Lettre aux candidats à la Présidence de la République

Mesdames et Messieurs les candidats…

Mesdames et Messieurs les candidats,

 

Dans quelques mois, la France va élire une nouvelle ou  un nouveau responsable au plus haut niveau de la République, et d’ici-là vous allez vous employer à nous séduire.

 

Autant vous le dire tout de suite, les petites « vacheries » entre amis, les Français en ont assez.  De quelque côté que vous soyez, droite ou gauche, vous-mêmes ou vos amis, faites l’économie des réflexions moqueuses ou venimeuses  qui ont pour objet de rabaisser « l’autre », mais dont vous pouvez être certains qu’elles ne  grandissent pas leurs auteurs… au contraire.

Cessez de nous arroser de formules toutes faites, aussi bruyantes qu’un tambour mais tout aussi creuses ! Cessez également de regarder sous vos pieds.  Notre pays a besoin d’une vision à moyen et long terme.

Jusqu’en 2005, il existait en France un Commissariat Général du Plan, dont le rôle était de réfléchir à ce que pourrait / devrait être la société dans une perspective de moyen terme : les plans quinquennaux.

Ce travail  proposait des orientations à partir desquelles pouvaient s’organiser les grandes décisions politiques, parfois avec succès, parfois sans. Mais au moins, on savait vers quoi on se dirigeait, quitte à adapter les orientations quand cela s’avérait nécessaire.

Avec l’accélération de l’information et de la décision, la vision à moyen et long terme s’est formidablement raccourcie. En octobre 2005, Dominique de Villepin décide la suppression du Commissariat du Plan, remplacé en mars 2006 par le Centre d’analyse stratégique. Bon, direz-vous, ce n’est qu’un changement de nom.

Pas sûr. Les politiques donnent de plus en plus souvent l’impression de ne plus regarder devant eux mais de piloter, le nez sur le guidon, une rustine à la main pour réparer à la hâte  toute crevaison, et si possible passer le mistigri aux collègues quand ça va mal.

Si vous souhaitez que nous vous apportions nos voix, dites-nous comment vous voulez faire évoluer notre société. Quel partage des richesses proposez-vous à terme ? Au-delà de simples programmes scolaires, que voulez-vous donner aux enfants comme formation pour les préparer à devenir de vrais adultes ? A côté des cours habituels, envisagez-vous de faire venir des responsables d’association du type Médecins sans Frontières ou Secours Catholique qui parleront de l’engagement au service des autres, des chefs d’entreprise, des militaires, des médecins, etc. , pour aider les jeunes à prendre conscience de ce qui fait la société ?

Comment voyez-vous l’habitat en France d’ici à 10 ans ?

Allez-vous enfin œuvrer au sein de l’Europe pour une unification des systèmes fiscaux, afin de supprimer les disparités aberrantes qui ont eu pour résultat l’exil fiscal ?

Vous mettrez-vous au travail pour créer des conditions de vie permettant aux Français à se rapprocher les uns les autres, au lieu de se regarder avec méfiance selon leurs origines ou leurs lieux d’habitation ?

Quelle société voulez-vous construire ? Pour aller où ?

Il y a énormément de questions de ce genre que se posent celles et ceux qui mettront leur bulletin de vote dans l’urne.  Allez-vous essayer de répondre ou, comme d’habitude, vous contenterez-vous de promesses sans lendemain pour caresser les électeurs dans le sens du poil ?

Qu’allez-vous dire ?

© Illustrations : Jean-Christophe Moreau

Tsouin-Tsouin et le neuromarketing

La fable que vous pourrez lire ci-après ne vous est pas proposée innocemment. Bien que racontée sous une forme humoristique, elle constitue au contraire une mise en garde contre une nouvelle discipline, le Neuromarketing, qui vous sera présentée à la fin de cette fable.

Q U I   N ’ A   P A  S   S O N   T S O U I N – T S O U I N  ?

L’affaire dont nous allons parler se manifesta pour la première fois un jour d’automne, alors que le soleil jetait un coup d’œil admiratif sur les feuilles pourpres et dorées des forêts, et décidait d’envoyer encore quelques bons rayons de lumière chaude afin de témoigner de sa bonne humeur.

