DANS L’ATTENTE DE NOËL !

Chaque jour, une ou plusieurs photo(s) de Noël à découvrir en cliquant, au choix, sur

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ou DANS L’ATTENTE DE NOËL !

Si vous aimez, n’hésitez pas à partager ces photos avec vos amis.
Plus nous serons nombreux à les regarder, plus nous serons nombreux à fêter dans la joie la NAISSANCE DE JÉSUS !
Que nous nous connaissions ou pas, IL  est venu pour nous tous.

Photo du 5 décembre

La dame depuis sa fenêtre : « Il paraît qu’on attend un nouveau-né ?
C’est pour bientôt ? »

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.Photo du 6 décembre

La foule, très excitée :

« Oui, il paraît qu’il va y avoir une naissance, mais on ne sait pas où ni dans quelle famille. Peut-être des nomades ? C’est ennuyeux pour eux, tous les hôtels sont pleins !
Si le petit naît dans la rue, ça ne sera pas marrant pour les parents. Pour lui non plus, d’ailleurs. »

 

Photos du 7 décembre
La foule (suite) : « C’est vrai, chaque année on nous l’annonce. Mais pas pour aujourd’hui. Ça serait plutôt vers la fin du mois. »

(7 décembre) (voir plus bas les photos des jours précédents)

Photo du 8 décembre

L’annonce de cette naissance à venir est une joie pour tous. Certains la chantent.

Photo du 10 décembre

Tiens, vous entendez ? On dirait qu’une musique vient du ciel ! C’est surprenant, vous ne trouvez pas ?

 

 

 

 

 

 

 

 

LE TABLEAU RETOURNÉ (conte de Noël)

Un conte écrit en 1996, étrange (mais un conte se doit de l’être, à quoi servirait-il autrement ?), à découvrir petit à petit avant Noël.

Vous plaira-t-il ? Je ne puis le dire… mais je l’espère !

 

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LA DÉCOUVERTE DU TABLEAU

Entrez donc, monsieur, vous le verrez mieux de l’intérieur.”

Gabriel rougit de surprise, se redressa, sourit, répondit “Oui, euh! non. Enfin oui, pourquoi pas ?” et il pénétra dans la galerie.

– Ce tableau vous intrigue, n’est-ce pas ? Ça fait plusieurs fois que je vous vois l’examiner.

Un peu gêné d’avoir été remarqué, Gabriel se contenta de sourire. Depuis des semaines, c’est vrai, il faisait fréquemment un détour afin de passer devant la galerie Félicien et de s’arrêter un moment pour regarder cette grande toile sombre, empreinte de mystère. Il se sentait attiré par cette composition curieuse dont il cherchait à deviner le sens, mais les reflets de la vitre masquaient en grande partie les détails essentiels.

Suzanne son épouse, à qui il avait tenu à montrer le tableau un jour où le vent d’est soufflait désagréablement, l’avait vivement refroidi en décrétant tout à trac :

– Mais c’est horrible, mon ami, ça n’a ni queue ni tête, ce tableau. D’abord qu’est-ce que ça représente ?

– Je n’en sais trop rien, avait répondu Gabriel. Mais avouez que c’est étrange : on dirait qu’il se passe quelque chose, un événement exceptionnel, mais que le peintre a voulu seulement éveiller notre curiosité et puis… plus rien, comme si nous devions rester sur notre faim.

– Ce que je trouve étrange, rétorqua Suzanne, c’est l’effet que produit cette chose sur vous.  Alors écoutez, mon ami, regardez-la tant que vous voulez, mais moi je suis gelée, je rentre.
Puis  elle avait ajouté, un rien autoritaire, “Vous venez ?”

Gabriel avait souri comme d’habitude car il souriait beaucoup, mon grand-père. C’est un homme qui ne se fâchait jamais. “Allez devant, Suzanne, je vous rejoins.”

° ° °

Gabriel et Suzanne sont mes grands-parents. Des grands-parents adoptifs, en réalité, car mes parents m’ont recueilli petit enfant sans savoir très exactement d’où je venais. J’ignore tout de mes origines mais qu’importe : ma vraie famille c’est celle avec laquelle je vis. Voilà, vous savez tout de moi. Je ne trouve rien d’autre à dire parce que vraiment, quand je me regarde dans une glace, je ne vois guère de traits particuliers à vous signaler. A l’exception peut-être de mes cheveux bruns et bouclés qui tranchent sur la blondeur naturelle de mes parents. Ah! j’oubliais : mon père se prénomme Gervais et ma mère Felicity (elle est Anglaise). Moi, c’est Hubert.

