BENARES (2) et fin du voyage (Extrait du journal 1982)

Dernières étapes du voyage
Delhi – Kathmandhu – Bénarès

Remarque :
Pour (re)trouver les précédentes étapes de ce voyage de 1982, il suffit de cliquer sur :  DelhiNépal-Etape 1,   Népal-Etape 2Népal-Etape 3, Bénarès (1)

Des photos plus nombreuses de ce voyage (Inde et Népal) se trouvent dès à présent sur le blog « A travers le regard ».

 

 

Aujourd’hui (2 février), j’ai vainement tenté de dénicher la petite mosquée dont on m’avait parlé en Oman. Personne ne semble la connaître.

J’ai donc retrouvé mon rickshaw man qui m’a de nouveau emmené en direction des ghats. Relativement tard cependant car il a fallu passer un bon moment dans les bureaux d’Indian Airlines afin de reconfirmer le billet pour Delhi et Bombay (démarche absolument nécessaire si l’on veut s’assurer de pouvoir reprendre l’avion…)

 

Mercredi 3 février

A nouveau les ghats. Le boatman rame en silence et l’on n’entend que les chants religieux et le grincement des rames qui frottent contre l’embarcation. Le soleil se cache, aujourd’hui encore, derrière un épais rideau de nuages qu’il traverse pourtant en quelques occasions pour éclairer les croyants dans leurs ablutions.

Nous remontons le Gange jusqu’à l’Asi ghat. Ici, plus de marche en pierre. Les gens se tiennent sur la berge en terre. Le batelier me montre différents bâtiments réservés aux sadhus et quelques-uns aux femmes pieuses. Près du ghat des crémations se dresse un édifice où se retirent les veuves. Elles y vivent grâce aux dons de riches Indiens. Plus loin, le palais du maharadja de Bihar avec ses trois tours. L’une d’elles servait d’ascenseur pour les femmes qui allaient au bain. L’ascenseur était actionné à bras d’hommes.

Croisé dans le Gange une vache morte, un chien crevé, des fleurs qui commencent à pourrir, une statue de divinité.

Différentes photos des ghats. Puis je me suis aventuré sans guide dans le chowk dont je suis sorti… bien loin de l’endroit que je voulais atteindre. Ça m’a donné l’occasion de tomber sur un cortège ouvert par des musiciens. En queue, porté dans un baldaquin, un jeune homme au visage masqué par un rideau de fleurs, qui se rend à ses noces…

 

Jeudi 4 février

Au réveil, brouillard sur Bénarès. Heureusement, il fait assez vite place à un magnifique ciel bleu, le premier ciel bleu depuis mon arrivée.

Aujourd’hui, visite de Jaunpur, capitale d’un éphémère royaume du XVème siècle. La route est parsemée d’obstacles car la chaussée, bien que d’assez bonne qualité, est trop étroite pour permettre à deux véhicules de se croiser ou de se doubler.

La traversée de différents villages ne manque pas de pittoresque ni de charme, avec les femmes en saris, les vaches blanches qui se reposent en ruminant le long des routes, ou boivent à un abreuvoir, ces milliers de bicyclettes qui évoquent les processions de fourmis. La campagne est très verte et très belle. Soixante kilomètres séparent les deux villes, mais il faut compter une heure et demie pour atteindre Jaunpur.

La première visite sera pour le Fort Rouge dont subsistent seulement des ruines, à l’exception d’une porte intéressante et de la mosquée Ibrahim Naib Barbak. Avant de pénétrer dans l’enceinte du fort, il faut remplir un cahier en inscrivant son nom, son adresse et l’heure d’arrivée.

La mosquée Ibrahim Naib Barbak est assez belle. C’est paraît- il la plus ancienne de Jaunpur. Quelques Indiens se promènent dans le parc. Plus loin, depuis ce qui devait être la muraille d’enceinte, vue magnifique sur la ville, le pont d’Akbar et l ‘Atala Masjid.

La voiture se fraie ensuite un chemin jusqu’à l’Atala Masjid dont la cour intérieure sert d’école publique d’un côté et abrite la madrasa de l’autre. Devant la salle de prière se dresse une haute façade qui fait office de minaret, surmontée par des haut-parleurs. Ce style de mosquée diffère de la conception des mosquées que l’on trouve traditionnellement en Inde.