Monsieur Ventou, commerçant dans une grande artère de la capitale, venait  à peine d’ouvrir sa boutique lorsqu’un homme d’allure tout à fait normale se précipita vers lui, le souffle court, et bégaya :

– Je voudrais du Tsouin-Tsouin.

– Du quoi ? fit M. Ventou.

– Du Tsouin-Tsouin, bien sûr.

– Vous allez bien, Monsieur ? se permit d’interroger  M. Ventou, persuadé qu’il avait affaire à l’un de ces cadres supérieurs super-stressés que leurs employeurs pressaient comme des citrons pour leur faire cracher leur jus et les rejeter par la suite.

– Vous n’allez pas me dire que vous ne vendez pas de Tsouin-Tsouin, protesta l’homme.

– Hélas, je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Furieux, le client quitta la boutique et se rendit, sous les yeux écarquillés de M. Ventou, dans le magasin voisin, tenu par Monsieur Venrien qui, en général, n’a pas grand-chose en stock. Encore plus médusé, il vit l’homme ressortir de chez M. Venrien deux minutes plus tard, tout sourire, pressant contre sa poitrine une boîte à laquelle il semblait tenir comme à la prunelle de ses yeux.

– Ça alors ! s’exclama M. Ventou, interloqué !

Bondissant sur son téléphone, il appela Manou, son épouse.

– Manou, tu ne sais pas ? Un client vient de me demander du Tsouin-Tsouin… Je ne sais même pas ce que c’est. Eh bien, figure-toi qu’il en a trouvé chez Venrien.

La réponse de sa femme devait contribuer à accroître sa déstabilisation.

– Mais comment, mon chéri, tu ne vends pas de Tsouin-Tsouin ? Tu m’étonnes.

Commençant à sentir la panique s’emparer de lui, M. Ventou chercha une chaise pour s’asseoir, tout en conservant le téléphone collé à son oreille droite. Et ce qu’il entendit faillit l’achever.

– Justement, poursuivait Manou, je voulais te demander de m’en rapporter une boîte.

Charles Ventou prit un journal qu’il agita pour s’éventer, sentant ses joues rougir et la température monter.

– Mais ma chérie, réussit-il à implorer après quelques secondes de silence, c’est quoi, le Tsouin-Tsouin ?

– Ah, ça, je n’en sais rien !

Totalement abattu, Charles Ventou tomba de sa chaise, renversant involontairement une horloge ancienne qui trônait sur son comptoir de brocanteur. Ce fut sa chance. Le tintamarre de la chute alerta Jules Venrien qui fit irruption dans le magasin et, voyant son voisin en triste état, appela les pompiers.

Charles Ventou reprit ses esprits au moment où ceux-ci, qui l’avaient installé sur un brancard, quittaient sa boutique, et il en entendit un dire à ses collègues : « Vous croyez qu’on trouve du Tsouin-Tsouin dans ce genre de magasin ? » Charles Ventou jugea plus prudent de s’évanouir à nouveau.

Le soir, revenu des urgences où Manou était allée le chercher, il s’assit devant la télévision, complètement défait.

– Pourquoi voulais-tu du Tsouin-Tsouin, finit-il par demander à son épouse ?

Pas de réponse autre qu’un haussement d’épaules.

– Mais ça sert à quoi ? insista-t-il ?

La réponse le stupéfia : « Tsouin-Tsouin ? C’est un produit qui ne sert à rien. »

Charles Ventou faillit demander à retourner aux Urgences !

Quelques minutes plus tard, reprenant courage et jetant un coup d’œil sur la télévision, il fut frappé par une publicité qu’il voyait pour la première fois.

– Tiens, regarde, tu vas apprendre quelque chose, l’avisa son épouse.

M. Ventou, pour qui ce jour était vraiment très différent des autres, découvrit une pub très forte, dont pourtant il serait incapable de raconter le déroulement. La seule chose dont il devait se souvenir, c’est que cette publicité parlait justement, tenez-vous bien, du Tsouin-Tsouin ! Mais l’utilisation de ce produit ne lui apparut pas clairement.

