DELHI – KATHMANDU – BENARES (Extrait du journal 1982)


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Voyage réalisé en janvier et février 1982
depuis le Sultanat d’Oman

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Lundi 25 janvier 1982

Le Boeing 747 d’Air India va se mettre à rouler dans quelques instants, sur la piste de Seeb International Airport et s’envoler à destination de Delhi. Françoise et les enfants m’ont accompagné jusqu’en salle d’enregistrement, sans doute regarderont-ils s’envoler l’appareil.

Après deux heures et demie d’un trajet sans histoire, atterrissage à Delhi et retard habituel dans la livraison des bagages. Une hôtesse d’accueil d’Air India, envoyée par mon ami Gupté, m’attend pour faciliter les formalités de Police et de Douane.

Akbar Hôtel. Beaucoup de monde car demain la République Indienne célèbre sa fête nationale, « Republic Day ». A la coffee shop, c’est l’atmosphère artificielle des tous les restaurants internationaux de cette catégorie : aseptisée et conventionnelle.

Le steak que j’attendais se faisant attendre plus longtemps que la normale, le serveur à qui je demandai des nouvelles du plat prit une mine embarrassée et appela un chef de salle qui m’annonça, avec beaucoup de componction :

– I’m sorry, Sir, your steack has burnt accidentally. But another one is on the way !

J’avoue être gêné par cette conversation, dans un pays dont une partie de la population connaît encore la faim !

 

Mardi 26 janvier

Aujourd’hui commence véritablement le voyage.
Le taxi, une inévitable « Ambassador » jaune et noire, s’éloigne de l’hôtel après que le chauffeur ait indiqué à ses pairs, en passant près d’eux, que nous nous rendions au Qutub Minar.

En dépit d’un ciel gris et sombre – et parfois même d’un peu de pluie – il faut bien faire quelques photos de ce minaret, le plus élevé du monde. Pas de chance : une barrière interdit l’accès à l’escalier interne dont l’effondrement d’un grand nombre de marches, peu de semaines auparavant, a provoqué la mort de plusieurs personnes dans la bousculade qui a suivi.

 

Près du minaret se trouve Alai Darwaza qui devait servir d’entrée à la mosquée Quwwat-al-Islam, et le tombeau de l’Imam Zamin. Toujours à proximité, on voit le tombeau d’Iltutmish (dont le dôme est aujourd’hui absent) et la Quwwat-al-Islam Masjid.

Quittant le site du Qutub Minar, le taxi prend la route du Fort Rouge, difficilement car la circulation est canalisée en raison de la parade militaire. Un Indien me fait signe de le suivre pour trouver une place d’où il sera facile de prendre des photos. En réalité le défilé passe assez loin de nous !

Retour au Fort Rouge, impressionnante masse qui manque assurément de charme. Près de l’enceinte stationnent deux régiments de Rajpoutes (du Rajhastan), l’un de cavaliers, l’autre de chameliers. Les bêtes s’abreuvent dans des bassins de toile mis en place par l’Intendance. Une foule de curieux se presse pour assister au spectacle et les soldats posent, prenant devant le photographe une mine farouche et guerrière.

Aprés le Fort Rouge, visite du tombeau Humayun. Le soleil s’étant mis de la partie, tout prend immédiatement plus de relief. Le tombeau d’Isa Khan surpasse en beauté celui d’Humayun , à la fois trop rigide et trop chargé. Au fond du parc, deux bâtiments dont l’un couvert d’un dôme bleu.

 

Mercredi 27 janvier

Au réveil, surprise: le brouillard recouvre Delhi, on ne voit rien au-delà des fenêtres.

Après la reconfirmation des billets Bombay-Muscat et Delhi-Kathmandu, nous (le taxi et moi) allons à Nizam ud Din, village demeuré à l’écart de la modernisation de Delhi. A l’entrée du sanctuaire du derviche Nizam ud Din, un homme bien mis et d’apparence aisée m’apprend que son père est en charge de l’entretien du sanctuaire… sans doute pour bien me faire comprendre que je serai taxé à la sortie, au nom des bonnes œuvres

Quelques belles pierres sculptées, mais la visite est gâchée par mon guide qui ne veut rien savoir pour me laisser tranquille. Autour de la mosquée, des Musulmans discutent par petits groupes ou méditent. L’un d’eux psalmodie des sourates.

A la mi-journée, le taxi me dépose devant Lodi Garden. Le chauffeur va faire une petite sieste en attendant mon retour. Il est tout heureux, ça ne lui arrive pas souvent d’avoir ainsi un client pour deux journées complètes.

Lodi Garden, c’est vraiment très beau : en dépit de la brume que le soleil ne parvient pas encore à dissiper, en dépit également de cette humidité froide, voire peut-être à cause d’elle. Une atmosphère de mystère entoure les édifices. Depuis l’intérieur de la Bara Gumbad Masjid on peut voir une ancienne hostellerie, sur la gauche, et à droite une salle de prière où la lumière tamisée par la brume jette comme une poussière d’or. Voici encore le tombeau de Shish Gumbad avec ses étroites fenêtres puis celui de Sikandar Lodi, entouré d’arcades sous lesquelles rêve un homme accroupi.

Le soleil à présent brille à nouveau. Nous retournons au Fort Rouge et la voiture s’arrête près de Lahore Gate. Il y  a foule : des tas d’Indiens font la queue pour entrer dans le fort. C’est d’ailleurs frappant de voir le nombre d’Indiens qui visitent les richesses de leur pays.

 

Aprés le Fort Rouge je me promène dans Chandli Chowk . Une véritable marée humaine déambule dans cette large artère, version indienne par endroits de la cour des miracles. Petits commerces en tout genre, estropiés et aveugles, exploitants des machines électriques à prédire l’avenir ! La vie grouille avec ses relents de parfums divers, ses bruits et ses couleurs. Ce pourrait être sordide… et c’est superbe.

Un spectacle de danses folkloriques se déroule dans un théâtre en plein air, la nuit venue. Mais il fait tellement froid qu’il est impossible de rester jusqu’au bout.

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Pour voir la partie de ce voyage concernant le Népal,
cliquer sur

Et pour voir un recueil de photos prises au cours de ce voyage, cliquer sur
Népal – carnet de voyage

Ces pages ont été publiées en mai 2015 en hommage aux Népalais, quelques jours après le tremblement de terre dont le Népal a été victime.

 

 

Texte et photos © Jean-Michel Touche
Développés en Oman avec les moyens du bord
les négatifs ont beaucoup souffert avec le temps,
ce qui explique la qualité parfois sommaire de certains tirages.
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