LORSQUE LA VIE S’EPANOUIT


 

 

Même si le soleil brille, le ciel est totalement terne après les attentats récents qui ont semé la mort.
La sauvagerie a voulu éliminer la vie, mais la vie, comme un mystère, ne cesse de renaître.

Parce que nous avons besoin d’ensoleiller la grisaille dans laquelle cherchent à nous entraîner les djihadistes, voici le récit d’un petit moment où s’est mis à fleurir un regard de vie.

° ° °

Il est midi. Depuis un ciel d’un bleu splendide, le soleil inonde le Bassin d’Arcachon et taquine la mer en la couvrant de reflets lumineux que l’eau agite doucement. La vedette ne tardera pas à s’éloigner de la jetée pour traverser le Bassin et rejoindre le Cap Ferret.

Près de nous, sur les genoux de sa mère, un tout jeune enfant. Un petit garçon qui remue sans arrêt, regarde à droite, à gauche, découvrant avec curiosité  tout ce qui l’entoure : les passagers, la jetée, l’eau sur laquelle scintille la lumière de l’été. Sa mère lui passe de la crème sur les joues pour le protéger du soleil. Il se laisse faire mais continue de poser les yeux un peu partout. Son père l’observe avec un sourire de bonheur. Une famille heureuse.

Un coup de sirène annonce qu’il est temps de partir. La vedette se met à rouler doucement tout en s’éloignant de la jetée où quelques personnes adressent des signes de la main à celles et ceux qu’ils ont accompagnés et qui s’en vont.

Alors que le bateau prend le large, une jeune femme vient s’asseoir juste à côté de la maman, avec elle aussi dans les bras un petit enfant, une fille, curieuse elle aussi.

Quand il la remarque, le petit garçon la fixe des yeux, ébahi, presque émerveillé. Il lui tend la main. La petite fille, timide peut-être, lui sourit mais cache ses mains derrière son dos. « J’ose mais je n’ose pas », pense-t-elle sans doute. Le petit bonhomme s’étonne, ne désarme pas, rehausse son sourire d’un cran et tend un doigt vers le vêtement de la petite fille que décorent des rangées de petits poissons de différentes couleurs. Il doit trouver cela très beau car il pointe plusieurs dessins de poissons.

Les deux petits n’ont plus d’yeux que l’un pour l’autre. Bien qu’ils ne parlent pas encore, on dirait que leurs regards remplacent la parole, qu’ils se comprennent et qu’ils s’échangent quelque-chose qui nous échappe.

C’est un peu comme si, devant nous et grâce à eux, la vie fleurissait.

 

° ° °

Voici maintenant un autre texte, écrit par un ami qui a préféré garder l’anonymat :

SOROLLA ET L’AMOUR

Comme les deux enfants sur le bateau, ce texte donne le goût de la vie.

Après avoir visité l’exceptionnelle exposition Sorolla à Giverny ce jour, je comptais vous en faire la promotion ce soir par un courriel. Mais dans un premier temps j’ai songé à y renoncer tant pouvait paraître dérisoire, voire déplacé, de parler d’une exposition de peinture dans un nouveau moment tragique et désespérant. Et puis à la réflexion j’ai au contraire réalisé que cette peinture nous transmettait le message dont nous avions besoin.

Sorolla ne peint pas des paysages, il peint des personnages dans un paysage. Il rend la lumière, les couleurs et la transparence de la mer, le naturel et la justesse des attitudes de façon incomparable. Inexplicablement, le sentiment de ses personnages illumine ses tableaux. Sorolla aime sa femme, ses enfants, ses proches, les gens simples, des pêcheurs, des ouvrières, des prostituées, il aime la nature, le ciel, la mer, la lumière. Il peint la joie et la force de la vie. Il aime la vie. Sorolla, c’est un regard d’amour. Tout ce qui manque tant dans notre monde désemparé.

Sorolla

Alors courrez à Giverny. L’exposition dure jusqu’au 6 novembre.

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Merci à l’auteur de « Sorolla et l’amour » et à la photographe pour sa photo.

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