Mon entrée est particulièrement remarquée par les jeunes écoliers qui se réjouissent de cette distraction inattendue (peu prisée au contraire par les professeurs qui les rappellent à l’ordre en leur donnant de légers coups de badine sur la tête.)  Du côté de la madrasa l’attention est beaucoup plus sérieuse et les élèves ne se tournent pas pour regarder passer l’étranger, sauf au moment de mon départ.

° ° °

Jami Masjid : coup de foudre! Avec son petit bassin central, ses palmiers de petite taille, la façade très pure et très belle de la salle de prière, cette mosquée incite au recueillement et à la méditation, tout comme les plus beaux cloîtres. A l’opposé de la salle de prière, une galerie sur laquelle donnent les chambres des religieux (ou des pèlerins ?)

Des sculpteurs taillent des blocs de pierre pour refaire la porte principale. A les voir ainsi au travail, penchés sur le matériau qui peu à peu prend forme, l’on imagine ce que devaient être les chantiers entourant les édifices en construction.

Laz Darwaza a Masjid: là encore je tombe sur la madrasa mais les cours sont terminés. L’un des professeurs me fait visiter les lieux.

Au retour, photos du fameux pont d’Akbar puis photos de scènes de rue. Par moments je suis l’attraction. Jamais (et aujourd’hui non plus) je n’ai ressenti la moindre appréhension au milieu d’une foule indienne. Et l’appareil de photos sert parfois à engager le dialogue avec ceux qui veulent être photographiés ou ceux qui veulent savoir ce qui intéresse un étranger.

Brusquement voici que parvient un brouhaha confus, de plus en plus fort. C’est la police qui tire un homme et lui fait faire le tour de la ville pour le montrer à la population. Il porte des traces de sang sur le haut du crâne et sur une de ses pommettes, et des marques blanches sur le reste du visage. Les policiers le tiennent littéralement en laisse, les mains serrées dans des menottes. La foule l’entoure. Une sourde tension monte. « Un voleur » commente le chauffeur.

Entre Jaunpur et Bénarès que nous regagnons en fin d’après-midi, nous croisons â nouveau des caravanes de dromadaires. Les bêtes sont nettement plus hautes et plus robuste d’apparence que celles de l’Oman.

 

Vendredi 5 Février

A nouveau, lever à l’aube. Ce matin enfin je peux voir le soleil se lever sur le Gange.

Les chants religieux gueulards disparaissent, gommés par la lueur qui éclaire peu à peu l’autre rive du fleuve. Lueur d’abord presque imperceptible. Une tache couleur de braise apparaît. Et le rond parfait du soleil jaillit de la terre. Le Gange renvoie des milliers d’étoiles aux clapots de l’eau. Moment fugitif dont la plus belle pierre précieuse ne saurait donner qu’une pâle idée.

Une heure en bateau. Puis longue, très longue marche sur les ghats qui sont, par endroits, d’une saleté repoussante. Beaucoup de photos. Je suis par moments arrêté par des hommes qui veulent être photographiés. L’un d’eux, un jeune renonçant, souhaite recevoir un tirage. Ce sera chose faite si toutefois je parviens à déchiffrer l’adresse qu’a écrite pour lui un passant (car le jeune homme ne sait ni lire ni écrire).

Où est la spiritualité, à Bénarès? Je pensais rencontrer Dieu (plus exactement je pensais trouver là une conscience collective de Dieu). Il y a certainement des hommes et des femmes sincères qui prient mais, je dois l’avouer, bien des sadhus et de renonçants m’ont donné l’impression d’exploiter la crédulité des pèlerins.

Eprouverais-je des sentiments du même ordre si, incroyant, je visitais Lourdes ? Je ne crois pas car la foi, quand elle s’exprime collectivement, devient presque palpable. Et même un Musulman priant seul, tourné vers la Mecque, donne une image de la foi.

Ici , au même endroit et en même temps, l’on peut voir un visage immobile, les yeux fermés, tourné vers le Gange et plongé dans la prière (ou la simple adoration) ; des renonçants fumant et devisant gaiement tout en prenant le soleil ; des brahmanes triturant des offrandes dans de l’eau sale, officiant pour quelques fidèles accroupis devant eux ; des gens en train de laver les régions les moins sacrées de leur corps ; des vaches ou des buffles laissant choir lourdement leurs excréments que des femmes ramassent à pleines mains pour en faire ces fameuses galettes utilisées comme combustible, une fois séchées.

