POUR EN SAVOIR DAVANTAGE SUR NOÊL


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NOËL…

POUR EN SAVOIR UN PEU PLUS…

Nous voici donc revenus de notre voyage, après cette contemplation de la Nativité qui a tellement bouleversé Jean-Baptiste : un enfant nouveau-né, posé sur une mangeoire en guise de berceau !

À travers les gestes de plus en plus festifs et commerciaux qui, de nos jours, précèdent et accompagnent Noël, il peut être intéressant de connaître le sens profond des traditions. Peut-être aurons-nous alors le désir de dépasser le simple plaisir ou l’esthétique, et d’emprunter à notre tour le passage d’Éphrata.

 

Jésus, est-ce vrai ?

Ce Jésus dont on dit qu’il est né dans une crèche à Bethléem et qu’il est mort sur une croix, a-t-il vraiment existé ?

Eh bien, oui ! Jésus, l’Emmanuel, a vrai­ment existé, il y a vingt siècles.

À l’époque où il va naître, Rome est la puis­sance dominante du bassin méditerranéen. Ses armées sont partout. Parmi les territoires qu’elles occupent figure Israël, un petit pays de rien du tout. Les Hébreux, ses habitants, for­ment un peuple remuant et difficile à gouver­ner, qui peut se soulever à tout moment pour des motifs religieux.

Or justement les Hébreux attendent un Messie (celui qui est « oint », c’est-à-dire choisi par Dieu). Plusieurs prophètes en ont annoncé la venue, en particulier Isaïe, au VIIIe siècle avant Jésus Christ (cf. Isaïe, chapitres 6 à 12). En la personne de cet envoyé de Dieu, c’est un chef au pouvoir temporel qu’atten­dent les Juifs.

Mais Jésus n’est pas venu pour cela et il se méfiera toujours que l’on puisse lui prêter un tel pouvoir. Même lorsque Pilate l’interrogera, après son arrestation, il dira : « Mon royaume n’est pas de ce monde. » On peut s’étonner que les historiens de l’époque aient si peu parlé de Jésus, mais il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, sauf à ce qu’elle intervienne dans une famille royale, toute naissance était « banale ». Qui donc se serait intéressé à celle d’un enfant dans la fa­mille d’un charpentier venu se faire recenser à Bethléem sur ordre d’un empereur romain ?

Ensuite « l’information » n’était pas la pré­occupation majeure des gens de ce temps.

Ce que nous savons de Jésus provient essentiellement de sources chrétiennes. Mais dans son remarquable ouvrage intitulé « Croire », Bernard Sesboüé rappelle que trois auteurs romains l’ont également mentionné dans leurs écrits :

Pline le Jeune (112 après J.-C.), dans une lettre à l’empereur Trajan, parle de la présence de chrétiens dans la province de Bithynie dont il était le légat. Il indique à leur sujet qu’ils « s’assemblent à date fixe avant le lever du jour, et chantent entre eux des hymnes au Christ comme à un Dieu… »

Tacite (vers 116 après J.-C.) raconte dans « Les Annales » que Néron accusa les chré­tiens d’être responsables du grand incendie de Rome. « Ce nom leur vient, écrit-il, de Christ qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Pilate. »

Suétone (vers 120 après J.-C.), dans la « Vie de l’empereur Claude », mentionne que les Juifs se soulevaient continuellement à l’ins­tigation d’un certain Chrestos. Aussi, ajoute-t-il, l’empereur Claude les chassa-t-il de Rome.

Ces allusions au Christ ne constituent évi­demment pas une documentation détaillée, mais elles ont le mérite de confirmer l’existence de Jésus, centre des Évangiles, et sa condamna­tion à mort sur ordre du procurateur Pilate.

Quand a commencé la célébration de Noël ?

On a commencé à célébrer Noël, en Occi­dent, dès le IVe siècle de notre ère.

La date du 25 décembre a été retenue parce que l’on pensait que la naissance de Jésus devait marquer le début du nouveau cycle solaire. Or déjà les Romains célébraient ce jour-là la fête du dieu Soleil (Sol Invictus, soleil invincible).

En retenant cette date pour fêter la naissan­ce du Messie, l’Église conduisait les hommes de la célébration de l’astre solaire à celle du Christ, « Lumière du monde ».

Cette fête prit rapidement de l’importance, à tel point qu’en l’an 559, sur ordre de l’empe­reur Justinien, il devint interdit de travailler le 25 décembre.

 

Quelle est l’origine de la crèche ?

Dans son récit de la Nativité, saint Luc nous dit que Marie « enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie ».

Cette crèche était une mangeoire pour les animaux. Le sens du mot évolua pour désigner tout à la fois l’abri où avaient trouvé refuge Marie et Joseph, et la mangeoire elle-même. Aujourd’hui, lorsque l’on parle de crèche, on fait allusion à la scène de la Nativité, c’est-à-dire l’abri, la mangeoire, mais également tous les personnages. Tous, y compris le bœuf et l’âne… dont il n’est pourtant pas fait mention dans les évangiles, mais dont a parlé Isaïe dans ses propos prophétiques : « Le bœuf connaît son possesseur, et l’âne la crèche de son maî­tre… »

Dès le Ve siècle les artistes s’emparèrent du thème de la crèche et réalisèrent de vrais chefs-d’œuvre. En 1223, saint François d’Assise le premier associa la crèche et la célébration de la Nativité, mais il semble qu’il faille attendre le milieu du XVIe siècle pour voir apparaître des crèches dans les églises durant les fêtes de Noël.