° ° °

Mais revenons donc à ce jour de printemps où Gabriel put se pencher tout à loisir sur ce curieux tableau.

– Puis-je vous offrir une tasse de thé ? proposa l’homme de la galerie.

– C’est trop aimable, je ne voudrais pas abuser…

– Pas du tout, pas du tout. Permettez-moi de me présenter : René Félicien. Je suis le propriétaire de cette galerie et mon père l’était avant moi.

Mon grand-père se présenta à son tour et les deux hommes se serrèrent la main.

– Je suis très heureux que vous soyez ici, cher Monsieur. Figurez-vous que ce tableau m’intrigue et je me réjouis de l’intérêt que vous semblez lui porter.

Gabriel, amateur de peinture averti, ne comprenait rien à cette toile. L’opacité qui ombrait fortement le tableau ne correspondait à aucune école, aucune époque, aucun style.

– De quoi s’agit-il exactement ? finit-il par demander.

– Je n’en sais rien. J’ai trouvé ça dans un grenier, au milieu de quelques belles pièces. Apparemment, personne n’en connaissait l’existence. Au premier abord j’ai pensé qu’il s’agissait d’un tableau de la Renaissance abandonné sans soin et meurtri par les siècles. Regardez tous ces personnages. Malgré cette espèce de croûte sombre qui gâche la toile, n’évoquent-ils pas les fresques dont regorgent les musées de Sienne et de Florence ? Et cet homme, au premier plan sur la gauche, voyez comme il se détache du reste de l’œuvre.

Gabriel porta son attention sur un jeune homme que les reflets de la vitre empêchaient de voir depuis la rue. Un beau jeune homme au visage d’une finesse extrême, qui se tenait debout, sur la gauche de la toile. Il portait un vêtement de couleur indéfinissable et son visage penché du côté gauche paraissait regarder quelque chose ou quelqu’un. Mais il n’y avait rien à l’endroit où se posait son regard.

– C’est étrange, n’est-ce pas ? On dirait que le peintre n’a pas eu le temps de terminer la scène.

– C’est curieux, très curieux ! fit mon grand-père de plus en plus excité.

 

Le tableau, fort sombre, représentait un paysage de nuit. Le jeune homme au beau visage se détachait sur une masse foncée, une sorte de rocher à côté duquel se dressaient des cyprès. De la partie supérieure droite du tableau descendait une longue colonie de personnages qui avançaient en dessinant des sinuosités, sans que l’on parvînt à distinguer les traits des hommes et des femmes qui composaient cette foule en marche.

– Incroyable, s’exclama Gabriel, ce tableau nous cache quelque chose. De quoi peut-il bien s’agir ? Et ce jeune homme aux yeux tournés vers on ne sait quoi… ou on ne sait qui…, comme il est beau! Comment avais-je pu ne pas le voir depuis la rue ? Vous allez rire : il me rappelle…  Ah! oui, c’est stupéfiant.… Sait-on le nom du peintre ?

– J’ai cherché longtemps et j’ai fini par trouver quelque chose. Mais là encore c’est le mystère. Regardez, cher Monsieur, là, en bas à droite. Vous ne voyez rien ?

Les deux hommes s’accroupirent, mon grand-père chaussa ses lunette tandis que René Félicien releva les siennes sur son front et montra du doigt une zone du tableau que Gabriel se mit à fixer attentivement.

– Ça y est ! s’écria Gabriel dans un état d’excitation avancé. Ça y est, je le vois. Mais je ne distingue pas tout. Voyons, on dirait “Umbr…o, Umbr…a” quelque chose.

– Félicitations,  Monsieur, moi je n’étais pas arrivé à lire quoi que ce soit.

– Attendez, attendez, reprit Gabriel. Voilà, j’y suis. C’est “Umberto da…”

– Da quoi ?

– Da… rien. Il n’y a rien d’autre. Enfin si, peut-être. mais le reste du nom est caché par un trait de peinture brune. Je suis certain que quelqu’un a voulu masquer partiellement le nom du peintre.

– Ah ! Monsieur, Monsieur… bégaya René Félicien, c’est inouï, je possède ici une autre toile signée “Umberto da…” mais de façon beaucoup plus lisible. Et comme sur celle-ci le reste du nom a été masqué par une peinture épaisse. Ah ! Monsieur, venez voir.