Et pourtant, impossible de ne pas le voir, il passe par endroits un courant sacré. Faut-il un temps d’adaptation (ou s’être préalablement « vidé » l’esprit) pour comprendre ce qui est en train de se vivre ici ?

 

Samedi 6 Février

Dans quelques jours ce voyage prendra fin et je serai heureux de retrouver ma femme et mes enfants.

Sans doute croient-ils que je n’ai pas beaucoup pensé à eux, et pourtant voici quatre jours que je tente d’envoyer un télex à Mascate… sans succès.

Ce matin, visite de Sarnath où le Bouddha (« l’Illuminé ») prononça son premier sermon. Lieu de pèlerinage depuis plus de 6 siècles avant Jésus Christ, Sarnath est resté vénéré par les bouddhistes qui viennent parfois de très loin (des régions himmalayennes jusqu’à Sri Lanka) pour s’y recueillir.

Les monuments érigés sur ce site devaient être splendides, malheureusement les Musulmans détruisirent quasiment tout et saccagèrent nombre de statues et de bas reliefs.

Le musée contient de très belles choses. Regrettons toutefois que les murs soient recouverts d’une peinture bleu ciel délavée et que seules de minuscules fenêtres, placées au ras du plafond, éclairent les salles.

A l’extérieur, un vaste parc où se dressaient autrefois les monuments à présent en ruine -dont on peut cependant deviner l’ancienne splendeur.

Le temple principal, érigé au Vème ou VIème siècle, couvrait le lieu où avait vécu le Bouddha. Par endroits il reste de petits bas-reliefs représentant l’Illuminé. Comme nombre de pèlerins viennent chaque jour, il n’est pas étonnant de voir une de ces sculptures ornée d’un collier de fleurs.

Plus loin, la Dhamekh stupa, haute d’une quinzaine de mètres, construite dit-on à l’emplacement exact du premier sermon de Bouddha. Beaucoup de fidèles aux yeux bridés en font le tour en priant.

Ailleurs, un temple Jaïn avec une statue de Mahàvlra, fondateur du Jaïnisme, également appelé Jina, le « Victorieux ». Enfin, à l’extrémité du parc, un monastère bouddhiste de construction récente (1931): Mulagandhakuti Vihara.

Dernier arrêt à Sarnath (dans la cité cette fois) devant un temple tibétain.

 

° ° ° ° ° ° ° ° ° °

 

Voilà, le voyage est terminé, retour à Mascat où je retrouve avec joie épouse et enfants.

Il faudra de longs mois pour que toutes les rencontres, les émotions, les images de ce voyage, trouvent leur place dans le tiroir aux souvenirs. Et pour que les jugements parfois hâtifs se tempèrent à la mesure du temps qui passe…

.
.
.
Texte et photos © Jean-Michel Touche
.
.

 

POURVU QUE JUPITER NE DEVIENNE PAS JU… PITRE

Parmi les dangers de la politique vis-à-vis de ceux qui l’animent, on peut citer la prétention, l’orgueil, mais aussi la bêtise qui risque d’en devenir le fruit.

On a vu Monsieur Fillon, après des interventions de qualité au moment des primaires,  s’emmêler avec des affaires qu’il n’a pas su gérer, on voit en Turquie un orgueilleux qui se prend pour le sultan mondial, et aux Etats-Unis un milliardaire aux réactions inattendues et potentiellement dangereuses (ne serait-ce que pour le climat.) Arrêtons là, une liste complète serait très longue…

Et chez nous, que voyons-nous ?

La fibre de Monsieur Macron donne l’impression de se mettre à vibrer un peu trop vite. Chef de la France ? C’est vrai. Mais élu avec moins de la moitié des voix des inscrits (voir article précédent).

Un début de mandat un peu cafouilleux avec des informations d’un jour modifiées le lendemain, des chiffres susceptibles de changer du jour au lendemain (après avoir annoncé aux collectivités locales qu’elles devraient faire 10 milliards d’économie, Jupiter annonce que ça sera en réalité 13 milliards.)

Mais le grand cafouillage concerne ses rapports avec l’Armée. Que la France doive faire des économies, c’est une évidence. Mais où ?

Trois questions :

– Est-il logique de confier à l’Armée de notre pays un travail considérable tout en retirant 850 millions d’euros de son budget alors qu’il lui faut rénover son matériel ?

