Quand le « Ni moins » l’emporte sur le « Ni plus »

Quelques mots peuvent redonner du sourire (très court récit)

Imaginez l’entrée d’un super marché avec, assis tout près des caddies, Vicenté, un homme d’âge incertain aux vêtements de couleur sombre et en bien mauvais état, la peau bronzée outre mesure, une barbe sauvage, un regard un peu figé et l’air maussade et triste.
Devant lui, une sorte d’assiette dans laquelle se trouvent des piécettes afin de montrer qu’il ne dira pas non si l’on souhaite compléter les quelques centimes qui s’y trouvent.

José s’approche. Il veut faire quelque chose. Mais quoi ?

Alors une simple question sort de ses lèvres : « Bonjour. Vous venez de loin ? »

L’homme s’anime, son visage prend vie, ses yeux se lèvent.

– De Nice.

– Ah ! Comment êtes-vous venu ?

– A pied. C’est cher autrement.

– Eh bien, dites donc, vous aimez marcher, vous !

Le sourire, initialement timide, s’élargit, devient plus clair, et le regard plus vivant.

– Mais avant, ajoute-t-il, j’étais à Santander.

Il s’arrête avant d’ajouter : « Et j’ai commencé la route de Compostelle. »

– Wouha ! s’écrie José. Bravo. Vous l’avez faite entièrement ?

Vicenté tord la bouche. « Non, j’ai eu des problèmes aux jambes, j’ai dû m’arrêter. »

– Bravo quand même, dit José, je vous félicite.

C’est un grand sourire de Vicenté qui termine cette brève conversation, accompagné d’une poignée de main entre les deux hommes.

José s’en va, Vicenté sourit toujours.

Que penser de cette toute petite conversation ?

Pas grand-chose, direz-vous. Pourtant, bien qu’elle n’ait pas duré bien longtemps et que, excepté une petite pièce pour arrondir les autres, elle n’ait rien coûté, elle a permis à Vicenté de sentir qu’il est un être humain comme les autres. Ni plus, c’est vrai, ni moins. Et c’est ce « ni moins » qui a rendu des couleurs à son regard et sans doute un peu de réconfort.

Une manière très facile de « s’aimer les uns les autres. »

A part les prénoms, l’histoire est véridique.

 

Nota : la photo est étrangère à ce récit.
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TROP DE JOUETS ?

Trop de jouets ? Qu’à cela ne tienne !

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La Mairie du 16ème arrondissement organise en ce moment une collecte de jouets jusqu’au 25 novembre.

Si vos enfants ou petits-enfants encombrent leurs placards (et les vôtres) avec quantité de patins, jeux de construction, ballons ovales ou ronds, poupées, legos, billes, patinettes, peluches, voitures, trains, maquettes (et que sais-je encore…  j’allais oublier cordes à sauter, puzzles, skate-boards, sarbacanes et petits soldats, ouf  !), une solution : en porter une bonne partie dans les centres qui collectent des jouets encore en bon état, qu’ils remettent en forme si nécessaire et donnent de votre part aux enfants qui n’en ont pas.

Cela coûte seulement le temps de les mettre dans des sacs et de les porter à ces centres de collecte.

Si vous habitez dans le 16ème arrondissement de Paris, n’hésitez pas, portez-les à la Mairie du 16ème, 71 avenue Henri-Martin. Vous ferez des heureux !

Merci par avance !

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LORSQUE LA VIE S’EPANOUIT

 

 

Même si le soleil brille, le ciel est totalement terne après les attentats récents qui ont semé la mort.
La sauvagerie a voulu éliminer la vie, mais la vie, comme un mystère, ne cesse de renaître.

Parce que nous avons besoin d’ensoleiller la grisaille dans laquelle cherchent à nous entraîner les djihadistes, voici le récit d’un petit moment où s’est mis à fleurir un regard de vie.

° ° °

Il est midi. Depuis un ciel d’un bleu splendide, le soleil inonde le Bassin d’Arcachon et taquine la mer en la couvrant de reflets lumineux que l’eau agite doucement. La vedette ne tardera pas à s’éloigner de la jetée pour traverser le Bassin et rejoindre le Cap Ferret.

Près de nous, sur les genoux de sa mère, un tout jeune enfant. Un petit garçon qui remue sans arrêt, regarde à droite, à gauche, découvrant avec curiosité  tout ce qui l’entoure : les passagers, la jetée, l’eau sur laquelle scintille la lumière de l’été. Sa mère lui passe de la crème sur les joues pour le protéger du soleil. Il se laisse faire mais continue de poser les yeux un peu partout. Son père l’observe avec un sourire de bonheur. Une famille heureuse.

