CRÈCHES EN HOMMAGE AUX CHRÉTIENS D’ORIENT

Copyright 2012 JMT

 

 

 

Enfant de chair, enfant de sang mais aussi enfant de Dieu, il est venu pour tous. Et cette année spécialement pour vous, Chrétiens d’Orient qui êtes nos aînés.

Tout petit, il ne prenait pas de place. Sans doute se contentait-il de sourire car il ne savait rien donner d’autre depuis la crèche où l’avait déposé Marie.

J.Toureille Eglise St Georges Jérusalem

Eglise Saint-Georges de Jérusalem

.

Dans le silence de la nuit, lorsque retentit l’acclamation de la nouvelle, Marie comme Joseph frémit d’émotion.

– Toi, mon Dieu et mon enfant !

DSC_0069

Notre-Dame de Paris

° ° °

Hubert Sud-Ouest-1

On imagine dans les yeux de Marie des larmes d’émotion devant tous ces bergers, ces personnages humbles mais émerveillés car quelque chose en eux leur disait : « Oui, c’est l’Emmanuel, réjouissez-vous, il est venu pour vous aimer ! »

Hubert Sud-Ouest-2

° ° °

Cette émotion que ressentirent également les Rois Mages guidés par l’étoile, nous voudrions cette année la partager tout particulièrement avec vous, habitants de cet Orient où Marie a mis son fils au monde, en reprenant ces mots de Mgr Pascal Gollnisch : « En ces jours de Noël, nous sommes proches de nos frères et sœurs d’Orient, ainsi que de tous ceux qui sont persécutés avec eux.
Que la naissance de Jésus et la béatitude qu’il a vécue, vous donnent une joie et une espérance plus fortes que la violence du monde. »

Les crèches que voici ont simplement pour objet de vous dire que nous sommes proches, très proches de vous.

Claude Turpin

crèche Muriel Lanchard

IMG_0221

 

IMG_0243IMG_0230

IMG_0240

 

crèche Muriel Lanchard-2

 

Crèche-Julia

(Crèches personnelles)

° ° °

DSC_0075

Crèche de Cracovie (Notre-Dame de Paris)

DSC_0084

DSC_0090

DSC_0099

(Détails de la Crèche de Cracovie)

DSC_0101

Crèche de Cracovie

° ° °

Crèche Cath Henry.JPG

Crèche Cath Henry-3.jpg

Crèche Cath Henry-2

Photo Claude Phelip

photo Kergariou

Nadine Loloum-IMG_0619

(Crèches privées)

° ° °

DSC_0116

Notre-Dame de Paris

DSC_0118

Notre-Dame de Paris

DSC_0117

Notre-Dame de Paris

église santal Barbara à La Valette (Malte) 1

Eglise Santa Barbara à La Valette (Malte)

° ° °

Hubert-CRECHE COLOMBIENNE

Crèche colombienne

° ° °

Hubert-crèche en bois polychrome de sainte anne D'Auray

Crèche en bois polychrome (Sainte-Anne d’Auray)

° ° °

Hubert-DSC_0066

Crèche privée

° ° °

Marie Descamps Reims (2)

Marie Descamps Reims (3)

Marie Descamps Reims (5)

(Crèches exposées à Reims)

° ° °

Marie Descamps Val de Grâce

Val de Grâce

° ° °

Marie Mail-1 du 28.12.15

Crèche en quilles jordaniennes

° ° °

Muriel Lanchard-Crèche catalane1

Muriel Lanchard-Crèche catalane2

Crèches catalanes

° ° °

VrignyCreche_T8_2015_12_20_0956

(Crèche de Vrigny)

° ° °

Naixement pessebre tradicional català-Julia

Naixement pessebre tradicional català

° ° °

Notre-Dame de la Nativité à Macao et la crèche

Notre-Dame de la Nativité à Macao

° ° °

Père H.Châtelet

Chapelle de La Croix Saint-Simon

° ° °

Philippe de la Mettrie

Charles-Jean-1

Charles-Jean-2

Crèche JMT

Crèches privées

° ° °

Rozenn-Village de Dangé St-Romain (86)

