LETTRE POUR NOS AMIS COPTES

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          Amis coptes

C’est avec énormément d’émotion que nous avons appris l’horreur des deux attentats commis contre vos église et contre vous.

Devant l’ignominie de ces actes dont la cruauté est inexplicable, nous nous associons à vos douleurs et vos souffrances, nous voulons les porter avec vous.

Des fous-furieux croient se mettre au service de leur religion, alors qu’ils mettent la religion au service de leur haine, de leur violence, de leurs délires.

Si Dieu avait voulu que l’humanité soit en permanence au garde-à-vous devant lui, il l’aurait formatée pour cela. Tout au contraire, Dieu a voulu une humanité autonome et libre, espérant que, d’elle-même, elle l’aimera, comme des parents à la naissance de leurs enfants espèrent qu’ils les aimeront.

Dieu nous a confié des compétences différentes, aux uns et aux autres, non pas pour que l’on s’écharpe à prétendre, d’un côté et d’un autre, qu’on est les meilleurs, mais au contraire pour que ces différences deviennent des complémentarités.

Les chrétiens catholiques partagent vos souffrances, vos peines, s’unissent à vous et prient pour vous et pour les victimes de l’horreur.

Chrétiens coptes et chrétiens de tout l’Orient, nous vous tendons la main, nous sommes frères.

J.M.T.

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Comme les lépreux de l’évangile

Homélie prononcée par Gwenolé Jeusset(1), Franciscain, le 9 octobre 2016

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« On n’enchaîne pas la parole de Dieu » nous dit Saint Paul. Elle nous gêne parfois parce que nous sommes toujours tentés d’avoir un christianisme facile. On a la foi catholique, on n’a pas de peine à dire le credo, mais on oublie par exemple le sermon sur la montagne, ou le chapitre 25 de St Mathieu décrivant le jugement dernier sur l’accueil fait aux petits, aux étrangers. En ce moment, même certains  catholiques oublient qu’on n’enferme pas le christianisme dans des murailles de Jéricho, c’est un élan vers toutes les frontières à dépasser, en commençant par celle de soi.

 

bible-ancienneDans les deux lectures du jour ( Deuxième Livre des Rois, 5, 14-17, Naaman, le général syrien atteint de la lèpre  et  L’Evangile selon Saint Luc 17, 11-19, les dix lépreux guéris par Jésus) il est question d’un étranger : dans la première on nous parle d’un Syrien, – comme par hasard d’un  Syrien, et dans l’évangile, d’un samaritain.

Dans l’évangile, le Seigneur souligne la goujaterie de ses neuf compatriotes juifs et met en valeur, comme dans la parabole de Jéricho (mais ici dans un fait réel) un de ces êtres doublement exclus par les Israélites : lépreux et samaritain. C’est un message qui ne passait guère dans son temps mais aujourd’hui Jésus aurait peut-être encore plus de difficultés à oser tancer son entourage en disant que l’étranger est un modèle « Où sont passés les neuf autres ? ».

Pour nous, c’est un problème bien compliqué que l’afflux de personnes qui fuient la guerre et la misère, certes, mais l’évangile est là : l’étranger est notre frère, notre sœur, même quand ils gênent. « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli » recevez en héritage le royaume préparé pour vous… et celui qui ne les accueille pas est plutôt mal placé.

Parce que les hommes n’ont pas réussi à créer la paix civile dans beaucoup de pays, parce qu’on n’a pas réussi à donner les moyens de vivre au Tiers-Monde en lui payant à juste prix son minerai, parce que des dirigeants ont tenu en laisse leur peuple en s’enrichissant personnellement. On ne prépare pas un monde de paix pour les générations suivantes si on n’arrive pas à recevoir les réfugiés, dit le pape. Il faut sinon l’approuver, au moins l’écouter et entendre l’évangile que nous dit le successeur de Pierre :  « Si nous voulons la sécurité, donnons la sécurité ; si nous voulons la vie, donnons la vie ; si nous voulons des opportunités, donnons des opportunités. Le critère que nous utilisons pour les autres sera l’aune à laquelle le temps nous mesurera. (24 septembre 2015, discours devant le Congrès américain)»

 

Ce n’est pas nous qui pouvons résoudre le problème posé qui est immense, mais comment en parlons-nous ? Nous devons avoir un regard de compassion et encourager des mesures de compassion et de justice, nous ne pouvons pas suivre celles et ceux qui prêchent le rejet, sans trahir notre foi. Par expérience dans les pays où j’ai vécu, je sais que plusieurs sont rackettés parfois par leurs compatriotes. Je sais aussi que certaines gens, de chez nous, manquent de discernement, dans l’aide à apporter, mais cela ne peut être une excuse à ne pas changer notre regard si notre regard est un regard de rejet.