Manou, à qui il demanda une seconde fois à quoi servait ce truc bizarre, écarta les bras en signe d’ignorance.

– Mais enfin, ma Manou, implora Charles Ventou dont le regard traduisait un désarroi total, tu m’as demandé de t’en rapporter, tu dois bien savoir à quoi ça sert.

Le regardant en fronçant les sourcils, Manou fit cette réponse qui devait achever de transformer la matière grise de son mari en éponge : « Tsouin-Tsouin, le produit qui ne sert à rien. »

Abattu, hagard, Charles se tourna de nouveau devant la télévision, et assista au JT de 20h00.

Le Journal s’ouvrait sur un phénomène que Charles n’était même plus en état de comprendre : une manifestation monstre (on parlait de près de 100.000 personnes) avait provoqué des embouteillages colossaux dans tout Paris.

– Les Parisiens, commentait le journaliste, ont été nombreux à protester contre l’absence de Tsouin-Tsouin dans les magasins de la capitale.

Suivit un reportage sur les manifestants qui se massaient place de la Concorde, ne pouvant pénétrer dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale que protégeaient des cordons de CRS appelés d’urgence.

Ils scandaient dans le plus grand désordre : « On-veut-du Tsouin-Tsouin, On-veut-du Tsouin-Tsouin. »

Le journaliste informa les téléspectateurs qu’une diva dont nous tairons le nom par discrétion, s’était interrompue, la veille au soir, en plein Tannhäuser, pour s’écrier sur un air très connu : « Donnez-moi mon Tsouin-Tsouin, j’en ai archi besoin. » Et, ajouta le journaliste, la salle de l’Opéra Bastille s’était levée pour reprendre en cœur : « Donnez-moi mon Tsouin-Tsouin, j’en ai archi besoin. »

– Enfin bref, conclut le journaliste, depuis le lancement de cette nouvelle marque, c’est du délire, tout le monde en veut, bien que l’on ne sache pas très précisément à quoi sert ce produit.

Dans les semaines qui suivirent, des industriels déloyaux analysèrent le produit afin de fabriquer des contrefaçons. Ils ne parvinrent pas à trouver les caractéristiques du Tsouin-Tsouin liquide qui était incolore, inodore et sans saveur, et dont le fabricant annonçait pour bientôt une version en poudre qui allait faire des ravages, pour citer ses propres mots.

Les deux images ci-dessous présentent une cliente examinant sa boîte de Tsouin-Tsouin. A gauche, voici ce qu’elle pense lire sur la boîte (Plus souple, plus propre). A droite, voici la boîte qu’elle a achetée, sur laquelle ne figure rien au sujet de la souplesse ou de la propreté.

Tout ça est fou, direz-vous. Je vous l’accorde.

Mais je vous invite à lire l’article suivant sur le Neuromarketing. C’est beaucoup plus sérieux et vous ne serez pas déçus !

© Texte : Jean-Michel Touche

© Illustrations : Jean-Christophe Moreau

Piégés par le Neuromarketing ?

Quand la science prend le pas sur nos décisions.

Serons-nous un jour tous piégés par le Neuromarketing ?

Depuis quelques années, les spécialistes du marketing s’intéressent de près à notre cerveau, d’où une nouvelle discipline : le Neuromarketing.

En gros, cette belle invention permet aux « marketeurs » de savoir ce qui se passe dans notre cerveau lorsqu’il est sollicité par la publicité, de connaître les points émotionnellement sensibles sur lesquels il convient d’agir pour inciter à l’acte d’achat.

Le Seigneur nous a créés libres, les Neuromarketeurs vont réparer cette erreur !

Si vous voulez en savoir davantage, le WEB n’est pas avare de sites qui vous expliqueront comment tout cela fonctionne. Vous découvrirez que des sujets cobayes sont passés par des IRM pour livrer le secret de leurs réactions inconscientes et que certains chercheurs, jamais à court d’idée, ne pouvant transporter un IRM dans un supermarché, (c’est tout de même une installation lourde !), s’appuient également sur les électro-encéphalogrammes. Hélas, indique le Journal du Net, « l’électro-encéphalogramme n’enregistre que l’activité cérébrale de surface alors que la prise de décision sollicite aussi des parties plus profondes du cerveau. » Zut, alors !