Village de Dangé Saint-Romain

° ° °

Stockholm-1 Julia

Stockholm-2 Julia

Crèches de Stockholm

° ° °

photo-l'Auberge de France (résidence des chevaliers français) à Birgu (Malte)

photo 2-palais de l'inquisiteur à Vittoriosia (Malte)

photo 3-palais de l'inquisiteur à Vittoriosia (Malte)

photo 4-palais de l'inquisiteur à Vittoriosia (Malte)

photo 1-palais de l'inquisiteur à Vittoriosia (Malte)

 » Malte est l’endroit le plus extraordinaire qui existe pour l’exposition de crèche ! Il y en a à chaque rond point, chaque vitrine, dans tous les bâtiments publics et même en guirlandes lumineuses traversant les rues, sans oublier bien sûr les crèches privées installées sur les balcons. Nous avons perdu l’habitude….  » (extrait du mail d’envoi de ces photos de Malte.)

° ° °

Amis d’Orient et pourtant très proches de nous par la pensée, plusieurs lecteurs de ce blog ont photographié pour vous ces crèches afin de vous adresser un message d’amitié et de soutien.

Merci à Marie de Saint-Chéron, Hubert Meaudre, Claude Turpin, Philippe de la Mettrie, Julia Argemi, Marie Descamps, Rozenn Roquet Montégon, Catherine et Bernard Henry, Christine Dézarnaud, Père Henri Châtelet, Claude et Bruno Phélip, Christiane et Bertrand de Kergariou, Muriel Lanchard, Bruno et Françoise Graisely, Nadine et Bertrand Loloum, Béatrice et Jacques Toureille, Marie-France et Charles-Jean Heyraud… et pardon si j’oublie un nom…

Nombreux sont les Chrétiens d’Occident et d’ailleurs qui prient pour vous, cette année plus encore que par le passé, afin que la force et le courage dont vous faites preuve en bravant les dangers au nom de votre foi, demeurent en vous, soient pour vous source d’un espoir infini et pour nous source d’estime et de profond respect à votre égard.

° ° °

.

Lecteurs qui venez de regarder ces crèches, vous désirez apporter une aide aux Chrétiens d’Orient ? Voici deux liens avec L’Œuvre d’Orient et l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) (mais sans doute les connaissez-vous déjà).

 

.

.

.

Les photos restent la propriété des personnes qui les ont envoyées,
merci de ne pas les reproduire sans autorisation.

JOYEUX NOËL !

Croyants (de toutes religions) et non-croyants, que Noël soit pour vous tous un temps de paix, de réflexion sur la beauté de la vie, sur la joie de s’aimer les uns les autres !

Que Noël ouvre nos yeux et nous aide à porter sur chacun un regard de respect et d’estime.

Et nous, Chrétiens, que la célébration de la Nativité ravive notre espérance et notre bonheur de nous savoir aimés par Celui qui est venu sur terre partager notre vie !

p-Joyeux Noël_2_modifié-1

SOYEZ HEUREUX !

.

Photo © Jean-Michel Touche

.

Noël, poème pour nous émerveiller !

 .

Copyright  2012 JMT

  L’ange que vous voyez, sonnant de la trompette,

Annonce au monde entier une grande nouvelle.

Oui, il est né le petit, en cette nuit si belle,

Pour qu’ici et ailleurs, sur toute la planète

 

La joie de vivre, d’être, libres de nos gestes,

Le bonheur d’exister et de s’en réjouir

Répandent un immense océan de sourires

Pour chacun ici-bas, qu’il soit riche ou modeste.

 

Amis, croyants ou non, prenez donc un instant

Pour laisser libre cours à ces pensées intimes

Qui ne durent parfois qu’un tout petit moment

Alors qu’on les voudrait immenses et sublimes.

 

Laissons-nous transporter jusqu’au plus grand mystère,

Celui de Dieu qui nous invite à nous aimer

Et nous donne son Fils afin que sur la terre

Nous puissions commencer à nous émerveiller.