Devenues très populaires, elles ont ensuite pénétré au cœur des familles chrétiennes. De nos jours, nombre d’entre elles installent une crèche dès le temps de l’Avent, pour préparer Noël avec leurs enfants.

 

D’où vient la coutume de la bûche de Noël ?

Initialement, la bûche n’était pas le gâteau que l’on connaît aujourd’hui. Il s’agissait d’une bûche de grande dimension qui devait brûler dans la cheminée durant toute la période de la fête, et dont on conservait quelques morceaux pour allumer la bûche de l’année suivante.

 

Et l’arbre de Noël, a-t-il lui aussi un sens ?

Cet arbre si joliment paré de nos jours, symbolise à la fois le Paradis et la Lumière dans les ténèbres.

Du XIe au XVe siècles, de nombreux mystères (scènes religieuses) étaient interprétés sur les parvis des églises. Ils attiraient beaucoup de monde, en particulier l’un des plus populaires, le mystère du paradis. Un arbre y représentait le paradis. Il s’agissait d’un sapin, arbre éternel puisqu’il ne perd pas ses feuilles, auquel on ac­crochait des pommes rouges pour rappeler le fruit interdit et la faute d’Adam et Eve.

Au XVIIe siècle, on commença d’installer des bougies et le sapin qui devint arbre de lumière et de salut.

La coutume de l’arbre de Noël se répandit surtout au XIXe siècle, et fut introduite en Fran­ce en 1837 après le mariage du duc d’Orléans avec la princesse Hélène de Mecklenbourg.

Aujourd’hui, les décorations rappellent encore pour certaines les pommes rouges d’autrefois, et les guirlandes lumineuses ont avantageusement remplacé les bougies, mais encore faut-il avoir à l’esprit le sens de ces décorations pour aller au-delà de la simple apparence.

Que dire du Père Noël ?

Les cadeaux de Noël proviennent sans doute de l’habitude qu’avaient les Romains de s’offrir des cadeaux pour le jour de l’an.

De nos jours celui qui est censé les appor­ter, le Père Noël, est devenu un personnage de rue avec lequel les parents aiment faire photo­graphier leurs enfants. Il a deux ancêtres. Saint Nicolas tout d’abord, un évêque très vénéré dans le nord de l’Europe, qui apportait des jouets aux enfants le 6 décembre, jour de sa fête. Le Père Janvier ensuite, imaginé sous la Révolution française, sans doute dans le but de concurrencer les fêtes chrétiennes, mais qui n’a guère laissé de traces.

Il semblerait que l’apparence actuelle du Père Noël lui ait été donnée dans les années trente par Haddon Sundblom, un dessinateur qui travaillait pour Coca-Cola.

Véritable institution en France, le Père Noël dispose d’un bureau de poste situé à Libourne, où est traité le volumineux courrier que lui adressent les enfants (800.000 lettres chaque année).

S’il reçoit une majorité de commandes de jouets, étonnamment les enfants lui adressent aussi des lettres qui constituent de véritables prières : pour la paix notamment, pour le bon­heur dans le monde, etc.

Il est dommage que ces enfants se tournent vers le Père Noël, faute de connaître Dieu, qui s’est révélé en Jésus, pour lui présenter ce qui est certainement une prière sincère et belle, venant du cœur.

 

Que faut-il en conclure ?

L’aspect festif de Noël ne doit pas masquer le sens véritable de la Nativité.

Comme l’a découvert Jean-Baptiste avec émerveillement, dans ce court récit du Passage d’Éphrata, Dieu s’est fait homme dans l’humi­lité, la simplicité, la confiance.

Benjamin a découvert avec son cœur ce que Samuel n’a pas vu avec ses yeux.

Il a fallu que Dieu Lui-même entrouvre la fenêtre de la chambre, pour que Samuel découvre dans un simple souffle d’air l’amour illimité du Créateur.

Et si à notre tour nous laissions un mo­ment le champ libre à Dieu ? Juste pour qu’Il entrouvre notre propre fenêtre et nous fasse découvrir à quel point Il nous aime ?

Le faire serait un acte d’homme libre. Ensuite, nous aurions toute la vie pour com­prendre que le nouveau-né de la crèche est réellement le chemin, la vérité et la vie. Alors sans doute aurions-nous profondément envie de L’aimer et de nous aimer les uns les autres.

 

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© Jean-Michel Touche

 

Pour retrouver les différents épisodes de Passage d’Ephrata :

Episode 1
Episode 2
Episode 3
Episode 4
Episode 5
Episode 6
Episode 7

Pour en savoir davantage sur Noël

PASSAGE D’EPHRATA a été publié en 2003 par les Editions de Fontenelle (Abbaye de Saint-Wandrille), qui ont bien voulu que ce conte soit cette année raconté sur le Blog. Je les en remercie !

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