il s’élève vers Vous,
Vous implorant de les éclairer
afin qu’ils parviennent à se libérer des filets du chasseur.
Qu’il soit, enfin, plein de compassion
pour celles et ceux qui ont quitté ce monde
dans l’espérance de Vous voir face à face …

Le troisième, de bronze,
rigoureux pour moi-même,
me rendant vainqueur des pièges de la chair,
me gardera de tout amour-propre,
me délivrera de l’entêtement,
me poussera à l’abstinence
et m’incitera à me défier du péché.
Car je sais que plus je maîtriserai les séductions de la nature,
plus grand sera le bonheur
dont Vous me comblerez dans l’éternité.

 

 

© Texte Florent du Peyroux
© Photos : Mathilde Duthoit

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Découvrir l’association ENTOURAGE

Entourage est né rue des Martyrs.

Le fondateur y passait tous les jours à pied, vers son lieu de travail.

Petit à petit il a crée des liens avec les personnes de la rue qu’il y croisait. Jusqu’au jour où l’un d’eux lui demande de l’aide. Il s’était battu, ses dents étaient cassées et il pleurait.

Comment faire quand on est un riverain et  que le système social nous est totalement étranger. Il a pris son téléphone, a fait une demande sur twitter.., « quelqu’un connait-il un dentiste dans le 9ème qui prendrait une personne de la rue en urgence et gratuitement? »
Quelqu’un a répondu….

Plusieurs histoires similaires plus loin, le projet d’un réseau collaboratif sur smartphone mettant en lien les personnes de la rue, les riverains et les associations qui œuvrent dans la rue est né.

La vision d’Entourage est de créer des liens et une synergie entre toutes les actions de rue qu’elles soient professionnelles, bénévoles ou de simples initiatives de riverains. La promesse que nous faisons aux riverains c’est qu’ils ne sont pas seuls dans leur relation avec les personnes de la rue. Entourage met en contact les personnes bienveillantes du réseau et les associations.

Le premier volet de notre action est de proposer aux associations sur le terrain qui font des maraudes, un outil simple de coordination, de communication et de compte-rendus. Les maraudeurs dotés de l’appli peuvent ainsi visualiser sur la carte les différentes maraudes de leur quartier et éventuellement communiquer avec elles si besoin. Ils reçoivent sur leur mail le CR de maraude dès la maraude terminée.

Le deuxième volet d’Entourage, et sa vraie raison d’être, vise à aider et encourager les riverains à entrer en relation avec la ou les personnes qu’ils croisent tous les jours et à changer leur regard afin de lutter contre l’ exclusion relationnelle des habitants des rues. Nous avons l’intime conviction que la bienveillance des riverains et l’action des associations sont complémentaires.

Nous travaillons depuis le début avec des personnes de la rue qui forment le « Conseil de la Rue » dont les membres sont des personnes vivant ou ayant vécu à la rue.

  • Kader nous partage que, pire que le manque d’argent, il y a la solitude et qu’il va chez son kiosquier tous les matins juste pour avoir son bonjour.
  • Pablo, lui, nous dit qu’un sourire, cela vaut 100 sandwichs…

  • Et Pedro nous fait remarquer qu’il a un sac plein de nourriture que les passants généreusement lui donnent, mais que personne ne lui demande s’il a faim…
  • Les riverains, eux, nous confient le fait qu’ils se sentent « démunis » et seuls face à des situations qui les bouleversent, les scandalisent et les choquent.

L’appli a trois fonctionnalités :

S’informer: Nous avons digitalisé le guide de solidarité de Paris et bientôt de toutes les grandes villes de France.

Se former: Accès à de la pédagogie pour connaître et aller à la rencontre des personnes de la rue.

Agir: vous pouvez rejoindre ou lancer des initiatives solidaires dans votre quartier.

L’appli ne permet pas de géolocaliser les personnes de la rue, ni de stocker des informations sur elles. Elle permet une mise en relation des personnes d’un même quartier.