.

J.M.T.

.

J O Y E U X   N O Ë L

.

Copyright  2012 JMT

Texte et photos © Jean-MichelTouche

.

.

Ne soyons pas cruches avec les crèches !

.

Cessons d’être cruches avec les crèches !

Certes, comme tout chrétien, on peut regretter la décision du Tribunal de Nantes de faire retirer la crèche installée au Conseil Général de Vendée, à la demande des Libres Penseurs.

C’est peut-être l’occasion de revoir nos connaissances au sujet des crèches qui nous portent à l’amour, pas à la guerre. Voici quelques éléments pour mieux se repérer et mieux comprendre. Ils sont tirés du conte « Passage d’Ephrata » publié en 2003 aux Editions de Fontenelle (Abbaye Saint-Wandrille-Rançon) dans la série Mystères et Fêtes, une très étrange enquête policière qualifiée par le magazine Le Pèlerin de « Polar de la Nativité« .

Copyright  2012 JMT

Quand a commencé la célébration de Noël ?

On a commencé à célébrer Noël, en Occident, dès le 4ème siècle de notre ère.

La date du 25 décembre a été retenue parce que l’on pensait que la naissance de Jésus devait marquer le début du nouveau cycle solaire. Or déjà les Romains célébraient ce jour-là la fête du dieu Soleil (Solis Invictus, soleil invincible).

En retenant cette date pour fêter la naissance du Messie, l’Eglise conduisait les hommes de la célébration de l’astre solaire à celle du Christ, « Lumière du Monde. » (Matthieu chapitre 4, verset 14 et Jean chapitre 8, verset 12 et chapitre 9, verset 5).

Cette fête prit rapidement de l’importance, à tel point qu’en l’an 559, sur ordre de l’empereur Justinien, il devint interdit de travailler le 25 décembre.

Quelle est l’origine de la crèche ?

Copyright  2012 JMT

Dans son récit de la Nativité, Saint Luc nous dit que Marie « enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’auberge. » (Luc 2,7)

Copyright  2012 JMT

Cette crèche était une mangeoire pour les animaux. Le sens du mot évolua pour désigner tout à la fois l’abri où avaient trouvé refuge Marie et Joseph, et la mangeoire elle-même. Aujourd’hui lorsque l’on parle de crèche on fait allusion à la scène de la Nativité, c’est-à-dire l’abri, la mangeoire, mais également tous les personnages. Tous, y compris le bœuf et l’âne… dont il n’est pourtant pas fait mention dans les évangiles, mais dont a parlé Isaïe dans ses propos prophétiques : « Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maître… » (Isaïe 1, 3)

Dès le Vème siècle les artistes s’emparèrent du thème de la crèche et réalisèrent de vrais chefs d’œuvre. En 1223, Saint François d’Assise le premier associa la crèche et la célébration de la Nativité, mais il semble qu’il faille attendre le milieu du XVIème siècle pour voir apparaître des crèches dans les églises durant les fêtes de Noël.

Devenues très populaires, elles ont ensuite pénétré au cœur des familles chrétiennes. De nos jours, nombre d’entre elles installent une crèche dès le temps de l’Avent, pour préparer Noël avec leurs enfants.

Copyright  2012 JMT

 D’où vient la coutume de la bûche de Noël  ?

Initialement, la bûche n’était pas le gâteau que l’on connaît aujourd’hui. Il s’agissait d’une bûche de grande dimension qui devait brûler dans la cheminée durant toute la période de la fête, et dont on conservait quelques morceaux pour allumer la bûche de l’année suivante.

Copyright  2012 JMT

 Et l’arbre de Noël, a-t-il lui aussi un sens  ?

Cet arbre si joliment paré de nos jours, symbolise à la fois le Paradis et la Lumière dans les ténèbres.

Copyright  2012 JMT

Du 11ème au 15ème siècles, de nombreux mystères (scènes religieuses) étaient interprétés sur les parvis des églises. Ils attiraient beaucoup de monde, en particulier l’un des plus populaires, le mystère du Paradis. Un arbre y représentait le Paradis. Il s’agissait d’un sapin, arbre éternel puisqu’il ne perd pas ses feuilles, auquel on accrochait des pommes rouges pour rappeler le fruit interdit et la faute d’Adam et Eve.