Un coup de sirène annonce qu’il est temps de partir. La vedette se met à rouler doucement tout en s’éloignant de la jetée où quelques personnes adressent des signes de la main à celles et ceux qu’ils ont accompagnés et qui s’en vont.

Alors que le bateau prend le large, une jeune femme vient s’asseoir juste à côté de la maman, avec elle aussi dans les bras un petit enfant, une fille, curieuse elle aussi.

Quand il la remarque, le petit garçon la fixe des yeux, ébahi, presque émerveillé. Il lui tend la main. La petite fille, timide peut-être, lui sourit mais cache ses mains derrière son dos. « J’ose mais je n’ose pas », pense-t-elle sans doute. Le petit bonhomme s’étonne, ne désarme pas, rehausse son sourire d’un cran et tend un doigt vers le vêtement de la petite fille que décorent des rangées de petits poissons de différentes couleurs. Il doit trouver cela très beau car il pointe plusieurs dessins de poissons.

Les deux petits n’ont plus d’yeux que l’un pour l’autre. Bien qu’ils ne parlent pas encore, on dirait que leurs regards remplacent la parole, qu’ils se comprennent et qu’ils s’échangent quelque-chose qui nous échappe.

C’est un peu comme si, devant nous et grâce à eux, la vie fleurissait.

 

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Voici maintenant un autre texte, écrit par un ami qui a préféré garder l’anonymat :

SOROLLA ET L’AMOUR

Comme les deux enfants sur le bateau, ce texte donne le goût de la vie.

Après avoir visité l’exceptionnelle exposition Sorolla à Giverny ce jour, je comptais vous en faire la promotion ce soir par un courriel. Mais dans un premier temps j’ai songé à y renoncer tant pouvait paraître dérisoire, voire déplacé, de parler d’une exposition de peinture dans un nouveau moment tragique et désespérant. Et puis à la réflexion j’ai au contraire réalisé que cette peinture nous transmettait le message dont nous avions besoin.

Sorolla ne peint pas des paysages, il peint des personnages dans un paysage. Il rend la lumière, les couleurs et la transparence de la mer, le naturel et la justesse des attitudes de façon incomparable. Inexplicablement, le sentiment de ses personnages illumine ses tableaux. Sorolla aime sa femme, ses enfants, ses proches, les gens simples, des pêcheurs, des ouvrières, des prostituées, il aime la nature, le ciel, la mer, la lumière. Il peint la joie et la force de la vie. Il aime la vie. Sorolla, c’est un regard d’amour. Tout ce qui manque tant dans notre monde désemparé.

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Alors courrez à Giverny. L’exposition dure jusqu’au 6 novembre.

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Merci à l’auteur de « Sorolla et l’amour » et à la photographe pour sa photo.

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LE BONHEUR N’A PAS D’ÂGE

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– Dis, Papa, dis, Maman, c’est quoi le bonheur ?

A cette question, comment ne pas sourire avec tendresse à l’enfant qui la pose ?

– Mais le bonheur, mon enfant chéri, c’est . . .

Eh bien oui, nous avons aussitôt des milliers de choses à dire, que l’on ressent, que l’on veut partager, et pourtant nous voici hésitants, craignant d’être maladroits, de ne pas savoir nous exprimer clairement.

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Après tout, c’est vrai, c’est quoi, le Bonheur ? Le blog proposera dans quelque temps d’y réfléchir. Pour l’instant, restons à la question de l’enfant.

Si les mots vous manquent pour tout dire, si les images ne vous viennent pas à l’esprit aussi vite que vous l’auriez souhaité, ouvrez deux livres, « LES LUNETTES DU BONHEUR » et « LES AUTRES », tous deux publiés par les EDITIONS DU JASMIN.

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Montrez les images à l’enfant qui vous a questionné (3 ans, 4 ans ou plus, elles peuvent également nous amener, nous adultes, à réfléchir), les mots vous viendront pour les commenter.
Lorsque vous découvrirez cette phrase : « Parfois il faut bien chercher car le bonheur aime se déguiser », vous en aurez, des choses à dire !

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LES LUNETTES DU BONHEUR , de Denitza Mineva

LES AUTRES, d’Orianne Lallemand, illustrations de Servane Havette

aux EDITIONS DU JASMIN

 

 

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JOYEUX NOËL !

Croyants (de toutes religions) et non-croyants, que Noël soit pour vous tous un temps de paix, de réflexion sur la beauté de la vie, sur la joie de s’aimer les uns les autres !