– Est-il anormal que le chef d’état-major de l’Armée mette en garde contre cette réduction (ne s’agit-il pas, au contraire, d’une remarque plus que justifiée, celle d’un spécialiste qui, s’il n’est pas Président de la République, connaît le fonctionnement de notre Armée et ses besoins alors que le Président n’en connaît rien ? Le chef d’état-major n’a-t-il pas tout simplement fait son travail ?)

– Est-il honnête de la part du Président de la République de déclarer qu’il n’est « pas digne d’étaler certains débats sur la place publique » alors que le Général de Villiers a déclaré son désaccord sur cette réduction de budget devant le président de la République lors d’un conseil de Défense, et devant la Commission de la Défense de l’Assemblée ? (cf France Info du 17/07/2017)

Gouverner un pays demande à la fois de l’intelligence, de l’autorité et du courage, mais aussi la modestie de réaliser qu’on ne sait pas tout et que « les autres » peuvent également donner des avis constructifs.

.

.

.

QUE FAIS-JE DONC ICI ?

Poème transmis par un ami,

A lire et méditer. Vous verrez, c’est à la fois très simple et très beau !
En bas de cette page vous trouvez une photocopie du texte manuscrit.

 

SOLITUDE

Quand on n’a que des murs
A regarder sans cesse…
Quand on n’a que des murs
Compagnons de vieillesse,
Quand on n’a que des murs
Qui de surcroît sont gris,
On se dit…
On se dit…
Que fais-je donc ici ?

Quand on n’a qu’une voix
Qu’aucune voix n’entend,
Quand on a oublié
Les souvenirs d’antan,
On se dit…
On se dit…
Que fais-je donc ici ?

Quand on dit de travers
Les mots de tous les jours,
Quand le nom d’un Ami
File hors de la mémoire
Vous jouant un bon tour,
On se dit…
On se dit…
Que fais-je donc ici ?

Si je crevais mes murs,
Si j’ouvrais mes fenêtres
Et faisais une lettre
A quelque Ami bien sûr…
Si j’allais rencontrer
Les passants de ma rue,
Si mon cœur endormi
Se remettait à vivre,
Je saurais tout à coup
Ce que je fais ici…

          ° ° ° ° ° ° °

Texte manuscrit

.

.

.

 

FILLON – QUAND ON REGRETTE D’AVOIR RAISON

.

          Oui, je regrette d’avoir eu raison lorsque j’ai publié « Au revoir Monsieur Fillon », début février de cette année.

Il ne s’agissait pas d’en vouloir à un homme (l’article ne portait d’ailleurs aucun jugement). En politique, on ne choisit par quelqu’un parce qu’il a l’air sympathique, qu’il est bien habillé et qu’il se dit « catho » (mais l’est-il ? Nous n’en savons rien.)
On choisit le candidat ou le programme qui semble le plus à même de gouverner et gérer un pays afin de réduire les inégalités, réduire le chômage, rendre la dignité à chacun, relever une éthique de vie, pour le bonheur de tous.

Le candidat parfait n’existe pas, on le sait. Si on ne peut que rarement choisir le meilleur, on vote le plus souvent pour celui qu’on pense le moins mauvais. A la primaire de droite, François Fillon avait séduit nombre d’électeurs. Se retrouvant le premier candidat officiel, on ne doit pas s’étonner que l’ensemble des autres candidats lui ait tiré dessus. On peut le regretter, mais  la politique fonctionne comme ça. Triste période en tout cas, durant laquelle on n’a vu que des candidats s’assassiner mutuellement au lieu de proposer des programmes intéressants et constructifs.

Triste spectacle !

Oui, François Fillon aurait dû réagir autrement qu’il ne l’a fait, lorsque le Canard s’est déchaîné. On aurait voulu voir soit un patron fort, courageux, volontaire, intelligent, voulant gouverner pour le bien de tous, soit un homme qui par dignité pour son pays et ses électeurs (et lui-même d’ailleurs) aurait donné sa démission.

Sa défense pendant une semaine en se référant à des « Boules puantes », « forces qui sont à l’œuvre pour me faire taire et tenter d’affaiblir ma candidature », « misogynie », « Si on veut m’attaquer qu’on m’attaque droit dans les yeux, mais qu’on laisse ma femme tranquille », n’a montré qu’un homme en train de piétiner, ne sachant pas comment prendre les choses en main.