René Félicien se précipita vers l’arrière de la galerie, déplaça fébrilement plusieurs toiles et finit par trouver celle qu’il cherchait. Il la prit avec soin, la tint à bout de bras un bref instant puis l’installa sur un chevalet. Il tourna ensuite sa belle tête grisonnante vers mon grand-père et demanda :

– Qu’en dites-vous ?

Gabriel resta muet de saisissement, incapable de prononcer le moindre mot.

– Alors, Monsieur, qu’en pensez-vous ?

René Félicien ne tenait plus en place. Il marchait de droite à gauche, de gauche à droite, s’approchant de mon grand-père, prenant ensuite du recul pour admirer l’œuvre qu’il venait de tirer de ses trésors.

Gabriel murmura : “C’est extraordinaire…”

Posée sur un chevalet, une jeune femme peu vêtue regardait timidement les deux hommes, dans une attitude pudique. Et cette jeune femme ressemblait à s’y méprendre à la Vénus de Botticelli.

 

René Félicien et mon grand-père ne cessaient de pousser des petits “Oh !” et des petits “Ah !” Quand ils reprirent leurs esprits ils se penchèrent pour déchiffrer la signature. A n’en pas douter c’était bien “Umberto da…”, comme sur la grande toile de la galerie. Les deux hommes pensaient la même chose, et d’émotion, eux qui ne s’étaient jamais rencontrés auparavant, ils s’embrassèrent. C’est vous dire l’effet qu’avaient produit sur eux ces deux toiles !

Le tableau de la jeune femme, comme la grande toile mystérieuse, avait souffert de l’agression du temps, des taches d’humidité dessinaient comme les contours d’un puzzle sur le corps laiteux. René Félicien avançait par instants la main pour essuyer la toile mais la retirait immédiatement par pudeur.

 

– A votre avis, Monsieur Félicien, demanda mon grand-père, cette toile est-elle antérieure ou postérieure à celle de Botticelli ?

René Félicien fit une moue, écarta les bras, se racla la gorge et dit “Ça va vous paraître fou, cher Monsieur, j’aurais tendance à dire que cette toile est antérieure.”

– Alors… qui donc est Umberto ?.
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.A

La suite dans quelques jours.

© Jean-Michel Touche

Seco,d épisode : cliquer sur   LE TABLEAU RETOURNÉ (2)

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AMAZON et LES MESSAGERS DE L’ALLIANCE

AMAZON met en place des Pages réservées aux auteurs pour les présenter et présenter leurs livres.

Elle permet de découvrir l’ensemble des commentaires des lecteurs. Si vous avez la curiosité de découvrir celle qui me concerne, cliquez sur Page Auteur JMT .

Et si vous ne connaissez pas encore Les Messagers de l’Alliance, découvrez ci-dessous ce que pensent les lecteurs de cette saga qui ont publié leurs commentaires sur Amazon. Ils ne vous laisseront sans doute pas indifférents.

 

Commentaires des lecteurs sur Amazon

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Passionnant

On vit l’histoire avec ces 3 enfants comme si on était avec eux! je le conseille à partir de 10 ans

J’achète beaucoup par l’intermédiaire d’AMAZON, pratique, rapide, efficace, vendeurs consciencieux, articles impeccables.
J’ai été particulièrement satisfaites de :
Les messagers de l’alliance (Prodiges en Galilée – la porte du Royaume- l’oracle de Babylone – Menace sur le temple.)

Un saut dans la bible

Ce livre suit les grandes étapes de la bible. Le mélange d’aujourd’hui et d’hier est un peu trop hachuré. On passe d’une histoire biblique à une autre en suivant la chronologie. C’est un livre bien écrit et qui peut permettre à un enfant de vouloir aller plus loin, les références bibliques sont indiquées.

Magnifique!

