BÉBÉS SUR CATALOGUE


 

En avril 2013 (il y a presque 6 ans), La Croix avait publié un article intitulé Au Danemark, des bébés sur Catalogue, article que vous pouvez voir en cliquant sur son titre.

Sur un site Internet multilingue, peut-on lire dans l’article, « les clientes peuvent combiner les caractéristiques afin de dénicher le géniteur idéal, et commander en ligne. »

Alors qu’autrefois on choisissait un animal de compagnie, aujourd’hui le choix peut se porter sur un enfant. C’est mieux, non ? Un tout petit que l’on reçoit parce qu’une autre femme l’a porté dans son corps. Si on a cliqué sur les bonnes cases pour choisir les qualités que l’on attend, le petit sera mignon, sage, affectueux, drôle… et plus encore.

Imaginez la scène : une personne désirant à tout prix « acheter » un enfant sans avoir à le « faire » elle-même, s’asseoit devant un ordinateur, ou pourquoi pas avec un smartphone sur les genoux,  et cogite devant les propositions différentes :

– Que voulez-vous ? Une fille ou un garçon ?  

Euh, je ne sais pas, on verra.

– Des yeux bleus ?

Oui, pourquoi pas, se dit cette personne, c’est joli des yeux bleus. Ah ! On peut aussi choisir du vert ? Ah ! J’hésite ! Bon, je passe à la suivante, je déciderai après.

– Des cheveux blonds ?

Là, d’accord, je clique. Ensuite ?

Petit, moyen, grand ?

Ça, je ne sais pas. Il ne faut pas qu’il soit beaucoup plus grand que moi. Bon, je passe à la suivante, je réfléchirai un peu plus tard. Question suivante ?

Quel niveau d’intelligence ? Minimum ? Moyen ? Élevé ?

Voyons ! C’est un problème, ça. Il ne faut pas se tromper. Qu’est-ce qu’on va faire de lui ? Hum… je me méfie. Il ne faut pas qu’il soit idiot bien sûr. Mais ça m’ennuierait qu’il soit beaucoup plus intelligent que nous, ça poserait des problèmes. Bof ! Finalement tant pis, je clique sur « Haut niveau ». On verra bien.

Et voilà comment, ainsi que l’a exprimé Jacques Testart, le père scientifique du premier bébé éprouvette français, « demain on fabriquera des enfants comme des objets » et « Tout le monde finira par choisir le même bébé.»

Or, avait précisé Jean-François Mattéi, ancien ministre de la santé et ancien président de la Croix Rouge française, « Nous sommes libres parce que nous sommes le fruit du hasard. »

Pour sa part, Thomas Ploug, membre du Conseil d’éthique et professeur de philosophie à l’université d’Aalborg (Danemark), avait dit : « Une tendance inquiétante se dessine. Nous passons d’une conception de l’enfant comme un don à une conception de l’enfant comme une donnée que l’on contrôle. Plus vous le profilez, plus vous en faites un objet »(également indiqué dans l’article de La Croix).

° ° °

PMA et GPA vont engendrer (engendrent déjà) un business énorme.Rien qu’aux Etats-Unis, le chiffre d’affaires de la procréation médicalement assistée a été estimé par une économiste de Harvard à 3 milliards de dollars.En Ukraine, on loue son utérus pour quelques milliers d’euros. Dans plusieurs pays, des femmes n’ont plus d’autres ressources que de louer leur ventre (Bangladesh notamment).

Or tout n’est pas si simple qu’on pourrait le penser. Exemple : aux Etats-Unis, réalisant que l’homme pour qui elle porte des triplés est un véritable « paranoïaque », une mère porteuse a voulu adopter les trois bébés, ce que lui a refusé la justice, une première fois puis en appel (information venant du Washington Post le 16/05/2018.) L’inverse peut arriver : de futurs parents ne veulent plus du bébé commandé (soit changement d’avis, soit le bébé est différent de ce qu’ils voulaient : fille au lieu de garçon ou l’inverse par exemple…)

° ° °

La généralisation de la GPA et de la PMA pour tous au fur et à mesure des générations à venir, serait un danger profond pour l’humanité. Les êtres humains deviendraient peu à peu un être unique, sans différence entre les uns et les autres, tous même profil, même taille, même niveau de réaction et d’intelligence. Cela signifierait la fin de l’être humain et son renversement vers une sorte d’être robotisé, surtout s’il abandonne également l‘essentiel de sa vie personnelle et de sa pensée à l’intelligence artificielle.

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