La solitude, pauvreté des pauvretés

Témoignage de Pierre Mériadec (pseudonyme d’écoutant)

« Une des pauvretés les plus profondes

que l’homme puisse expérimenter est la solitude »

(Benoît XVI – Caritas in Veritate – V,53)

Jamais je n’ai ressenti autant la justesse de cette phrase de Benoît XVI qu’au cours des cinq années pendant lesquelles je me suis engagé dans l’écoute anonyme des personnes, au téléphone,  au sein de l’association  « SOS Chrétiens à l’écoute » (1).

Parmi les gestes fraternels qui peuvent rompre la solitude, l’écoute téléphonique d’une personne angoissée, isolée, ou sans famille ni amis, peut représenter une réponse humaine à cette « pauvreté » et la rendre moins lourde à porter.

Je voudrais témoigner d’abord de la réalité de cette grande solitude, réalité tous les jours plus visible dans nos sociétés qui, hélas, engendrent elles-mêmes des solitudes tant sociales qu’affectives.  Je me souviens de la confidence d’une femme âgée :

« Vous savez, Monsieur, depuis 3 ans, personne ne m’a appelée par mon prénom ! ».

Je voudrais témoigner aussi de la force de la prière personnelle, pour le chrétien, pour mieux accueillir l’autre et demander la grâce de l’écouter en vérité.

Oui, elles sont nombreuses ces personnes privées d’échanges de parole avec un proche ou un(e) ami(e). Elles appellent  et elles rappellent souvent. Elles espèrent une oreille attentive, une parole de compréhension et de réconfort. Mais moi, qui suis si encombré par mes propres préoccupations,  suis-je prêt à répondre à leur attente,? J’en ai souvent demandé la grâce par cette prière :

« Seigneur, aide- moi à me dépouiller de mes soucis, de mes angoisses et de mes craintes. Je te les confie, à Toi et à Marie Ta Mère, le temps d’être pleinement à l’écoute de l’autre—Rappelle-moi sans cesse que je ne suis ni au-dessus ni en-dessous mais à coté de celui ou celle qui appelle »(2)

Oui , elles sont nombreuses ces personnes qui expriment dans leur appel la souffrance, la révolte, le désespoir et même la haine. Suis-je prêt à les entendre ? Pour m’y préparer, cette  prière me fut toujours une alliée fidèle :

« Seigneur, si je dois entendre la haine, fais parler mon coeur de chair et non pas mon coeur de pierre ; qu’il oppose à cette haine des silences qui apaisent et des mots qui  invitent à un autre chemin : celui du pardon »(2)

Oui , elles sont trop nombreuses ces personnes, sans aucun lien social, familial ou amical, qui ont appelé et auxquelles je n’ai pu consacrer que quelques minutes. Chez tous, j’ai ressenti cette soif inextinguible de « rencontre » et de « partage ». Je dois accepter, pour la plupart d’entre eux, de ne jamais connaître la fécondité de notre échange ou, au contraire, le sentiment d’insatisfaction qu’ils pourraient en retirer dû, sans doute,  à  ma maladresse ou mon inattention. Là encore, mon refuge fut la prière :

« Seigneur, après ces moments d’écoute, fais que je trouve le temps et le désir de porter dans mes prières celles et ceux qui m’ont confié leurs quêtes, leurs plaintes et parfois leurs joies »(2)

Pierre Mériadec (Nom d’écoutant )

(1) Association « SOS Chrétiens à l’écoute » : site : www.soschretiensalecoute.fr ; tél : 01 45 35 55 56

(2) Extraits de : « Quinze prières  pour m’aider à mieux écouter ceux qui souffrent de solitude…et les autres qui, croyants ou non croyants, croisent ma route » de  Pierre Mériadec

Dieu nous serait-il ennuyeux ?

Les homélies sont un temps important de la Messe. Celui où la Parole est mise à notre portée . Mais le message nous échappe parfois car, pris par la vie quotidienne qui revient au galop, si nous n’y repensons pas très vite, il risque de s’effacer de notre mémoire.

Aussi j’aimerais remettre l’accent sur une homélie  qui pourrait nous servir de base de réflexion pour le Carême. Son titre : « Dieu nous serait-il ennuyeux ? »

Prononcée le 13 mars (1er dimanche de Carême) par le Père Antoine-Louis de Laigue, curé de Notre-Dame de Grâce de Passy, elle fait largement référence au livre de Benoît XVI : « Jésus de Nazareth », et mérite d’être lue et méditée.

Voici le lien pour télécharger ce texte : « Dieu nous serait-il ennuyeux ? ». Vous pouvez y accéder également par l’intermédiaire du site Notre-Dame de Grâce de Passy (onglet Documents)

Erreur de casting ?

En ce jour où nous commémorons le chemin sur lequel le Christ a marché, portant sa Croix avec l’aide d’un passant nommé Simon, jusqu’au lieu de sa mort, gardons une pensée particulière pour Benoît XVI. Victime d’un incroyable acharnement médiatique, c’est une véritable souffrance qu’il doit porter, venant de l’intérieur de l’Eglise en raison des fautes commises par quelques prêtres, et de l’extérieur en raison de la violence des attaques dirigées contre l’Eglise en générale et contre lui tout particulièrement.

Les actes pédophiles constituent une faute hautement condamnable qui exige justice. Nul ne peut le nier. Mais ceux qui ont encore un peu de mémoire se souviendront (peut-être en s’étonnant) de l’ire qu’a soulevée chez certaines personnalités, voici pas très longtemps, l’arrestation de Roman Polanski par les autorités helvétiques, pour le motif que l’on sait.

Alors, deux poids deux mesures ?  Erreur de casting ?

Dimanche, lorsque nous commémorerons la résurrection du Christ dans la Joie de Pâques, les Messagers de l’Alliance proposent à tous ceux qui le voudront bien de prier pour Benoît XVI et pour toutes les religieuses et tous les religieux, en demandant au Seigneur qu’Il les entoure de Son affection et que l’Esprit leur donne Sa force.

Joyeuses Pâques, dans l’espérance et la joie pour tous les croyants, dans la paix et la joie pour tous les autres.

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