La France a maintenant besoin (c’est en tout cas mon opinion) d’un gouvernement courageux de droite. Si M. Fillon avait présenté sa démission, soit une forte partie de la population aurait signé des pétitions lui demandant de revenir (il aurait alors gagné une immense pertinence), soit le numéro deux de la primaire aurait pris sa place et la droite aurait eu toutes ses chances de remporter la présidentielle. Car Alain Juppé, qui a joué la carte du meilleur pendant des mois et des mois, n’aurait alors pas dû avoir le droit de se retirer.

Au lieu de cela, François Fillon s’est enfermé dans une position qui a entraîné de nombreux départs (on peut le regretter, mais c’est ainsi), et sa définition de Plan B = Bérézina lui revient à présent en pleine figure, car la Bérézina c’est lui qui l’a récoltée (et nous par la même occasion.)

Les spécialistes du marketing savent une chose : dans la vie, il faut s’exprimer en fonction de deux éléments :

– le message qu’on veut faire passer,
– la manière de l’exprimer pour que les gens le comprennent.

 En politique, il semble que deux candidats seulement aient  découvert cette manière indispensable de procéder… hélas… :  Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui ont passé leur temps à caresser les déçus et les mécontents dans le sens du poil.

Redresser la France va exiger des efforts que tout le monde n’a pas nécessairement envie de supporter.

Réussirons-nous un jour à voir les acteurs politiques analyser tous les problèmes et toutes les solutions suggérées, avant de déclarer « Je sais, j’ai raison » ? Dans ce cas, peut-être que tout être humain pourrait vivre alors dans le respect et la joie ? Cela s’appelle l’Utopie sans doute ?..

.

Jean-Michel Touche

.

DANS LA JOIE DE PÂQUES

.

Dans la joie de la résurrection, dans l’espérance de la vie véritable à laquelle nous sommes tous invités, dans le courage qui nous vient du Seigneur pour pardonner, respecter, estimer et plus encore aimer, échangeons notre flamme, les uns les autres, pour que sourires remplacent larmes et qu’amour remplace haine.

Après la question que pose le Christ
d’année en année. . .

Ô mon peuple, que t’ai-je fait ?     
En quoi t’ai-je contristé ?
Réponds-moi !..

.

.

.

.

.

.

.

.

. . . Rapprochons-nous pour échanger cette flamme qui illuminera nos vies.

Dans la joie de cette fête sans pareil,
que Pâques apporte à tous
une inspiration et un bonheur nouveaux.

JMT

.

La photo du Christ a été prise dans le Trésor
de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

LA CONFESSION

Lire la suite

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE SUR NOÊL

11-12-16-st-lambert-de-vaugirard-002

 

NOËL…

POUR EN SAVOIR UN PEU PLUS…

Nous voici donc revenus de notre voyage, après cette contemplation de la Nativité qui a tellement bouleversé Jean-Baptiste : un enfant nouveau-né, posé sur une mangeoire en guise de berceau !

À travers les gestes de plus en plus festifs et commerciaux qui, de nos jours, précèdent et accompagnent Noël, il peut être intéressant de connaître le sens profond des traditions. Peut-être aurons-nous alors le désir de dépasser le simple plaisir ou l’esthétique, et d’emprunter à notre tour le passage d’Éphrata.

 

Jésus, est-ce vrai ?

Ce Jésus dont on dit qu’il est né dans une crèche à Bethléem et qu’il est mort sur une croix, a-t-il vraiment existé ?

Eh bien, oui ! Jésus, l’Emmanuel, a vrai­ment existé, il y a vingt siècles.

À l’époque où il va naître, Rome est la puis­sance dominante du bassin méditerranéen. Ses armées sont partout. Parmi les territoires qu’elles occupent figure Israël, un petit pays de rien du tout. Les Hébreux, ses habitants, for­ment un peuple remuant et difficile à gouver­ner, qui peut se soulever à tout moment pour des motifs religieux.

Or justement les Hébreux attendent un Messie (celui qui est « oint », c’est-à-dire choisi par Dieu). Plusieurs prophètes en ont annoncé la venue, en particulier Isaïe, au VIIIe siècle avant Jésus Christ (cf. Isaïe, chapitres 6 à 12). En la personne de cet envoyé de Dieu, c’est un chef au pouvoir temporel qu’atten­dent les Juifs.

