Morts pour la France

Le 19 juillet, aux Invalides, la Nation a rendu un hommage solennel aux soldats qui viennent de perdre la vie en Afghanistan, soldats morts pour la France.
Un hommage mérité, rendu à des hommes qui, pour reprendre les propos tenus le 14 juillet par le Président de la République, en s’engageant ont donné un sens à leur vie. À travers eux, ce sont tous les militaires qui ont été honorés. À juste titre.


Si vous n’avez pas entendu la magnifique homélie de Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées, en voici le texte. Il mérite d’être tout à la fois lu et médité.

Homélie de Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées

(1. Le flot de nos sentiments)
C’est du cœur que partent nos paroles. Laissons notre cœur marquer d’abord nos paroles avec les sentiments qui l’habitent.
Parmi ces sentiments, il y a bien sûr une peine immense : comment ne pas être profondément et personnellement atteint par la disparition de 7 jeunes hommes et derrière eux 63 autres, fleurons de notre nation, fils de nos familles, camarades de nos unités ?

Mais dans cette peine se glissent d’autres sentiments. Car la tristesse n’arrive pas seule quand nous sommes en face de ces cercueils recouverts de notre drapeau. La douleur n’étouffe pas la palpitation de la fierté : une sobre mais grande fierté nous habite parce que ces hommes là ne sont pas décédés par accident ou de maladie. Ils sont morts pour la France. Notre admiration pour leur courage se transforme en fierté d’appartenir à ce peuple, à ce grand corps aux mille visages dont les membres sont capables de donner leur vie pour ceux qu’ils aiment. Nous avons raison d’être fiers quand notre équipe nationale triomphe sur les stades. Mais nos joueurs n’y risquent que leur réputation. Ici, nos soldats jettent leur vie devant nous. C’est là leur noblesse de soldat, c’est là notre grandeur de Français.
(2. Etre militaire)
Cette noblesse du soldat nous invite à redire ce que signifie être militaire : être militaire, ce n’est pas d’abord être disponible ou même porter les armes. Etre militaire, c’est avant tout ne plus s’appartenir, ni même appartenir à sa propre famille : j’ai conscience de la dureté de ces propos en présence de nos familles éprouvées par le deuil. Etre militaire, c’est appartenir à la Nation. Exister et agir pour elle. Vivre et mourir pour elle. Et ceci nous renvoie à notre histoire.
En 1919, une énorme question s’était posée : devions-nous enterrer nos morts ensemble dans des cimetières nationaux ou rendre aux familles les corps identifiés ? La polémique fit rage. Le père Doncoeur militait avec d’autres pour que restent ensemble ceux qui avaient péri ensemble. Dans un texte intitulé « Champ d’honneur », il écrivait cet émouvant appel aux mères et aux veuves :
« Il est mort au champ d’honneur,
Vous l’enlevez du champ d’honneur
Vous lui ravissez sa gloire
Et vous vous décevez. » (Paul Doncoeur Aumônier militaire, éditions de la Loupe, pages 179)
En 1920, la France va finalement rassembler ses morts dans d’immenses mausolées dignes de l’héroïsme de ces fils. Nous ne sommes plus en 1920, mais nous restons de ces hommes fixés sur l’éternel militaire : vivants ou morts, nous appartenons à notre Patrie plus qu’à nos proches. Etre soldat ne relève pas de la sphère privée même si à la base il y a un choix personnel.
Alors que certains s’interrogent sur l’opportunité d’aller mourir pour les Afghans voire pour rien nous répondons inlassablement : c’est pour la France que nous mourons.

Ici ou au bout du monde : ce n’est pas la première fois que nos soldats meurent pour la France ailleurs qu’en France.
(3. C’est un oiseau qui vient de France)

Puis-je justement illustrer ce propos avec une chanson créée en 1885 et intitulée : «C’est un oiseau qui vient de France » ? Ce chant raconte l’histoire d’un oiseau qui «dans une bourgade lointaine, vint montrer son aile d’ébène.» Le voyant virevolter au-dessus d’un territoire ennemi et dangereux, l’enfant, le vieillard puis la fillette, tous trois aux cœurs palpitant d’espérance, s’écrient successivement : « sentinelles, ne tirez pas. C’est un oiseau qui vient de France. » Ils ne seront pas entendus ainsi que le dit le dernier couplet :
« Il venait de la plaine en fleur
Et tous les yeux suivaient sa trace,
Car il portait nos trois couleurs,
Qui flottaient gaiement dans l’espace.
Mais un soldat fit feu,
Un long cri part et l’hirondelle,
Tout à coup refermant son aile,
Tombe expirante du ciel bleu. »
Et le refrain conclut :
« Il faut au cœur une espérance,
Rayon divin qui ne meurt pas,
Mais l’oiseau qui chantait là-bas,
Ne verra plus le ciel de France. »

