Alors, on critique l’Eglise de France ?


 

Souvenez-vous.
Il y a un peu plus de deux mille ans, une société s’est mise à cracher sur un homme. Ses paroles intriguaient et devenaient gênantes pour les bourgeois de la Foi. Déjà, on l’avait chassé d’une synagogue. Cela s’était passé à Nazareth. Certains, dit-on, avaient même voulu le jeter au fond d’un ravin. Vous ne me croyez pas ? Lisez Luc, chapitre 4, versets 14 à 30.

Avait-il été maladroit ? Avait-il utilisé des mots que personne n’avait voulu comprendre ?

A l’époque, les sondages n’existaient pas. Quel dommage ! Vous imaginez ce qui se serait passé, si 63% (1) des Hébreux avaient demandé l’éloignement total de ce fils de charpentier, un certain « Jésus » ? Cela aurait fait du bruit. Les seniors du Temple n’auraient pas eu besoin de se mettre en colère. Ce rabbi, un gars originaire de province en plus,  et ses sbires, les pauvres des milieux de basse classe du pays, n’auraient pas été accueillis à Jérusalem comme cela fut le cas. Le Service de Com du Temple aurait agi de telle manière que la foule, au lieu de disposer des manteaux et des rameaux en guise de tapis d’apparat et d’accueil sur leur chemin, aurait hué ce prétentieux ainsi que les malades, boiteux, indigents de toute sorte, et leur aurait rendu impossible l’accès à la capitale. On imagine de grands panneaux installés par les autorités avec ce message de la Communication Officielle : « STOP aux perturbateurs ! »

Le premier ministre du roi Hérode lui-même n’aurait pas manqué de monter sur une tribune afin de déclarer à l’aide d’un porte-voix : « Ce rabbi n’a qu’à prendre ses responsabilités ! » Entre nous, cela aurait pu déchaîner une rigolade générale parce que, justement, ce premier ministre qui avait affirmé vouloir aller jusqu’au bout d’une importante réforme sociale, n’était pas allé plus loin que le bout de ses pieds ! C’est vous dire la légèreté des propos des hommes politiques.

Enfin, passons !

Evidemment, le bouche-à-oreille local qui servait de presse à cette époque, faisant fi d’annoncer les caravanes pourtant nombreuses qui arrivaient à l’heure, n’aurait cessé de cracher sur ce gars vraiment embarrassant qui, non content d’avoir chassé les marchands affairés à vendre leurs bêtes aux pèlerins dans le Temple, les accusant d’en avoir fait « une caverne de voleurs », se permettait maintenant de guérir des aveugles et des éclopés, pour la plus grande joie des enfants qui s’écriaient « Hosanna au fils de David ». Fureur chez les maîtres de la loi. On les comprend. Quoi, une nouvelle expression de la foi ? Vous êtes malades. Et tous de vociférer. Peut-être que cela soulage ?

On les voit d’ici s’approcher du rabbi et lui lancer : « Dis-donc, toi, ça ne va pas, non ? Qui t’a chargé de faire ça ? » Pourtant ils n’osaient pas trop l’attaquer en face parce beaucoup de gens l’écoutaient et le suivaient, suspendus à ses lèvres.

Qui a eu l’idée de mettre la Com sur les rails ? Le doute subsiste. Toujours est-il que tous les moyens furent mis en œuvre. Sûr que si les grands quotidiens avaient existé à cette époque, ils se seraient acharnés en au moins six colonnes contre le rabbi. Et la population de Jérusalem, crédule comme on finit tous par l’être devant la presse, se serait retournée pour huer Jésus, exiger qu’on l’arrête, et crier au Garde des Sceaux : « Rendez-nous Barrabas », un type sinistre arrêté après un sacré coup de filet, auteur de multiples agressions, vols et tout ce que vous pouvez imaginer : l’ennemi publique numéro 1.

Sauf qu’après cette manif réunissant 63% de la population, c’est Jésus, le rabbi, qui passait pour l’ennemi public numéro 1. Incroyable, non ? Cet homme n’avait rien fait. La justice ne l’avait pas condamné. Mais la population, elle, l’avait fait. Pauvre foule, qui se laisse manipuler par la Com !

Cela fait penser à des événements d’aujourd’hui, vous ne trouvez pas ?

Bon. Je vous laisse faire votre enquête sur le sort réservé à Jésus. Allez-y, vous ne regretterez pas. Si vous n’avez pas de Bible, empruntez-en une à votre famille ou vos amis, et lisez des auteurs formidables : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Si vous êtes dingues de spiritualité, choisissez plutôt Jean.
Vous allez voir, quand on réfléchit après les avoir lus, on est quand même rudement secoué par une vision des choses tout à fait nouvelle qui nous fait monter d’un cran dans l’adhésion à la vie, la Vraie Vie, celle qui est formidable, celle qui nous attend et que nous pouvons même découvrir depuis ici.

 

(1) Le Parisien du 20 mars 2016. : « Selon notre sondage, ils sont 63 % à estimer que l’archevêque de Lyon, visé par trois plaintes pour non-dénonciation d’agressions sexuelles, devrait démissionner en attendant que justice soit rendue. »

 

 

Une Réponse

  1. Je souris, car vous êtes très pertinent!!! 🙂
    En ce temps de Carême, nous n’entendons parler que de scandale de pédophilie…pourquoi ne pas avoir choisi un autre moment… »En politique, rien n’arrive par hasard »
    Franklin D. Roosevelt

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