Mais Jésus n’est pas venu pour cela et il se méfiera toujours que l’on puisse lui prêter un tel pouvoir. Même lorsque Pilate l’interrogera, après son arrestation, il dira : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » On peut s’étonner que les historiens de l’époque aient si peu parlé de Jésus, mais il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, sauf à ce qu’elle intervienne dans une famille royale, toute naissance était « banale ». Qui donc se serait intéressé à celle d’un enfant dans la fa­mille d’un charpentier venu se faire recenser à Bethléem sur ordre d’un empereur romain ?

Ensuite « l’information » n’était pas la pré­occupation majeure des gens de ce temps.

Ce que nous savons de Jésus provient essentiellement de sources chrétiennes. Mais dans son remarquable ouvrage intitulé « Croire », Bernard Sesboüé rappelle que trois auteurs romains l’ont également mentionné dans leurs écrits :

Pline le Jeune (112 après J.-C.), dans une lettre à l’empereur Trajan, parle de la présence de chrétiens dans la province de Bithynie dont il était le légat. Il indique à leur sujet qu’ils « s’assemblent à date fixe avant le lever du jour, et chantent entre eux des hymnes au Christ comme à un Dieu… »

Tacite (vers 116 après J.-C.) raconte dans « Les Annales » que Néron accusa les chré­tiens d’être responsables du grand incendie de Rome. « Ce nom leur vient, écrit-il, de Christ qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pilate. »

Suétone (vers 120 après J.-C.), dans la « Vie de l’empereur Claude », mentionne que les Juifs se soulevaient continuellement à l’ins­tigation d’un certain Chrestos. Aussi, ajoute-t-il, l’empereur Claude les chassa-t-il de Rome.

Ces allusions au Christ ne constituent évi­demment pas une documentation détaillée, mais elles ont le mérite de confirmer l’existence de Jésus, centre des Évangiles, et sa condamna­tion à mort sur ordre du procurateur Pilate.

Quand a commencé la célébration de Noël ?

On a commencé à célébrer Noël, en Occi­dent, dès le IVe siècle de notre ère.

La date du 25 décembre a été retenue parce que l’on pensait que la naissance de Jésus devait marquer le début du nouveau cycle solaire. Or déjà les Romains célébraient ce jour-là la fête du dieu Soleil (Sol Invictus, soleil invincible).

En retenant cette date pour fêter la naissan­ce du Messie, l’Église conduisait les hommes de la célébration de l’astre solaire à celle du Christ, « Lumière du monde ».

Cette fête prit rapidement de l’importance, à tel point qu’en l’an 559, sur ordre de l’empe­reur Justinien, il devint interdit de travailler le 25 décembre.

 

Quelle est l’origine de la crèche ?

Dans son récit de la Nativité, saint Luc nous dit que Marie « enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie ».

Cette crèche était une mangeoire pour les animaux. Le sens du mot évolua pour désigner tout à la fois l’abri où avaient trouvé refuge Marie et Joseph, et la mangeoire elle-même. Aujourd’hui, lorsque l’on parle de crèche, on fait allusion à la scène de la Nativité, c’est-à-dire l’abri, la mangeoire, mais également tous les personnages. Tous, y compris le bœuf et l’âne… dont il n’est pourtant pas fait mention dans les évangiles, mais dont a parlé Isaïe dans ses propos prophétiques : « Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maî­tre… »

Dès le Ve siècle les artistes s’emparèrent du thème de la crèche et réalisèrent de vrais chefs-d’œuvre. En 1223, saint François d’Assise le premier associa la crèche et la célébration de la Nativité, mais il semble qu’il faille attendre le milieu du XVIe siècle pour voir apparaître des crèches dans les églises durant les fêtes de Noël.

Devenues très populaires, elles ont ensuite pénétré au cœur des familles chrétiennes. De nos jours, nombre d’entre elles installent une crèche dès le temps de l’Avent, pour préparer Noël avec leurs enfants.

 

D’où vient la coutume de la bûche de Noël ?

Initialement, la bûche n’était pas le gâteau que l’on connaît aujourd’hui. Il s’agissait d’une bûche de grande dimension qui devait brûler dans la cheminée durant toute la période de la fête, et dont on conservait quelques morceaux pour allumer la bûche de l’année suivante.