Au 17ème siècle, on commença d’installer des bougies et le sapin qui devint arbre de lumière et de salut.

La coutume de l’arbre de Noël se répandit surtout au 19ème siècle, et fut introduite en France en 1837 après le mariage du Duc d’Orléans avec la Princesse Hélène de Mecklenbourg.

Aujourd’hui, les décorations rappellent encore pour certaines les pommes rouges d’autrefois, et les guirlandes lumineuses ont avantageusement remplacé les bougies, mais encore faut-il avoir à l’esprit le sens de ces décorations pour aller au-delà de la simple apparence.

 Que dire du Père Noël  ?

Les cadeaux de Noël proviennent sans doute de l’habitude qu’avaient les Romains de s’offrir des cadeaux pour le jour de l’an.

Copyright  2012 JMTDe nos jours celui qui est censé les apporter, le Père Noël, est devenu un personnage de rue avec lequel les parents aiment faire photographier leurs enfants. Il a deux ancêtres. Saint Nicolas tout d’abord, un évêque très vénéré dans le nord de l’Europe, qui apportait des jouets aux enfants le 6 décembre, jour de sa fête. Le Père Janvier ensuite, imaginé sous la Révolution française sans doute dans le but de concurrencer les fêtes chrétiennes, mais qui n’a guère laissé de traces.

Il semblerait que l’apparence actuelle du Père Noël lui ait été donnée dans les années trente par Haddon Sundblom, un dessinateur qui travaillait pour Coca-Cola.

Véritable institution en France, le Père Noël dispose d’un bureau de Poste situé à Libourne, où est traité le volumineux courrier que lui adressent les enfants (800.000 lettres chaque année).

S’il reçoit une majorité de commandes de jouets, étonnamment les enfants lui adressent aussi des lettres qui constituent de véritables prières : pour la paix notamment, pour le bonheur dans le monde, etc.

Il est dommage que ces enfants se tournent vers le Père Noël, faute de connaître Dieu, pour lui présenter ce qui est certainement une prière sincère venant du cœur.

Que faut-il en conclure ?

L’aspect festif de Noël ne doit pas masquer le sens véritable de la Nativité.

Et si à notre tour nous prenions le temps de nous asseoir et de laisser un moment le champ libre à Dieu ? Juste pour qu’Il entrouvre notre propre fenêtre et nous fasse découvrir à quel point Il nous aime ?

Copyright  2012 JMT

Copyright  2012 JMT

 

Le faire serait un acte d’homme libre, libre de penser…  Après tout, pourquoi pas ?

Ensuite, nous aurions toute la vie pour comprendre que le nouveau-né de la crèche est réellement Le chemin, la vérité et la vie (Jean 14,6). Alors sans doute aurions-nous profondément envie de L’aimer et de nous aimer les uns les autres !

Voici trois liens pour voir sur le blog d’autres articles et photos sur Noël :

Crèches de Notre-Dame de Paris

Crèches personnelles, envoyées par les lecteurs du blog en 2012

Interview exclusive des santons de Noël

Si vous souhaitez envoyer des photos de vos crèches pour les faire paraître sur le blog, vous pouvez les adresser à  BlogJMT@gmail.com. Merci par avance.

.
.

Conte et photos © Jean-Michel Touche

.

.

LE TABLEAU ET L’ENFANT

.

LE TABLEAU ET L’ENFANT

 ( Conte de Noël )

Copyright  2012 JMT

          Quelle surprise, un matin de décembre, pour les premiers passants qui traversèrent le Passy Plazza ! Un grand tableau les attendait, posé à même le sol et appuyé contre la rampe de l’escalator. Une toile très sombre, couverte de poussière, signe qu’elle avait dû traîner de nombreuses années dans un grenier mal isolé.