 

La parole de Dieu est parfois  comparable à un poil à gratter pour nous mener à Jésus. Le but, c’est lui et aujourd’hui si nous écoutons bien, nous sommes conduits au Christ via le prochain qu’on n’attendait pas.

Face au défi pour notre continent, nous sommes désarçonnés, nous nous demandons comment cela va se terminer. Nous sommes nous-mêmes comme les lépreux de l’évangile et comme eux nous devons nous tourner vers Jésus pour qu’il guérisse nos peurs et nous dise que faire. Et comme Naaman et le Samaritain, nous pourrons revenir sur nos pas en glorifiant Dieu à pleine voix.

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(1) : C’est en terre d’islam que le frère Gwenolé Jeusset a vécu l’essentiel de sa vie de prêtre.

img_38011Rencontre Sant’Egidio à Assise, 18-20 septembre 2016

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Tuerie de l’église St Etienne du Rouvray

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Après l’abominable assassinat d’un prêtre, aujourd’hui, à St-Etienne du Rouvray, le Blog relaie le Communiqué de Presse de l’Oeuvre d’Orient du 26.07.12.

Tous, croyants ou non, relayons ce message autour de nous.

 

 

AU CŒUR DU CHAOS – LA RÉSISTANCE D’UN CHRÉTIEN EN ORIENT

Journaliste-grand reporteur,
ISABELLE DILLMANN
présente ci-dessous son prochain livre

AU COEUR DU CHAOS ID RAI-1(vous trouverez en fin de texte la 4ème de couverture du livre)

 

Vous trouverez ci-joint la Une et la Quatrième de couverture de mon prochaine livre publié par Albin Michel  » AU COEUR DU CHAOS – LA RÉSISTANCE D’UN CHRÉTIEN EN ORIENT ».
Ce livre d’entretiens que j’ai réalisé avec le Patriarche Cardinal Bechara RAÏ, Patriarche d’Antioche des Maronites dans des conditions exceptionnelles, sera mis en place en librairies le 4 mai prochain dans toute la France.

Les chrétiens d’Orient sont nos martyrs d’aujourd’hui. Et ils sont si nombreux. Nous pouvons même dire qu’ils sont plus nombreux qu’au premier siècle de la chrétienté.
On ne peut accepter de voir leur Église deux fois millénaire disparaître. Au-delà du sort même des minorités, il s’agit de préserver le pluralisme, la diversité des idées, la coexistence des communautés et au fond, la vie commune qui est la richesse et la chance des pays du Proche et Moyen Orient. Cette région a besoin des chrétiens mais le monde a également besoin des chrétiens d’Orient.

Faites-vous l’écho de ce livre. Parlez-en autour de vous. Faites rayonner le message courageux et lucide du Patriarche Raï.  Diffuser largement le Flyer  à votre entourage, à vos amis, sur vos réseaux.

Le programme de sa visite pastorale et officielle en France du Patriarche, du 8 au 11 mai prochain est en cours d’élaboration.

Un grand merci à vous pour votre soutien.

Isabelle Dillmann

AU COEUR DU CHAOS ID RAI-2_modifié-1.

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JOYEUX NOËL !

Croyants (de toutes religions) et non-croyants, que Noël soit pour vous tous un temps de paix, de réflexion sur la beauté de la vie, sur la joie de s’aimer les uns les autres !

Que Noël ouvre nos yeux et nous aide à porter sur chacun un regard de respect et d’estime.

Et nous, Chrétiens, que la célébration de la Nativité ravive notre espérance et notre bonheur de nous savoir aimés par Celui qui est venu sur terre partager notre vie !

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SOYEZ HEUREUX !

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Photo © Jean-Michel Touche

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C’est une fierté de les aider…

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La lettre ci-dessous a été rédigée par Mgr Pascal Gollnisch avant les attentats de Paris du 13 novembre, et publiée dans la newsletter de l’Œuvre d’Orient de novembre 2015.

 

 

Oui, c’est une fierté de les aider…

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« Chers amis,

Les drames se poursuivent en Syrie et en Irak. Plus que jamais il devient urgent de neutraliser les groupes violents du DAECH et de Al Qaïda. Tout retard pris ne fait que compliquer la situation, renforcer les djihadistes, amplifier l’émigration et fragiliser les chrétiens. L’Œuvre d’Orient ne cesse d’attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités nationales et internationales depuis le début de cette terrible crise.

Il convient cependant de relever l’engagement héroïque de la plupart des Évêques, Prêtres, religieuses et religieux qui se dépensent sans compter au service de la population, de leurs fidèles et des autres aussi. Alors que beaucoup d’entre eux pourraient quitter leur pays plus facilement que d’autres, ils prennent l’engagement de rester fidèles à leur mission.

