Augustodunum

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Augustodunum (en passant par Autun)

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Savez-vous qui, entre 27 avant et 14 après Jésus-Christ, a fait construire Augustodunum, sur les bords de l’Arroux ?

L’empereur Auguste lui-même. Par la suite, et assez rapidement, Augustodunum devait devenir « Sœur émule de Rome ». Pas mal, non ?

S’il revenait aujourd’hui, l’empereur serait un peu perdu. Certainement il ne reconnaîtrait rien de l’Augustodunum d’antan aujourd’hui devenue Autun. Mais peut-être aimerait-il marcher dans la ville et se promener dans les environs ?

Contentons-nous de trois haltes, la première à la Maison Sainte-Barbe, la seconde à la Cathédrale Saint-Lazare en complément des photos qui illustrent l’article « Belle Bourgogne, tes pierres nous parlent » (cliquez si vous souhaitez le revoir), enfin la troisième à l’Exposition de Chantal Dunoyer.

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. . . Maison Sainte-Barbe

« La maison Sainte-Barbe doit son origine à la fondation du dortoir du chapitre cathédrale d’Autun par l’évêque Jonas en 858, poursuivie par Augier en 877. »

Ainsi commence la présentation de cette belle demeure, sur le site qui lui est consacré et que je ne saurais trop vous conseiller de visiter en cliquant sur Maison Sainte-Barbe.

Même si l’on n’est pas empereur romain, on appréciera la manière dont on est accueilli, bien sûr, l’originalité des chambres, de la salle de petit-déjeuner, de l’entrée et du jardin, et de manière générale, le charme des lieux. Charme peut-être difficile à commenter, mais que vous pourrez découvrir grâce à quelques photos.

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La nuit, autour de la Maison Sainte-Barbe

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. . . Et, tout près, la cathédrale Saint Lazare

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-198Admirateurs du tympan de la cathédrale

_206Le maître-autel

_197Relique de Saint Lazare (dans le maître-autel)

Au Vème siècle, l’évêque d’Aix en Provence, qui s’appelle Lazare, se rend à Jérusalem où il doit assister à un synode. A son retour, son diocèse adopte le culte de Lazare, ressuscité à Béthanie par Jésus son ami (Jean, chapitre 11).

Avec le temps (cela prend tout de même trois siècles), on finit par mélanger allègrement le culte de Lazare ami de Jésus avec le tombeau de l’évêque retrouvé sous Charlemagne. Assurément, la relique conservée en la cathédrale d’Autun ne provient pas du Lazare ressuscité à Béthanie, mais de l’ancien évêque d’Aix. Vous en saurez davantage en consultant le site de l’Abbaye de Notre-Dame de Venière.

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Chantal Dunoyer

Si vous n’avez pas encore la chance de connaître son talent, et si vous voyez dans la rue une oie qui vous toise à la manière de celle-ci. . .

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. . . n’hésitez pas, entrez ! Vous allez découvrir une étonnante exposition de la personne qui vous regarde. . .

_192. . . Chantal Dunoyer elle-même.

De cette artiste tout à fait originale, voici ce qu’écrit l’écrivain Maurice G.Dantec :

« Installée depuis 40 ans dans les dépendances du domaine familial de Toulongeon, et depuis près de 60 ans dans l’indépendance d’une vie d’artiste pas vraiment comme les autres, Chantal Dunoyer a fait faire à ses poules morvandelles leur entrée dans les galeries d’art et les musées. [… ]

Ses poules de luxe ont la rondeur généreuse de l’artiste elle-même, la plénitude des croupes des Monts du Morvan qui les abritent. Ebourrifées par l’hiver, conquérantes ou humbles, pensives ou farceuses, elles ont la vérité d’une basse-cour morvandelle et la boue de l’Autunois colle à leur plumage de papier.

Chantal est technicienne en avicollage. Ses volailles fermières ont une autre saveur que nos poulets prêt-à-cuire, et le poulailler de Chantal Dunoyer est à notre langue-de-bois artistique ce que le chapon de Bresse est au Chikengburger de boulevard. »

Allez, plutôt que de vous laisser mijoter, voici quelques-unes de ses réalisations.

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. . . Enfin, vu en chemin . . .

_159Etranges fruits du terroir. . .

_182Le temple de Janus

_156Clin d’oeil bourguignon à la Bretagne.

Et pour finir, un coup de chapeau en vitrine !

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Photos ©Jean-Michel Touche

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Belle Bourgogne, tes pierres nous parlent !

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Oui, belle Bourgogne, tes pierres nous parlent !

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Façonnées et assemblées par la main de sculpteurs, bâtisseurs et architectes, elles nous prennent le cœur par la beauté parfois déroutante des formes, des visages, des attitudes.

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Tout autour du monde, les œuvres les plus belles, les plus pénétrantes, celles qui nous interpellent le plus profondément, sont inspirées par la Foi, quelles que soient les religions.

Le  Christ tout d’abord, si souvent évoqué, représenté ou chanté, la Vierge, les Piétas ou les mises au tombeau : langage à deux niveaux. Le premier, artistique. Le second, profond, marquant, qui invite tout d’abord à lever la tête, ensuite à réfléchir.

On pense aux chrétiens des siècles passés, debout devant les chapiteaux pendant que les clercs leur parlent d’Eve et d’Adam, de Caïn qui ne supporte plus son frère et l’élimine. On pense à la manière dont ils regardaient les vitraux, s’efforçant de repérer les signes qu’on leur avait indiqués. On les imagine assis ou à genoux. De braves gens, comme nous, pécheurs, comme nous, impatients et râleurs, comme nous. Mais aussi des gens généreux, comme nous, chercheurs de vérité, comme nous.