C’est une femme qui, la première, se pencha et tenta de retirer la poussière à l’aide d’un mouchoir. Rien n’y fit. La poussière s’était étroitement mélangée à la peinture et refusait tout nettoyage. La dame se pencha davantage et regarda la toile avec attention.

– C’est quoi, Madame ? interrogea un jeune homme, surpris lui aussi par la présence du tableau.

– Je l’ignore, répondit la dame qui se mit à genoux et chaussa ses lunettes. C’est curieux, on dirait… Ah ! C’est trop sombre ! Voyez vous-même.

Le jeune homme à son tour s’approcha, tourna la tête, à droite puis à gauche et, malgré ses efforts, dut renoncer. « C’est dommage ! Elle est abîmée, cette toile, mais de bonne facture. Sait-on à qui elle appartient ? »

Copyright  2012 JMT

Personne, hélas, n’en avait la moindre idée. Toile dérobée ? Bien national restitué par un voleur repentant ? On pouvait tout supposer.

Un expert, dont on manda l’avis, se refusa à toute supposition. « Ce tableau, finit-il par déclarer après l’avoir examiné sur place durant pas loin d’une heure, doit être l’œuvre d’un peintre de génie. »

– En êtes-vous certain ? fit en riant un curieux qui s’affirmait bon connaisseur. Cette toile est aveugle, Monsieur, elle ne dit rien. Excès de marrons, de gris et de bleu nuit. Vous y reconnaissez quelque chose, vous ?

Près du tableau s’était formé un attroupement de clients qui discutaient entre eux, les bras chargés de cadeaux. « Si ça ne tenait qu’à moi, vous verriez ! » brava l’un d’eux, sans préciser la suite de sa pensée. « Je suis comme vous », rétorqua un autre brave en forçant des épaules d’un air menaçant.

Un enfant, plus fin aux deux sens du terme, se faufila derrière le tableau, juste pour voir. « C’est étrange, dit-il, on dirait que ça remue dans la toile. »

On se gaussa ! « Quel enfant ! A quoi s’amuse-t-il ? Allez, gamin, file ! »

Et l’enfant s’en alla, bouche close, paupières tristes, malheureux d’être ainsi fustigé.

Il en est un cependant qui prêta attention à la remarque de l’enfant. Se baissant plus qu’il ne l’avait fait jusque-là, l’expert, un homme à vrai dire sans âge, examina lui aussi l’envers de la toile, et demeura longtemps immobile, plongé aurait-on dit dans une méditation soudaine. Quand il se releva, son visage paraissait intrigué.

– Alors ? lui demanda-t-on.

– Peut-être a-t-il raison, répondit l’expert en s’en allant, sans préciser ce qu’il entendait par là, se contentant de désigner du doigt le revers du tableau qui était aussi blanc et lisse que l’endroit était sombre et foncé.

Copyright  2012 JMT

C’était le 24 du mois de décembre. Notez bien. Ah, les cadeaux ! Ah, les ripailles ! Tout le monde soudain se sentit appelé par le cours de la vie, et chacun s’échappa afin de rapidement regagner son logis.

° ° °

C’est dans la nuit que se produisit le phénomène étrange qui par la suite en étonna plus d’un !

Copyright  2012 JMTL’enfant, celui que les adultes avaient vilipendé, s’en retourna de nuit auprès de ce tableau qui l’avait tant troublé. Parvenant à s’introduire dans le Passy-Plazza, une faible lueur lui permit d’arriver jusqu’à l’étrange toile. A demi-rassuré, il s’approcha sans bruit. Et ce qu’il vit, vous ne pourrez le croire. Lui-même dut s’asseoir tant le spectacle était inattendu.

Sur l’envers de la toile avançait à présent une foule immense. Elle chantait et marchait jusqu’auprès d’une femme qui tenait dans ses bras un petit nouveau-né. Des anges dans la nuit sonnaient de la trompette. Il se produisit alors quelque chose que personne, jamais, n’avait eu l’occasion de voir. Une ombre de la toile s’adressa à l’enfant. Mais oui, c’est vrai ! Un conte ne ment jamais ! « Il manque un ange pour sonner de l’olifant. Tu viens ? »

.