Que Noël ouvre nos yeux et nous aide à porter sur chacun un regard de respect et d’estime.

Et nous, Chrétiens, que la célébration de la Nativité ravive notre espérance et notre bonheur de nous savoir aimés par Celui qui est venu sur terre partager notre vie !

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SOYEZ HEUREUX !

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Photo © Jean-Michel Touche

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FRANCE, JE T’AIME !

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Ce qui vient d’arriver en plein cœur de Paris
Eveille en moi une impression étrange et neuve,
Souvenirs par milliers comme un immense fleuve,
Des sourires partout pour saluer la vie.

Alors je sens, Ô mon pays, combien je t’aime !

Je revois comme un hymne ce qui m’a façonné :
Les routes, les montagnes, les côtes de la mer,
Les vagues, les brebis, les vaches dans les prés,
Même les pins des Landes dont j’étais si fier.

Alors je sens, Ô mon pays, combien je t’aime !

Avec tes campagnes, tes levers de soleil,
Tes ruisseaux poissonneux et tes jours de brouillard,
Tes artistes nombreux au service de l’art,
Tout ce qui, dans la vie fait que l’on s’émerveille,

Tout, la France, l’amour, la beauté des regards,
La main qui vient aider celui qui n’y voit plus,
Et les yeux qui se posent, souriants et émus
Sur un enfant nouveau, peut-être un peu braillard.

Ô France, mon pays, je t’aime !

Je revois les montagnes émergeant de la brume,
Se dressant vers le ciel pour chercher à comprendre
D’où vient cette beauté vers laquelle on veut tendre,
Comme un cierge nouveau que notre main allume.

Ô France tu es belle et je t’aime !

Je vois des souvenirs venant de ma jeunesse
Me prendre par la main pour me faire comprendre
Ce qu’il y a de beau et que l’on doit défendre,
Ce qui marche en avant et demande promesses.

Ô France, je promets que je t’aime.

Je vois les champs de vignes et les arbres fruitiers,
Je me sens appelé par tous les territoires,
Ceux qu’on voit le matin et ceux qu’on voit le soir,
Comment croire qu’un jour on pourrait t’oublier ?

France, Je t’aime.

Tu es mon pays, mes racines et ma terre,
Tu es mon ciel d’étoiles autant que mon soleil,
Tu es mon espérance, je ne peux plus le taire.
Lorsque je pense à toi, tu sais, je m’émerveille.

Alors je sens, Ô mon pays, combien je t’aime.

J’ai vu des bidonvilles à la fin de la guerre,
Des gens vivant de rien, aujourd’hui comme hier,
Des gens tendre la main pour demander de l’aide,
Un peu, tout petit peu de ce que l’on possède.

J’ai vu des gens âgés, d’autres encore enfants
Donner ce qu’ils avaient à tous ces malheureux.
Parfois rien qu’un sourire. C’est peut-être très peu,
Mais une merveille pour tous les indigents.

J’ai vu pousser le blé sous le plus beau soleil,
J’ai vu d’énormes plaies après de lourds orages,
J’ai vu également la beauté des abeilles
De pétale en pétales, de vols en effleurages.

Ô France, si tu savais à quel point tu es belle !

J’entends sonner encore les cloches des églises,
Les cris de vie de nos enfants dans les écoles,
Les échanges parfois de trop vives paroles
Qui poussent les bavards à de lourdes sottises.

Pourtant par-dessus tout, Ô France mon pays,
L’amour pousse partout, qu’il suffit de glaner.
Si quelques fous furieux cherchent à nous tuer,
Ils sont bien plus nombreux tous ceux qui nous envient !

La langue de Molière est celle de mes frères,
Qu’ils soient d’anciens Français ou des Français récents.
Une langue qui dit, quel que soit notre accent,
Soyez heureux, amis. C’est un vœu très sincère.

Ouvrons nos cœurs à tous, sachons les accueillir,
Partageons notre histoire avec celle des autres,
Echangeons nos idées, aidons-nous à sourire,
Pour que mon bonheur, amis, soit aussi le vôtre.

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Oui France que j’aime, que tu sois brune ou blonde,
Sache que tu es le plus beau pays du monde !
T’aimer pour ton passé et pour ton avenir
C’est aujourd’hui cela que je tiens à te dire !

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Texte et Photos © Jean-MichelTouche

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Paris la nuit, moment de vie

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C’est une nuit de printemps, une nuit de mai.