Lisez cet article du Journal du Net. Il est très instructif. On y apprend ainsi que les consommateurs préfèrent le goût du Pepsi à celui du Coca, mais ils achètent ce dernier à cause de l’image qu’ils se font de la marque. Ceci est relaté également sur le site du CREG (Centre de Ressources en Economie Gestion), au chapitre « Les domaines d’application du Neuromarketing ».

C’est fou, non ? On imagine ce qui se passe dans le cerveau de l’acheteur moyen (catégorie à laquelle je pense appartenir, comme beaucoup de monde). Mais cela peut aller beaucoup plus loin. Les pressions sur le cerveau pourraient bien un jour, alors que nous préférons le candidat politique « X », nous faire mettre dans l’urne le bulletin du candidat « Y » dont les neuromarketeurs auront été les plus forts.

Souriez, vous êtes neuromarketés. Quand je vous disais qu’il fallait faire attention à la PUB !

Quelques sites qui vous parleront de cette belle discipline tout en finesse :

–  Journal du Net

–  CREG

Neuromarketing, des citoyens sous influence (un film de 18 minutes sur Dailymotion, où vous apprendrez que l’impression d’une marque dans notre cerveau passe par le décryptage de notre subconscient. )

–  Le site HEC (Parler et vendre au cerveau)

Et pour en savoir davantage, les moteurs de recherche vous conduiront sur une foule d’autres sites.

LA FLANCHE (3) Ô pub et tes ineffables promesses !

Doit-on obligatoirement se laisser prendre pour des imbéciles ?

Doit-on obligatoirement se laisser prendre pour des imbéciles ?

En ouvrant une avalanche d’e-mails, voici quelques jours, je découvris ceci que je vous livre tel quel…

« Bonjour M. Touche. Envie de vous sentir belle et bien dans votre corps ? »

Wouahou ! me dis-je en filant à la hâte vers une glace afin de voir si mon look s’était féminisé sans que je m’en aperçusse. (Oui, j’ai toujours une faiblesse pour l’imparfait du subjonctif, avec ou sans glace.)

Une fois rassuré, je revins près de mon ordinateur car Il y avait une suite à ce captivant message. Grâce à l’assistance de la News Happy-Technologie, appris-je,  je n’avais qu’à me laisser guider pour recevoir toute l’assistance nécessaire dans le choix de mes accessoires de beauté (vous me direz que j’aurais pu interrompre ici la lecture, mais je pensais aux articles de « La Flanche », et cela m’incita à poursuivre.)

Peut-être ignoriez-vous les captivantes avancées que la technologie met à présent à notre disposition : l’indispensable sèche-cheveux bouclant, l’épilateur à lumière pulsée (jamais les photons n’auraient osé imaginer, même dans leurs rêves les plus fous, pareille utilisation de leur pouvoir) et, encore plus fort, des appareils de luminothérapie. Cette fois, complètement sidéré, j’ai cliqué sur ce mot quasi magique.  Et là, vous n’imaginerez jamais ce que j’ai découvert. Tenez-vous bien :  les appareils dispensant cette thérapie se sont dé-mo-cra-ti-sés ! Parfaitement !

Mais alors, vous dites-vous, à quel moment faire une cure de lumière ? C’est en effet la question que nous sommes tous en droit de nous poser. Hélas, le lien avec la réponse ne fonctionne pas, signe que, peut-être, on ne sait pas très bien quand la lumière produit le meilleur d’elle-même.

Je suis donc passé à la question suivante : quels produits dispensent ce lumineux bien-être dont on se demande comment les générations précédentes ont pu se passer. Cette fois, je suis resté sans voix en découvrant l’existence de simulateurs d’aube pour réveil en douceur. Vous avez bien lu : simulateurs d’aube. Je connaissais les persiennes, les volets entrouverts… autant dire que je ne connaissais rien du tout. Tenez-vous bien : « le simulateur d’aube est conçu pour reproduire le véritable lever du soleil. » Ce n’est pas inouï, ça ? Et ce n’est pas fini.  « La lumière du simulateur d’aube, en traversant nos paupières, indique à la zone centrale du cerveau que le jour se lève. » Fan-tas-tique ! Je n’aurais jamais imaginé tout seul que la lueur de l’aube puisse signaler à mon cerveau la levée du jour !