« Il faut au cœur une espérance. » Sinon comment résister ?
L’espérance est à portée de main : sachons la cueillir au bord de notre route. Elle porte en elle la certitude de la vie qui traverse, transperce et exténue la mort. L’Espérance chrétienne, nous l’avons dans l’exacte mesure où nous sentons en nous une vie que rien ne peut arrêter, pas même la mort. Et cette espérance ne trompe pas car le Christ est ressuscité d’entre les morts.
Alors pour tous ceux qui ne verront plus le ciel de France, tenons ferme la force de l’espérance.
Amen.

(Photos prises sur écran TV durant l’émission en direct)

FOOT… ez-nous la paix !

Triste mascarade que cette équipe de France qui nous interprète une bien mauvaise pièce de boulevard.

Déjà, avec Thierry Henry, elle avait inventé la qualification à la main. Normal, quand on est mauvais au pied. La majorité des Français interrogés avait alors souhaité que le match soit rejoué. Cela aurait grandi notre équipe. Mais non ! Il existait sans doute trop d’enjeux financiers face auxquels l’honneur ne faisait pas le poids.

Aujourd’hui, avec tout ce qui est arrivé, c’est la honte que l’on trouve au bout du chemin.

Honte devant ces joueurs qui touchent des sommes fabuleuses, voire choquantes, et ne sont que des enfants gâtés à l’allure pitoyable.

Honte de les voir arriver dans les aéroports avec leur casque sur les oreilles, passant avec mépris devant les supporters venus les attendre. Enfermés dans leur musique, sans doute se prennent-ils pour les dieux du stade alors qu’ils ne sont que les poupées Barbie du foot.

Honte de voir leurs regards de zombies pendant que retentit l’hymne national, incapables pour la plupart d’entre eux d’en chanter les paroles, alors que les joueurs des autres équipes portent sur eux la fierté de représenter leur pays.

Honte de leur show indécent et de leur grève de dimanche.

Honte de voir notre pays devenir la risée de ses voisins. Parmi les piques auxquelles nous avons droit, voici ce qu’écrit le Frankfurter Allgemeine Zeitung au sujet de ce « pitoyable numéro de cirque »(sic) : «La France en grève … Maintenant, même à l’entraînement ».

Honte des pitreries navrantes de leur sélectionneur qui se targuait, voici encore quelques jours, de faire durer le suspense, et qui n’a rien trouvé de mieux que de rajouter une louche au ridicule en lisant, hier, la déclaration des Bleus. Dans quel placard a-t-on bien pu ranger le sens de l’honneur ?

À ce propos, pourquoi ne joueraient-ils pas en rouge, nos Bleus, pour leur match contre l’Afrique du Sud ? C’est la couleur de la honte, non ?

Alors, Messieurs, à présent, Foot… ez-nous la paix. Moi, je ne veux plus vous regarder.

Et Pourtant !…

Pourtant cette histoire devrait nous faire réfléchir. Et si toutes ces simagrées reflétaient l’état de notre société ? N’y a-t-il pas divorce entre d’une part le soixante-dixième anniversaire de l’appel du Général de Gaule et tout ce que les résistants ont déployé pour maintenir la France Libre, au prix de combien d’héroïsme et de souffrance, et d’autre part notre société d’aujourd’hui qui ne parle que de droits et oublie tous devoirs, se cache derrière ses ipods, rêve de travailler de moins en moins et de consommer de plus en plus, abandonnant sur le bord de la route des malheureux brisés par les violences de la vie ?

Et si toute cette histoire nous amenait à nous demander ce que nous pouvons faire, individuellement aussi bien qu’ensemble, pour rendre à notre société le goût de la justice, du respect, et de l’enthousiasme ?

Cette période de vacances qui commence n’est-elle pas l’occasion de réfléchir sur le sens de la vie, le sens du parcours de l’homme sur la terre ? Ne pourrait-elle pas être une invitation à lever la tête vers le ciel ?

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