.

 

          Et l’enfant pénétra dans la toile sous le regard heureux du nouveau-né.

Copyright  2012 JMT

Juste à côté du tableau figurait un petit écriteau de bois, encore plein de sa sève, sur lequel une main inconnue avait écrit ceci :

.

« Lorsque vos yeux cherchent en vain, appelez votre cœur. »

.

Texte et photos © Jean-Michel Touche

.

.

NOËL A SAINT-GERMAIN-DES-PRES

.

      Il rectifia une dernière fois son nœud de cravate, se regarda dans le miroir, eut pour son reflet un petit sourire mi-ironique mi-satisfait. Le sourire lui fut rendu en même temps qu’il le donnait. Il faut concéder qu’il portait plutôt bien une cinquantaine plus qu’amorcée.

DSC_2420_p

Ses chaussures noires étaient luisantes du cirage et du polissoir, le pli du pantalon de son costume sombre de bon faiseur était marqué comme il se devait. Sur le plastron de sa chemise blanche, finement rayée de bleu, une cravate de soie au motif discret jetait ses notes de couleur de bon ton.

DSC_2370Dix heures sonnèrent à la pendule du salon. Il eut un dernier regard complaisant pour les boutons de manchettes qui fermaient les poignets mousquetaires. Sur lesquels il exerça une légère traction afin que la chemise dépassât la manche de sa veste du nombre de centimètres requis. Il ouvrit une vaste penderie, choisit une écharpe en cachemire blanc, la noua autour de son cou. Il détacha un manteau bleu nuit qui attendait sur son cintre de bois, l’enfila, apprécia sa chaleur et le léger poids familier sur ses épaules. Enfin, il ganta ses mains de chevreau noir et souple.

Quelques instants plus tard, la porte cochère de l’immeuble se referma dans son dos et il prit à droite dans sa rue de Villersexel pour rejoindre le boulevard Saint-Germain. Il avait prévu de marcher jusqu’à la rue de Tournon où un couple d’amis l’attendait pour le réveillon de Noël en cette fin d’année 1962.

Il faisait froid. Aussi, pressa-t-il le pas et goûta-t-il la douceur réchauffante de son pardessus. Quelque part, devant lui, les cloches d’une église se mirent à résonner de leurs voix de bronze, appelant les fidèles à la messe de minuit. À ce bruit, quelque chose d’ancien, un peu triste, remua en lui, loin dans sa conscience. Il n’y prit pas garde. Ou si peu.

Copyright  2012 JMT

Quelques foulées plus loin, il déboucha sur le boulevard Saint-Germain illuminé par les décorations de fin d’année. Les passants étaient plus nombreux. Quelques familles emmitouflées se pressaient vers une église ou vers une table chargée de victuailles sortant de l’ordinaire. Un jeune couple le croisa, indifférent au temps et à l’heure, amoureux. À ce moment, le temps justement fraîchit encore et les premiers flocons voletèrent dans l’air avant de toucher mollement l’asphalte. Très vite, ils se firent plus nombreux.

Il approcha de la rue du Bac. À sa gauche, adossé au mur d’un immeuble, assis sur des cartons, un clochard trop légèrement vêtu tendait une main que le froid bleuissait et qui tenait, en guise de  sébile, un pauvre gobelet de plastique blanc. Le remarqua-t-il ? Il poursuivit son chemin. Eut-il conscience, quelques mètres plus loin, que la chaleur que lui avait procurée jusqu’ici son manteau, s’estompait ? Toujours est-il qu’il pressa l’allure.

Il traversa la rue du Bac. Vit-il la femme au visage creusé par les privations qui tenait un nourrisson dans ses bras trop maigres ? Seule la bise qui se leva et fit tourbillonner les flocons de plus en plus serrés eut pu le dire. Il passa, frissonnant, luttant contre le froid qui le saisissait, s’infiltrait sous le manteau dont on lui avait pourtant vanté les qualités calorifiques.