Discret, un croissant de lune orne l’obscurité du ciel au-dessus de Paris. Un air limpide rehausse la lumière.

Il y a foule. On parle fort, dans toutes les langues, on traverse, on marche à grands pas, on regarde, on s’étonne, on admire. Beaucoup de monde sur les quais. Trouver une place pour une voiture relève de l’impossible. Et pourtant, en voilà une. Après d’interminables zigzags dans les rues étroites de l’Île de la Cité et de l’Île Saint-Louis, maigrement éclairées par de bien timides réverbères, voilà la place rêvée, au bout du parvis de Notre-Dame. Etroite, peut-être, et petite, mais ce n’est pas le moment de faire le difficile.

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Cinq minutes plus tard, c’est le bord de Seine. Adieu les gesticulations sur les trottoirs envahis. Assis à même les quais, certains presque les pieds dans l’eau tant ils sont prêts du fleuve, discutent, boivent, écoute un ami qui gratte la guitare. Quelques mètres plus loin, formant un cercle, une dizaine de jeunes discutent sur les sujets qui les préoccupent, tout en buvant je ne sais quoi et en grignotant leurs sandwichs.

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Paris prend un aspect mystérieux, superbe, vu depuis la Seine qui s’agite et frémit au passage des bateaux-mouches. Plus encore en passant sous les ponts. On dirait un autre monde. Les couples que l’on croise s’adorent pour la vie, et l’on se sent gêné de passer si près d’eux. Tout pour ne pas être indiscret. Ils s’en fichent et restent dans leur bulle, indifférents à tout sauf à leur amour. Passez, bateaux-mouches, ils vous ignorent !

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Plus loin, originaires d’Afrique, deux hommes rigolent en voyant un photographe.
– Tu nous prends en photo, dis donc ?
– Pourquoi pas ? Mais ça serait mieux avec du soleil.
D’autant que nous nous trouvons dans un passage des quais totalement obscur. Je ne vois rien !
– C’est vrai, ça serait mieux avec du soleil » commentent-ils en riant.

Ils ont ce rire si gai, si entier, si jovial, parfaitement inimitable des Africains, qui faisait mon bonheur lorsque je vivais au Congo. Un rire plein de joie et communicatif ! Nous rions tous les trois.

– Nous, on est nés ici, » indique l’un des deux hommes. Puis il tire son chapeau et m’octroie un salut tout à fait théâtral. Nous nous serrons la main, et les deux amis continuent leur promenade pendant que je prends le chemin inverse.

– Ils sont drôles !

Surpris, je regarde l’homme qui vient de s’exprimer. Un jeune (vingt-cinq ans trente ans ?), en chemisette, une canette de boisson à la main, Coca-cola ou autre chose, je ne sais pas. Et nous voilà partis tous les deux. Quand je lui demande s’il habite Paris, il me répond:

– Non. Je suis Algérien. Une partie de ma famille habite en Algérie, comme moi, une autre en France. Je viens souvent la voir. » Il se tait puis ajoute « En général je vais à Lyon. »

Alors il part dans un long monologue. Nous ne nous connaissons pas, pourtant il me dit tout sur sa famille, ou presque. Il parle avec déférence de son grand-père, Algérien bien sûr, qui, après la deuxième guerre mondiale, a combattu au Vietnam aux côtés de l’armée française. Revenu gravement blessé aux deux jambes, il s’est retrouvé sans rien, vivant très pauvrement, sans être reconnu pour son courage.

– Et puis un jour, sourit mon interlocuteur, il a reçu la Légion d’Honneur. Une vraie joie.

Il est très fier de m’annoncer cela. Je lui réponds qu’il a raison.

Encore dix ou vingt mètres et nous arrivons devant les marches qu’il faut emprunter pour remonter sur les quais d’en-haut.

– Monsieur, me dit-il, je m’appelle Salah (Droit, loyal). Et vous?
– Moi, c’est Jean-Michel.

Il me sourit, me tend la main. Nous nous quittons, sans doute pour ne plus nous revoir. Pourtant, de ces deux rencontres inattendues, lui et les Africains, je conserve un souvenir joyeux. Peut-être rirez-vous, mais c’est cela la vie à laquelle nous sommes invités. De l’écoute, du respect mutuel, un partage simple sur les choses simples de la vie, un moment de bonheur tranquille que je voulais partager avec vous, lecteurs du blog !

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Pour voir l’ensemble des photos prises durant cette promenade nocturne le long de la Seine, cliquer sur PARIS LA NUIT (bords de Seine)

Texte et Photos © JMTouche

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