L’exemplarité de ces vies entièrement données est en cohérence avec le dévouement des religieux dans les pays d’Orient où les Églises ne connaissent pas de mêmes drames mais où l’urgence de la mission exige un même dévouement de chacun.

L’Œuvre d’Orient est donc fière, grâce à la générosité de ses donateurs, de continuer à être leur compagnon de route et à soutenir leurs efforts dans le domaine de la santé, de l’éducation, de la vie des communautés chrétiennes. Souvent, prêtres et religieux vivent dans des conditions de grande pauvreté et se dépensent à la limite de leurs forces. Il est donc important que l’urgence humanitaire en Syrie et en Irak n’entraîne pas une diminution de notre aide, par exemple en Éthiopie, Égypte, Turquie, Iran, Ukraine, Roumanie, Arménie, Inde, où les Églises orientales catholiques sont profondément engagées. Beaucoup comptent sur votre soutien, qui est l’une des seules ressources leur permettant d’accomplir leur mission.

Leur nombre est généralement restreint ; cela ne les empêche pas, loin de là, d’avoir une influence importante dans leurs sociétés respectives. Souvent, seules ces petites communautés sont en mesure d’assurer un minimum de service social, au nom de l’Évangile. Là où, même en-dehors des conflits, les gens sont en proie à la désespérance, nos frères chrétiens font rayonner, avec leur foi, une flamme qui éclaire et qui réchauffe. Ils ne s’embarrassent pas de discours inutiles, d’idéologies stériles, ils refont les gestes simples de l’Évangile. Ils protègent les enfants, donnent à boire à ceux qui ont soif, à manger à ceux qui ont faim. Ils soignent les malades, soutiennent les familles. Ils donnent un toit à ceux qui en sont privés.

Oui, c’est une fierté de les aider… »

Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général
de l’Œuvre d’Orient

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DEBOUT !

Copyright 2012 JMT.

Face à la sauvagerie manifestée par des fous furieux, c’est un haut le cœur que ressent toute la France. C’est également un sentiment d’affection pour ces victimes que, pour la plupart d’entre nous, nous ne connaissions pas. Et pourtant, après cette tuerie, c’est un peu comme s’ils faisaient brusquement partie de nos propres familles. Comme si nous avions perdu des proches.

La vie, ce don mystérieux que nous recevons et que tous, croyants ou non croyants, nous devons respecter, a été volée, injuriée, méprisée, assassinée.

Or la barbarie a fait naître à la fois des élans d’humanité et de élans de résistance. France blessée peut-être, mais France DEBOUT ! S’agit-il simplement d’émotion ? Il y a plus que cela. Il y a un imposant besoin de vivre. Un besoin de respect mutuel, de considération… pourquoi ne pas le dire : un besoin auquel nous avons été invités par le Christ qui a dit à l’humanité, voici vingt siècles : « Aimez-vous les uns les autres. » C’était, c’est toujours le secret du bonheur !

En écrivant ces quelques lignes, j’entends ce que nous a dit Ali, un sans-abri rencontré mercredi dernier lors d’une maraude nocturne : « Soyez bénis par le Dieu de toutes les religions, qui aime la Paix et ne veut pas la guerre. »

Je pense également à cette phrase de Mgr Jean-Abdo Arbach, évêque melkite d’Homs, Hama et Yarboud, dans l’ouest de la Syrie : « Dans mon diocèse et dans toute la Syrie, nous sommes très fatigués, chrétiens et musulmans ensemble. » (voir La Croix)

Oui, chrétiens et musulmans ensemble. Car l’attentat de vendredi blesse également les musulmans « normaux », la grande majorité, ceux qui pratiquent leur religion dans le respect des autres et craignent à présent les amalgames.

Copyright 2012 JMT

Un vrai travail d’approche réciproque serait nécessaire pour que la flamme de la bougie répande l’estime et le respect mutuel. Certains vivent cet échange dans leur foi, je pense notamment à Gwenolé Jeusset, frère franciscain, qui a consacré toute sa vie au dialogue interreligieux (voir par exemple l’article du blog : Assise et Rome avec des derviches-tourneurs. Voir également l’article de La Croix du 4 juillet 2014 : P. Gwenolé Jeusset, à la « jointure » entre islam et christianisme)

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ALORS  DEBOUT, LA VIE CONTINUE, QU’ELLE SOIT BELLE POUR TOUS !

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Et pour finir, si vous cliquez sur
Un morceau de chocolat
vous recevrez un formidable message d’espoir et de vie !

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Texte et Photos © JMTouche

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