 

Et l’arbre de Noël, a-t-il lui aussi un sens ?

Cet arbre si joliment paré de nos jours, symbolise à la fois le Paradis et la Lumière dans les ténèbres.

Du XIe au XVe siècles, de nombreux mystères (scènes religieuses) étaient interprétés sur les parvis des églises. Ils attiraient beaucoup de monde, en particulier l’un des plus populaires, le mystère du paradis. Un arbre y représentait le paradis. Il s’agissait d’un sapin, arbre éternel puisqu’il ne perd pas ses feuilles, auquel on ac­crochait des pommes rouges pour rappeler le fruit interdit et la faute d’Adam et Eve.

Au XVIIe siècle, on commença d’installer des bougies et le sapin qui devint arbre de lumière et de salut.

La coutume de l’arbre de Noël se répandit surtout au XIXe siècle, et fut introduite en Fran­ce en 1837 après le mariage du duc d’Orléans avec la princesse Hélène de Mecklenbourg.

Aujourd’hui, les décorations rappellent encore pour certaines les pommes rouges d’autrefois, et les guirlandes lumineuses ont avantageusement remplacé les bougies, mais encore faut-il avoir à l’esprit le sens de ces décorations pour aller au-delà de la simple apparence.

Que dire du Père Noël ?

Les cadeaux de Noël proviennent sans doute de l’habitude qu’avaient les Romains de s’offrir des cadeaux pour le jour de l’an.

De nos jours celui qui est censé les appor­ter, le Père Noël, est devenu un personnage de rue avec lequel les parents aiment faire photo­graphier leurs enfants. Il a deux ancêtres. Saint Nicolas tout d’abord, un évêque très vénéré dans le nord de l’Europe, qui apportait des jouets aux enfants le 6 décembre, jour de sa fête. Le Père Janvier ensuite, imaginé sous la Révolution française, sans doute dans le but de concurrencer les fêtes chrétiennes, mais qui n’a guère laissé de traces.

Il semblerait que l’apparence actuelle du Père Noël lui ait été donnée dans les années trente par Haddon Sundblom, un dessinateur qui travaillait pour Coca-Cola.

Véritable institution en France, le Père Noël dispose d’un bureau de poste situé à Libourne, où est traité le volumineux courrier que lui adressent les enfants (800.000 lettres chaque année).

S’il reçoit une majorité de commandes de jouets, étonnamment les enfants lui adressent aussi des lettres qui constituent de véritables prières : pour la paix notamment, pour le bon­heur dans le monde, etc.

Il est dommage que ces enfants se tournent vers le Père Noël, faute de connaître Dieu, qui s’est révélé en Jésus, pour lui présenter ce qui est certainement une prière sincère et belle, venant du cœur.

 

Que faut-il en conclure ?

L’aspect festif de Noël ne doit pas masquer le sens véritable de la Nativité.

Comme l’a découvert Jean-Baptiste avec émerveillement, dans ce court récit du Passage d’Éphrata, Dieu s’est fait homme dans l’humi­lité, la simplicité, la confiance.

Benjamin a découvert avec son cœur ce que Samuel n’a pas vu avec ses yeux.

Il a fallu que Dieu Lui-même entrouvre la fenêtre de la chambre, pour que Samuel découvre dans un simple souffle d’air l’amour illimité du Créateur.

Et si à notre tour nous laissions un mo­ment le champ libre à Dieu ? Juste pour qu’Il entrouvre notre propre fenêtre et nous fasse découvrir à quel point Il nous aime ?

Le faire serait un acte d’homme libre. Ensuite, nous aurions toute la vie pour com­prendre que le nouveau-né de la crèche est réellement le chemin, la vérité et la vie. Alors sans doute aurions-nous profondément envie de L’aimer et de nous aimer les uns les autres.

 

.

.

© Jean-Michel Touche

 

Pour retrouver les différents épisodes de Passage d’Ephrata :

Episode 1
Episode 2
Episode 3
Episode 4
Episode 5
Episode 6
Episode 7

Pour en savoir davantage sur Noël

PASSAGE D’EPHRATA a été publié en 2003 par les Editions de Fontenelle (Abbaye de Saint-Wandrille), qui ont bien voulu que ce conte soit cette année raconté sur le Blog. Je les en remercie !

%d blogueurs aiment cette page :