Alors, il eut faim. D’abord, il ressentit une envie bienfaisante, ce sentiment qui appelle des images de plats fumants, d’assiettes délicieusement garnies, des réminiscences d’estomac apaisé.

Copyright  2012 JMT

Puis, la faim s’accentua, tordit son ventre, se transforma en celle des miséreux qui sentent d’autant plus le besoin de nourriture qu’ils savent qu’ils ne pourront le satisfaire. Dans son esprit en proie à l’incompréhension, l’appartement de ses amis devint un havre de chaleur où il pourrait se réchauffer et se restaurer. Grelottant, mordu par une faim déchirante, il se hâta, courant presque, vers la fin de ces maux inexplicables. C’est ainsi qu’il dépassa, presque éperdu, l’église Saint-Thomas d’Aquin qui, éclairée, en retrait sur la petite place où débouchait la rue du même nom, ouvrait ses portes aux paroissiens.

C’est à ce rythme effréné qu’il traversa la rue Saint-Guillaume puis celle des Saints-Pères. _10

Et, c’est au pas d’un chasseur torturé qu’il croisa, sans y prêter attention, un vieil invalide, au visage marqué par la souffrance, à la barbe blanche, aux yeux d’un bleu délavé. Avançant à grand-peine sur des béquilles de bois, le vieillard lui tendit en vain une main tremblante sur laquelle un flocon de neige se posa.

La demie de dix heures se fit entendre et les cloches à nouveau carillonnèrent, lançant leur appel à la prière dans la nuit glaciale. Tendu vers son but, il n’entendit pas. Poursuivit sa course. Mais, il éprouva, tout à coup, une gêne dans les jambes. Sa marche se fit hésitante. Il eut l’impression que le bas de son corps se dérobait sous lui, entravant son avance. La vision rassurante de l’appartement de ses amis s’éloigna, se brouilla. Il s’approcha péniblement et douloureusement du trottoir, et héla un taxi qui roulait à vide. Le chauffeur tourna la tête vers cette silhouette qui fléchissait, claquait des dents et se tordait sous l’emprise de la faim. Lui, eut la vision d’une figure ricanante aux os saillants, aux orbites creuses, aux dents apparentes. L’automédon continua sa route sans même ralentir. Il gémit. Des hallucinations d’hôpitaux et de cimetières tournaient dans sa tête pleine de fièvre. Un autre, deux, trois taxis l’ignorèrent.

Désespéré, haletant, traînant les pieds, glacé jusqu’aux os, ravagé de douleur, il se traîna jusqu’au café-restaurant brillamment éclairé qui faisait le coin du boulevard. On devinait, par-delà les vitres, les convives attablés, ripaillant dans une aimable quoique artificielle atmosphère de fête.

Copyright  2012 JMT

À la porte de l’établissement, un garçon à veste blanche lui intima de passer son chemin. Il voulut protester, prétexta de sa qualité. Le cerbère demeura inflexible, lui demandant d’aller porter ses guenilles ailleurs. Malade, gelé, interloqué, il regarda interdit les haillons qui le couvraient maintenant. Il eut un sursaut, glissa sa main dans la veste de mauvais tissu, sortit un portefeuille qu’il ne reconnut pas pour l’objet en crocodile qu’il avait placé dans sa poche intérieure si peu de temps auparavant. Avec fébrilité, les doigts gourds et tremblants dans d’horribles mitaines en laine qui avaient, de manière mystérieuse, remplacé ses gants si délicats, il l’ouvrit, le trouva vide. Épuisé, il se détourna. Fit quelques pas avec grand peine. Deux larmes roulèrent au long de son nez. S’éloignant des lumières du réveillon, de la chaleur qu’il sentait rayonner derrière les carreaux du restaurant, il entra sur la place de l’église Saint-Germain-des-Prés et gagna, pantelant, le banc couvert de neige qui faisait face à l’édifice sacré.