Approchons de quelques œuvres d’autrefois, parmi toutes celles dont est riche la Bourgogne, et laissons-nous accueillir comme par ce baptistère, en l’église prieurale Notre-Dame, à La Charité sur Loire, qui semble nous dire: « Entrez dans le mystère. »

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Où est-elle, la vérité ? Comment s’exprime-t-elle en nos esprits ? Où nous conduit la vie ? Il n’y a pas que les spéculations diverses ou la recherche des plaisirs souvent éphémères pour façonner nos existences. Il y a surtout la recherche d’un dépassement, de la vérité, du sens de la vie. Statues, chapiteaux, peintures, arcs voutés nous y convient.

Ainsi cette vue de nuit sur le porche de la cathédrale Saint-Lazare, à Autun, depuis « dehors »…

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… et cette autre vue sur le porche, depuis « dedans », surprenante manière d’évoquer une insaisissable présence et de s’en émouvoir.

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En regardant ce qu’ont fait de leurs mains les artistes d’autrefois, on s’interroge sur ce que vaut le temps, ce qu’il pèse réellement pour l’humanité en général et pour chacun d’entre nous, tant de nos désirs se révélant fugaces alors que tant de témoignages du passé demeurent présents !

A l’image du jeu d’ombre et de lumière de ce chapiteau en l’église Saint-Andoche de Saulieu, faisons le vide pour quelques instants et marchons si vous le voulez bien, de pierre en pierre, de couleur en couleur, de forme en forme.

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_7Choeur de la cathédrale Saint-Cyr et Sainte Jullitte, à Nevers, éclairé par de magnifiques vitraux modernes

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_8et choeur de l’église Saint-Martin, à Clamecy

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 _9Cathédrale Saint-Cyr Sainte Jullitte (Nevers)

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_10Ces deux tours de la cathédrale Saint-Lazare, à Autun, ont été érigées au XIXème siècle, sur le modèle de celles de Paray-le-Monial. . .

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. . . mais c’est au XVème que le clocher, détruit par la foudre en 1469, fut reconstruit et surmonté d’une flèche de style gothique.

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Ouverte dans la journée mais également la nuit, de 21 heures à 23 heures, la cathédrale Saint-Lazare offre à la contemplation des visiteurs de véritables trésors. En voici quelques uns.

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Parce qu’ils le trouvaient de piètre facture, les chanoines de la cathédrale décidèrent de supprimer ce tympan. Ils le firent recouvrir de plâtre, et comme le visage du Christ dépassait en épaisseur, les ouvriers le découpèrent… tout simplement.

Par chance, quelqu’un récupéra cette face de la sculpture et la conserva.

Ce plâtrage sauva le tympan qui traversa la révolution, ni vu ni connu ! La face du Christ fut alors restituée, ce qui permit de retrouver cette oeuvre d’art et de foi réalisée par un artiste du nom de Gislebertus, renseignement qui traversa le temps car il signa lui-même son travail (on le verra dans la photo suivante, en bas de la sculpture du Christ.)

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Détails du tympan

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_17Tandis qu’à l’extrême droite on voit un ange souffler dans un olifant, les démons, eux, font leur travail et tirent vers l’enfer les âmes des damnés.

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La cathédrale Saint Lazare possède également des chapiteaux passionnants. En voici certains.

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_15Du haut de l’Arche, Noé contrôle l’embarquement des animaux qui échapperont au déluge.

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_31La fuite en Egypte (Saint-Lazare)

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Autre représentation de la fuite en Egypte, dans l’église Saint-Andoche de Saulieu

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Retour à la cathédrale Saint-Lazare avec la pendaison de Judas l’Iscariote

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_19La tentation du Christ, après son baptême dans les eaux du Jourdain. Dans cette représentation de l’événement, Satan seul se trouve au sommet du Temple.

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_20Jésus dit à Marie de Magdala : « Femme, ne me retiens pas. Je ne suis pas encore remonté vers le Père. Va donc vers mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu. » (Jean, 20, 17)

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Parmi les oeuvres de Gislebertus, cet artiste du XIIème siècle dont on sait très peu de choses, nous avons vu plus haut le tympan de la cathédrale Saint-Lazare, Voici une autre de ses oeuvres, la tentation d’Eve, conservée au musée Rolin d’Autun.

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Autres merveilles présentées au très riche musée Rolin d’Autun

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Le magnifique triptyque de l’Eucharistie (de Grégoire Guérard ?) début XVIème

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dont voici la partie centrale, la Cène :

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A ce propos, on entend souvent demander : pourquoi appelle-t-on ce repas « La Cène » ?

« Avant que l’on ne donne ce nom de manière spécifique au dernier repas de Jésus, au cours duquel il institua l’Eucharistie, le mot latin cena était le nom donné à l’un des repas de la journée, celui que l’on prenait le soir ou en fin d’après-midi. »

(cf LA PORTE DU ROYAUME, page 211, Tome 6 de la saga des Messagers de l’Alliance)

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En calcaire polychrome, cette Vierge (appelée Vierge d’Autun ou Vierge Bulliot, et attribuée à Claus de Werve, second quart du XVème siècle) porte dans ses bras un enfant Jésus emmailloté, manière assez inhabituelle de le représenter.

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A Nevers, dans la cathédrale Saint-Cyr Sainte-Jullite, une remarquable mise au tombeau

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Il y aurait tant et tant d’autres choses à partager avec vous… que peut-être vous vous en lasseriez.

Pour clôturer ce parcours entre quelques-unes de ces pierres qui parlent, j’ai choisi cette photo, peut-être un peu particulière, qui pourrait être une porte entre la réalité et le mystère. Qui sait ! . .

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Photos © Jean-Michel Touche

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