L’appli Entourage pour le Grand Public est disponible depuis novembre et a déjà plus de 10 000 téléchargements et 600 actions crées par des riverains et certaines par des associations. En tant qu’association, il est donc possible de voir et éventuellement entrer en contact avec les riverains de notre quartier qui ont posté des entourages.

Entourage est une association de loi 1901, crée fin 2014. Nous sommes financés par des fondations et avons été en janvier lauréat de La France S’engage qui récompense des innovations sociales.

Nous avons de précieux soutiens tels que Olivier Lebel, ex directeur de la Croix Rouge et des médecins du Monde ou Klaus Drexel, réalisateur du magnifique film sur les personnes de la rue « Au bord du monde »…

Bénédicte Potdevin

Partenariats associations

06.12.34.39.89

Un peu de chaleur humaine

Twitter : @R_Entour

Facebook : Réseau Entourage

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UN MONDE HEUREUX SERAIT-IL UNE UTOPIE ?

UN MONDE HEUREUX
SERAIT-IL UNE UTOPIE ?

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Je n’ai pas le souvenir que les Français aient été plongés dans une période aussi pauvre en réflexion de la part des femmes et des hommes qui veulent jouer un rôle politique important (j’entends, bien sûr, les candidats à la présidentielle).

Après des assassinats verbaux relevant du niveau des pâquerettes (et même au-dessous des pétales), et les regroupements d’individus qui rejoignent celle ou celui qu’ils ont traité de tous les noms avant le premier tour, espérant un rôle important après le second…) nous, les Français du quotidien, porteurs à la fois de points forts et de points faibles, sommes soumis au choix entre moins bon et moins-moins bon.

Aucune espérance dans cette élection où on a vu et entendu la foule vibrer comme des pantins lors des réunions de masse de prétendants, dès que ceux-ci disaient un mot injurieux pour un autre candidat.

J’espère que ce théâtre minable va nous réveiller et nous poussera à réfléchir sur ce dont a véritablement besoin une nation, afin que ceux qui y vivent aient droit au respect, à l’estime, à l’aide des uns et des autres.

Participant depuis plus de 15 ans à différentes activités avec des personnes sans argent, sans abri, la plupart du temps catalogués comme « SDF », je peux témoigner de la richesse du respect mutuel, de la force d’amitié qui peut se nouer avec ces hommes et ces femmes qui dorment dehors et n’ont aucun moyen de vivre autrement.

Si nous mettions davantage nos regards et nos actions au service mutuel des uns et des autres, sans référence à des tendances politiques d’autrefois, simplement en voulant que ceux que nous croisons soient heureux (et nous aussi, évidemment), dans le cadre de nos espoirs de croyants pour ceux qui se tournent vers de Dieu, et nos espoirs sociaux pour ceux qui ne croient pas, la vie pourrait changer.

CE QUI EST ENCOURAGEANT, C’EST LE NOMBRE DE JEUNES QUI SE LANCENT DANS  DES ACTIVITÉS POUR VENIR A L’AIDE A CEUX QUI EN ONT BESOIN !

Encore une utopie ?
Essayons de le vivre, on jugera après.

 

Jean-Michel Touche

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ON A FORT MAL DORMI

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Le théâtre du Rond-Point, à Paris, propose, jusqu’au 12 mars

ON A FORT MAL DORMI

un excellent spectacle à la fois original et « d’une rare lucidité », remarquablement interprété sur scène par Jean-Christophe Quenon !

Le sujet, les SDF, y est abordé d’une manière étonnante et inhabituelle qui nous fait pénétrer dans la pensée de ces hommes et ces femmes, êtres humains comme nous, qui pourtant ne trouvent pas leur place dans la société.