Merci, la Pub !

Je pensais, naïvement, avoir touché ici l’insondable ! Adieu persiennes et volets, vive le simulateur d’aube qui « est devenu en quelques années la nouvelle méthode pour un réveil naturel. » Et allons donc !

Cette fois, craignant de me voir dépassé par les miracles de la science et l’art du marketing, j’ai ouvert en grand les volets, regardé le ciel qui pâlissait à l’approche du soleil, et donné un coup sec à ma carte bancaire qui, pour un peu, serait sortie toute seule de ma poche, croyant que j’allais passer commande.

Eh bien, je n’avais pas tout vu !

Laissant l’aube, la vraie, éveiller peu à peu Paris et ses Parisiens, je m’en allai marcher, un peu plus tard, pour me changer les idées.

Et là, j’avoue, avoir fait deux découvertes qui me laissèrent pantois.

La première était l’annonce d’un produit miracle : le correcteur anti-âge. Ce n’est pas beau, cela ? Plus besoin d’immortalité (voir l’article sur ce thème), il suffit d’appliquer le correcteur d’âge, et zou !  Le compteur repart à zéro. Les années qui passent n’ont qu’à bien se tenir !

Formidable, ce produit ! Non seulement il unifie le teint (d’où peut-être l’expression « Un teint vaut mieux que deux, tu l’auras »), mais en plus il estompe les rides et les ridules. Pour le ridicule, par contre, on ne sait pas ! Il a déjà 10,5% de vitamine C, on ne peut pas tout lui demander.

Vous direz : tout cela encore est bon enfant. D’accord. Mais je vous ai réservé le meilleur pour la fin. Summum du bon goût, vous allez voir. Tout en finesse…

Voici une pub affichée dans des abri-bus ! Chapeau pour la délicatesse. Mon vieux Ronsard, avec tes roses, qu’est-ce que tu fais ringard…

En plus, à bien regarder la photo, on se dit que ce Diesel-là, ça n’a pas l’air de rendre vraiment heureux ! Quant au message subliminal, je ne vous dis pas le niveau intellectuel !

Le Conseil du jour :  « Avant de s’abandonner aux promesses de la pub, se demander pour quoi on nous prend.»

@ Texte et photos Jean-Michel Touche – Dessin : Jean-Christophe Moreau

LA FLANCHE (2) Rapport du Médiateur de la République

Insuffisamment connue, l’Institution du Médiateur de la République disparaît pour être  remplacée par celle de Défenseur des droits .

Avant de cesser sa fonction, Jean-Paul Delevoye a publié en mars 2011 un rapport particulièrement intéressant, qui mérite d’être médité, et qui a toute sa place dans les préoccupations de « La Flanche ».

Si vous ne l’avez pas lu, il est téléchargeable sur http://www.mediateur-republique.fr/fr-citoyen-08 (cliquer ensuite sur « Rapport 2010 ».) Si la version longue, très riche et détaillée, vous paraît trop fournie, vous pouvez en télécharger la teneur en cliquant ici-même sur « Editorial_Médiateur_2011 ».

Jean-Paul Delevoye n’y va pas par quatre chemins : « Jamais, affirme-t-il, l’engagement individuel et collectif n’a été aussi nécessaire, jamais le découragement et la lassitude n’ont été aussi grands. » Il dit aussi : « Les enjeux déterminants pour notre avenir ne trouvent pas de réponse politique à la hauteur. Les débats sont minés par les discours de posture et les causes à défendre noyées parmi les calculs électoraux. Or, les ressorts citoyens sont usés par les comportements politiciens. »

Il faut du courage pour écrire cela !

Ce n’est pas tout. Dans son analyse, il ajoute par exemple : « Les politiques, aujourd’hui, suivent l’opinion plus qu’ils ne la guident. » Et encore, un peu plus loin : « … la main invisible du marché a giflé les plus faibles, la main de fer des collectivistes a broyé la liberté de l’Homme. »

Comme vous pouvez le constater, il ne s’agit pas ici d’un rapport partisan, mais d’une vision qui se veut à la fois réaliste et objective.