Enfin un peu de repos pour les trois collégiens Nicolas, Caroline et Frédéric ? Après avoir vécu « en direct » à Jérusalem, la mort et la Résurrection de Jésus, ils mériteraient bien un peu de tranquillité chez leurs parents ! Eh bien, non : les voilà encore une fois – la dernière, leur assure leur ange gardien – renvoyés dans le passé pour vivre avec les premiers chrétiens les temps difficiles et enthousiasmants des débuts de l’Eglise. Comment échapper à Saül, ce juif si déterminé à les pourchasser ? L’apôtre Pierre ordonne aux trois jeunes de partir à Damas avec la première caravane. Les aventures vont commencer quand ils découvriront que  » l’homme de Tarse  » fait partie de l’expédition…
Ce sont bien sûr les Actes des Apôtres qui sont revisités dans ce dernier tome. Les voyages de Pierre et Paul révèlent leur personnalités et l’importance de la Bonne Nouvelle de Jésus. Pierre, le courageux apôtre, devient un exemple magnifique de chef de l’Eglise, soucieux de son unité. Paul, le converti, le teigneux, le tisserand, l’infatigable marcheur, donne une leçon essentielle : rien ne doit empêcher un chrétien de témoigner de ce trésor qu’est la Parole de Dieu.Tout s’éclaire à la dernière page qui donne « la pointe » des 7 tomes : Nicolas en personne invite le lecteur qui a partagé avec lui toutes ces aventures, à réfléchir sur le sens de sa vie : à son tour, a-t-il envie d’être un Messager de cette Alliance que nous propose le Dieu de Jésus Christ ?
Un vrai programme, une mission, qui peut animer ou ranimer la foi de beaucoup d’adolescents.

L’Ancien Testament vivant

Très bien écrit, ce récit romancé très vivant met en scène des jeunes collégiens qui se retrouvent projetés dans le passé, au temps de Noé, et qui vivent ces épisodes « en direct ». Très bien documentée, cette histoire rend les choses plus concrètes pour les enfants qui peuvent se les approprier, et même pour nous parents (et catéchistes) c’est très bénéfique !

Un voyage au sein de la bible

Comme les 4 volumes déjà parus, Le Tome 3 des messagers de l’alliance nous entraine dans l’histoire biblique de façon plaisante et facile à aborder.
A lire par les adolescents ou par les adultes qui cherchent une approche plus facile de l’histoire sainte.

Tome 2 aussi réussi que le Tome 1

Toujours la même qualité d’écriture, de finesse. Le mot et le ton juste pour nous entraîner au cœur de la bible d’une façon originale. Cette série est incontestablement à découvrir !

 

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.Découvrir ces commentaires, pour un auteur, c’est évidemment une joie !
Je me suis permis de mettre certaines phrases en rouge.

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Hommage aux femmes en Orient (Œuvre d’Orient)

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Dans sa Newsletter du mois de juillet, Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, fait un magnifique hommage aux femmes en Orient.

Pour en prendre connaissance, un simple clic sur

Newsletter Œuvre d’Orient

Vous pourrez découvrir également trois très beaux témoignages de femmes en Orient, avec cette phrase qui, à tous, donne à réfléchir :  « Comme Marie lors de la Visitation, on peut porter Jésus non pas en paroles mais en actes. »

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DANS LA JOIE DE PÂQUES

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Dans la joie de la résurrection, dans l’espérance de la vie véritable à laquelle nous sommes tous invités, dans le courage qui nous vient du Seigneur pour pardonner, respecter, estimer et plus encore aimer, échangeons notre flamme, les uns les autres, pour que sourires remplacent larmes et qu’amour remplace haine.

Après la question que pose le Christ
d’année en année. . .

Ô mon peuple, que t’ai-je fait ?     
En quoi t’ai-je contristé ?
Réponds-moi !..

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. . . Rapprochons-nous pour échanger cette flamme qui illuminera nos vies.

Dans la joie de cette fête sans pareil,
que Pâques apporte à tous
une inspiration et un bonheur nouveaux.

JMT

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La photo du Christ a été prise dans le Trésor
de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

VŒUX POUR 2017

Comment donner de la valeur
à l’année 2 0 1 7  ?

 

voeux-2017_modifie-1

Après une année ambigüe, dramatique pour les habitants du Moyen Orient, difficile pour beaucoup, marquée par la violence de la nature et trop souvent par celle des humains, que sera l’année 2017 ?

Question à laquelle, bien sûr, il est difficile de répondre.

Alors voici une idée sur laquelle réfléchir : aider les autres à être heureux est une manière de l’être soi-même. Pour les chrétiens, cela s’appelle « Aimez-vous les uns les autres ».

Sur cette base, que 2017 soit pour tous une année d’expériences enrichissantes, de rencontres heureuses, de paix, une année avec, comme fleurs pour les jardins de nos vies, d’innombrables sourires.

Et toutes mes amitiés à celles et ceux que je ne peux plus joindre que par l’intermédiaire de ce blog car vous êtes trop nombreux pour que je sois en mesure de vous écrire individuellement !