_1140438

La tête lui tourna. Il se laissa tomber plutôt qu’il ne s’assit, ferma les yeux, appela la mort comme un oubli, la fin comme une délivrance. Comme sa raison se perdait, il eut conscience d’une main sur son bras, une main étonnamment ardente qui agissait comme un cataplasme salutaire. Il ouvrit les yeux. Assis sur le banc à ses côtés, le vieil homme infirme le regardait en souriant. « Viens frère, lui dit-il, encore un effort. » Sous cette voix apaisante, il fit appel au peu de vigueur qui lui restait et, s’appuyant sur le vieillard qui semblait par miracle avoir retrouvé les genoux de sa jeunesse, il chemina, tant bien que mal, vers le porche de l’église que les lumières de Noël faisaient accueillant. Déjà, il pouvait entendre le chant des fidèles s’élevant vers le Créateur. Déjà il pouvait respirer le parfum de l’encens. Toujours soutenu par son guide, il pénétra dans la demeure de Dieu. La ferveur qui y régnait lui tiédit le cœur. Le chant des fidèles s’élevait vers la voûte et, au-delà, vers les cieux, remerciant le Seigneur pour le don de son fils.

Copyright  2012 JMT

À gauche du narthex, était dressée la crèche. Grandeur nature, un âne et un bœuf entouraient la Sainte-Famille. Un voile blanc sur les cheveux, Marie leva vers lui son visage que les douleurs de l’enfantement marquaient encore.

Copyright  2012 JMT

Elle  ressemblait étrangement à la femme du boulevard qu’il avait croisée plus tôt sans la remarquer. Elle lui sourit d’un merveilleux et tendre sourire et il éprouva, dans son corps un doux sentiment de satiété et de chaude humanité. Puis son regard croisa celui de Joseph, celui du misérable vagabond du boulevard, plein de bonté, qui chassa peu à peu la glace de sa chair et de ses os pour laisser place à un lumineux bien-être. «C’est Noël, frère » murmura le vieillard et, à cet instant, ses membres retrouvèrent leur force d’avant.

Alors, bénissant l’enfant qu’il avait ignoré dans le froid et dans la nuit et qui, de son berceau de paille, semblait lui pardonner, il inclina la tête et pria.

.

Texte ©Michel Tirouflet

Photos © Jean-Michel Touche

.

Braves gens réveillez-vous !

Creche ND_Ange_p.

Braves gens qui dormez, réveillez-vous !

Approchez.

Regardez-le, ce tout petiot dans la mangeoire.

Mettez vos soucis à l’écart pour un moment. Je sais, tous les anges le savent, vous avez tous de gros soucis. Mais pour une fois, regardez la lumière de ses yeux, voyez l’espérance dans son tout petit visage, voyez l’amour dans son cœur.

Copyright  2012 JMT

Ah oui, un tout petiot. Pourtant, il n’a pas d’âge. Il est de tout temps et de partout, comme une légère brise dans la nuit, comme un souffle, minuscule peut-être mais rayonnant, superbe, infini. Peut-être n’est-il pas encore transfiguré… mais qu’en savons-nous ? Les paroles qu’il mettra dans nos vies sont les paroles du Verbe, toujours présent même le jour où il acceptera d’achever sa vie en condamné, cloué sur une Croix.

Oui, approchez, braves gens qui dormez encore. Voici l’enfant veilleur. Il vous attend. Tous. Petits et grands, majestés et serviteurs, forts et brisés, artistes et ouvriers, richissimes ou pauvres. Pour lui, cela ne compte pas : tous il vous aime.

Ne dites pas que  « le bus est en retard » ou « le métro en grève. » Il n’y a pas de grève du cœur. Un jour, quand il aura grandi, il vous donnera le secret du bonheur et vous invitera à vous aimer les uns les autres… comme il saura le faire lui-même. Mais pour l’instant, tout petiot comme il est, il n’attend qu’une chose : que vos regards se tournent vers lui et que vous vous laissiez saisir par son amour, au moins le temps d’un souffle.

Voici ce que je suis chargé de vous dire, moi, l’ange à la trompette.

.

. . . Alors. . .   à tous. . .    J O Y E U X   N O Ë L ! ! !

.

Photos © Jean-Michel Touche

.