La critique d’Elisabeth Hennebert dans le journal Les Trois Coups présente cette pièce d’une manière aussi juste que le spectacle lui-même, et met en évidence la qualité du texte, celle de la mise en scène et celle du comédien.

p2910050-2000x1125Photo : crédit Cie Coup de Poker

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ESI HALLE SAINT-DIDIER

Dans le cadre des articles destinés à faire
connaître les personnes en grande
précarité, voici le premier,
consacré à l’ESI de la
Halle Saint-Didier.

ESPACE SOLIDARITÉ INSERTION SAINT-DIDIER

Situé dans le 16ème arrondissement de Paris, l’ESI Halle Saint-Didier est un établissement public du Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris, créé en 2001.

Vous trouverez en pièce jointe la fiche technique présentant cet établissement, son rôle et ce qu’il propose aux personnes en état de grande précarité (cliquer sur  FICHE TECHNIQUE ).
Comme vous pourrez le voir, il ne s’agit pas d’un endroit où l’on peut simplement s’asseoir et attendre qu’il fasse moins froid, mais bien au contraire un lieu ou professionnels et bénévoles apportent avec talent et dévouement une aide sociale, d’hygiène, médicale, juridique, psychologique, etc.

C’est également un endroit où l’on s’efforce d’apporter des moments de détente et de joie à ceux qui en manquent cruellement, comme le montrent les photos suivantes.

Merci à Nguyen Thi Tuyet Dung, la directrice de ce centre, et toutes les personnes autour d’elle qui  s’occupent de femmes et d’hommes en grande difficulté,  pour leur travail assidu et l’humanité de leur assistance.

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Merci à la Direction de l’ESI St-Didier
qui a fourni la fiche technique
et les photos.

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APPEL AU SECOURS HEBERGEMENT

Au cours de l’année dernière, le groupe de maraudeurs de Notre-Dame de Grâce de Passy (Paris 16ème) a rencontré, soutenu, aidé une jeune femme roumaine et ses quatre filles (Anna-Maria, 5 ans, Elisa, 7 ans, Lévrétana, 12 ans, et Pétroutsa ,13 ans).

Impossible de rester indifférent devant Yourdana et ses enfants qui, la nuit, dormaient sur le trottoir d’une avenue de Paris, très proprement installées sous une grande couverture. Nous les avons accompagnées dans le peu que nous connaissions de leur vie, et une affection réciproque s’est créée entre nous.

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En septembre, coup de théâtre : Yourdana, que nous rencontrons au cours d’une maraude, nous annonce dans un français très incertain (hélas nous ne parlons pas roumain) qu’elle travaille, son mari également, que la famille est logée et que ses deux plus jeunes filles, qui à présent parlent très bien le français, sont scolarisées dans une école parisienne.

° ° °

MAIS ! . . deuxième coup de théâtre

Aujourd’hui nous apprenons que son mari ne travaille pas encore mais qu’il a pour l’instant une simple promesse d’embauche, et qu’ils ont dû quitter l’hébergement qui leur avait été octroyé.

Aussi l’équipe de maraudes à laquelle j’appartiens cherche une solution d’urgence pour abriter cette famille (2 adultes et 2 enfants) qui peut mettre 100 euros par mois pour se loger dans Paris, de préférence près du 16ème arrondissement.

Je suis conscient que 100 euros ou rien, c’est pareil. Mais que faire quand tout se démolit autour de vous ? Des associations pourront certainement apporter une aide financière. Pour l’instant, l’urgence est de trouver un toit pour Yourdana, son mari, Anna-Maria, Elisa, Lévrétana et Pétroutsa.

Des contacts ont été pris avec le Samu social et l’association Sainte-Geneviève de Paris, ainsi que les acteurs de la Précarité que nous connaissons (mairie du 16ème, Aurore, Aux Captifs la libération, la Croix Rouge, la Conférence Saint-Vincent de Paul etc.)

Si vous avez des idées susceptibles de venir en aide à cette famille que nous assistons autant que nous pouvons, soyez infiniment remerciés !

Jean-Michel

 

 

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