Jean-Michel

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Photo © Jean-Michel Touche

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PASSAGE D’EPHRATA – Conte de Noël (7ème et dernier épisode)

 

Copyright 2012 JMT

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Paris, le 25 décembre au matin

Le jour se levait et donnait à la ville cet air un peu défraîchi que prend tout petit matin aux yeux des mal-éveillés.

Ils débouchèrent du passage d’Éphrata, sur­pris de retrouver les vitrines encore illuminées, les réverbères enveloppés de brume, les sans-abris couverts de vieux cartons.

Marie, la première, passa la tête, suivie d’Emmanuel qu’elle regardait avec admiration depuis qu’elle avait découvert le sens de son prénom. Le professeur venait ensuite, précé­dant de peu Geneviève et Jean-Baptiste.

– Et Samuel ? s’enquit Jean-Baptiste en re­gardant derrière lui.

– Samuel ? Il est resté là-bas, répondit le professeur.

– Pourquoi ?

– Peut-être sa mission est-elle achevée ? Peut-être même est-elle confiée à quelqu’un d’autre ?

– À qui ça ? s’étonna Jean-Baptiste.

– J’ai mon idée… murmura le professeur.

Un couple, qui avait copieusement fêté Noël, traversa le boulevard entre deux feux. La femme riait aux éclats, faisant des mouli­nets avec son sac. L’homme titubait un peu. Il avait l’alcool triste et pleurait, prononçant des propos incohérents, promettant de ne plus jamais… Et il s’arrêtait net.

– Plus jamais quoi ? interrogeait la femme en riant de plus belle.

– Non, plus jamais !…

° ° ° ° ° ° ° ° ° °

Coup de klaxon furieux. Bruit de freins. Portière qui s’ouvre.

Un homme qui se précipite vers le couple renversé, un hurlement de femme !

Des cris ! En fait, plus de peur que de mal. La voiture ne les a que frôlés.

L’homme et la femme se relevèrent péni­blement, s’appuyant sur Jean-Baptiste et le professeur arrivés en courant.

– Salaud ! hurla l’homme à l’intention du chauffeur. « On vit dans un monde de salauds, mon vieux ! » reprit-il en se cramponnant à Jean-Baptiste. « Tout le monde ment, mon vieux, tout le monde se fout de tout le monde. Mais pourquoi… pourquoi ? Je te demande un peu ! »

C’était un grand type, jeune encore, qui pesait au bras de Jean-Baptiste.

– On nous ment, mon vieux, continua-il en essuyant son manteau de la main pour effacer les traces de sa chute. « Noël ? Je t’en fous, ouais ! On nous promet la fête, le réveillon, le rêve. Mais y a rien, mon vieux après la bouffe, y a rien du tout ! Tu te retrouves tout seul. Une fois que tu as donné ton fric, tu n’intéresses plus personne. »

La femme le rejoignit, fou rire éteint, ma­quillage délavé, regard triste.

– Allez, viens. C’est Noël quand même, non ?

– Non ! C’est fini, Noël ! Il n’y a plus de Noël ! Ça n’a jamais existé, Noël. C’est fini, je te dis.

Jean-Baptiste se mit à rire. « Je crois au contraire que tout commence », confia-t-il à l’oreille de l’homme. « Venez, tous les deux ! »

Impressionnés par son calme, surpris par l’éclat presque lumineux de son sourire, l’hom­me et la femme le suivirent et marchèrent avec lui en direction de la vitrine du magasin puis du passage d’Éphrata.

– Où nous conduis-tu ? interrogea la fem­me.

– Allez, répondit Jean-Baptiste en les invi­tant à pénétrer dans la ruelle étroite. Allez, marchez tout droit et vous découvrirez la révélation de Noël. Quand vous serez parvenus à Ephrata, vous comprendrez tout.

Alors sans se retourner, sans plus rien dire, le couple, et à sa suite un flot de passants sur­gis d’on ne sait où, se mit en marche. Tous s’engagèrent dans le passage étrange au bout duquel un enfant nouveau-né, dans les bras de sa mère, les attendait.

 

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Ainsi s’achève  PASSAGE D’EPHRATA

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© Jean-Michel Touche

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Episode 1
Episode 2
Episode 3
Episode 4
Episode 5v
Episode 6

Pour en savoir davantage sur Noël

 

 

 

 

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