Alors, direz-vous, encore un pessimiste qui nous prédit le pire ? Non. Et c’est justement pour cela que nous en parlons dans « La Flanche ». Si ce rapport met le doigt là où ça fait mal, il nous invite à « retrouver le sens de l’engagement, de la solidarité de proximité, du partage mais aussi du respect de l’Homme […] Notre société doit retrouver le chemin des valeurs, sinon ses tensions internes seront suicidaires. »

À nous de réfléchir et de nous interroger sur nos  comportements individuels. Devons-nous suivre tout ce que l’on nous dicte (médias, pub, artistes soi-disant « comiques », partis politiques etc.), ou pouvons-nous encore prendre du recul pour juger les situations, réfléchir, adapter notre manière d’agir ?

Déjà, poursuit Jean-Paul Delevoye dans son rapport, « des initiatives formidables se développent, fondées sur le ressort de la solidarité et de la proximité. Des hommes et des femmes  conjuguent leurs efforts, recréent du lien et produisent du sens à l’échelle locale.»

La réflexion du jour :
«Que peut apporter
chacun de nous
à la société ?
 »


@ Texte : Jean-Michel Touche

@ Illustration : Jean-Christophe Moreau

HISTOIRE DE FLANCHE

La Flanche, petit essai pour se redresser !

Avec ta belle façade tournée vers le couchant et ton étonnante échancrure sur la Méditerranée, tes sommets enneigés, ton nez qui s’allonge dans la mer,  ton Massif Central qui bombe le torse, tes paysages superbes que tant de pays nous envient, tes rivières vagabondeuses, et encore  tes champs, tes forêts, les dunes des landes et tant d’autres beautés, tu devrais être heureuse, la France, et continuer de donner l’exemple.

Mais voilà ! La France ne manque jamais la moindre occasion de se faire mal. Que ce soit dans le domaine économique, le domaine politique ou encore sportif, voire même celui de la vie quotidienne, nous ne cessons de jouer avec le feu, allant parfois jusqu’à regarder de près dans les caniveaux ce qui ne devrait jamais en sortir. Rappelons-nous notamment l’histoire abracadabrante des quotas qui vient d’agiter le monde du ballon rond, jusqu’à ce qu’une autre affaire, autrement plus médiatique, ne vienne mettre en lumière la fragilité des puissants !

Depuis des années, tout doucement mais avec parfois de douloureux coups d’accélérateurs, la France glisse. Sur le côté. Nos hôpitaux, autrefois orgueil de la Nation, ne sont plus ce qu’ils étaient. Notre Education Nationale non plus. Même nos trains qui, avec leur ponctualité de montre suisse, ont fait longtemps notre fierté, n’osent plus aujourd’hui  s’approcher d’un chronomètre.

Et la politique ? Fait-elle encore rêver, la politique ? s’interrogeait  La Croix dans son édition du 10 mai ? Pour qui a entendu s’écharper le même jour, sur France Inter, un ministre et un candidat aux présidentielles, assurément, la réponse est non !

Aussi avons-nous décidé, Jean-Christophe Moreau et moi, plutôt que de pleurer, de créer dans ce blog un petit journal que nous intitulerons  « Histoire de Flanche ». Car flancher, c’est bien ce dont la France donne l’impression. Nous prendrons les informations dans la presse et vous les présenterons à notre manière. Chaque article, illustré par le crayon expressif de Jean-Christophe, mettra en relief des petits ( ?) travers qui ne sont peut-être pas étrangers à notre situation.

Histoire de dire que si la Flanche est en mauvais état, c’est p’tet ben un peu d’not faute !

Vos réactions seront les bienvenues. Vous avez des remèdes miracle à proposer ? N’hésitez pas, faites-les connaître ! Ecrivez-nous.

A très bientôt !

Jean-Michel   et   Jean-Christophe

Le Conseil du Jour : « Quand on est  au fond du trou, il faut cesser de creuser »

© Texte : Jean-Michel Touche  –  Illustration : Jean-Christophe Moreau