NEPAL – Janvier 1982 – Etape 2


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     De bonne heure aujourd’hui, départ pour DAKSHINKALI. La route file et s’élève assez vite. Au passage on peut voir la Bagmati, rivière sacrée, sortir de la montagne par une étroite gorge qu’enjambe un pont suspendu. La légende raconte que cette gorge aurait été taillée par un certain Manjushri afin de laisser s’écouler le lac qui occupait toute la vallée de Kathmandu.

La brume voile le paysage et pourtant, au fur et à mesure que nous nous élevons (ce n’est toutefois pas encore la haute montagne) la vue devient de plus en plus saisissante, de plus en plus belle.

Kathmandou-1982-105

Les villages Jalonnent la route: maisons de briques rouges ou ocres devant lesquelles s’étendent des terrasses semées de blé (alternant selon la saison avec le riz.) Parfois, c’est un champ de moutarde avec ses fleurs dorées. Au détour de la route voici brusquement la chaîne de l’Himalaya. Elle émerge du brouillard, masse illuminée par le soleil, impalpable, féérique… La découverte de ce panorama coupe le souffle.

La route continue de tourner. Sur la gauche, au creux d’une petite vallée, serpente un minuscule canal à peine plus large que les falajs omanais.

Enfin nous arrivons a Dakshinkali. Des pèlerins nombreux se dirigent vers le temple situé en contrebas. Ils viennent offrir à la déesse Kali le sang qui l’apaisera et leur assurera sa protection. Ils confient qui une chèvre, qui un poulet, à des bouchers qui officient dans une enceinte de petites dimensions. Une fois l’animal égorgé et le sang offert à Kali, les fidèles se retirent pendant que d’autres jettent des poignées de riz.

Sur la gauche, un curieux bas relief aux couleurs criardes représente un squelette au sexe en érection. Devant le sanctuaire de Kali, des prêtres récitent des prières à l’intention des gens qui le leur demandent. Ailleurs, c’est une petite salle où les pèlerins remettent leurs affaires en ordre.

Il y a là également deux sâdhus. Le premier est un adorateur de Shiva. Il porte un trident orné de clochettes et de morceaux de tissu. Il a tout à fait l’air d’un brave vieux, goguenard au possible. Il se met à danser devant moi, les yeux plissés et malicieux, en chantant une incompréhensible chanson. Un Népalais traduit: « Le sâdhu affirme que tu es très riche et que tu seras généreux… »  Ses yeux pétillent plus encore lorsque je lui donne ce qu’il espère et attend.

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L’autre sâdhu, immobile, littéralement « posé » sur un parapet, remue à peine les yeux. A côté de lui, dans une assiette, quelques images pieuses et des offrandes.

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Les pèlerins ne cessent d’affluer. Nombre d’entre eux, à l’exemple de cette femme, fument le hash..

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Sur la route du retour, arrêt en contrebas d‘un monastère et d’un temple bouddhiste (Khadoga Yogini). Photos d’un groupe d’enfants et de leur mère. Plus loin, voici Shikara Nayaran où un temple hindou côtoie un monastère bouddhiste. Deux jeunes moines vêtus de rouge me font visiter la salle de prière ornée de thang-kas (peintures sur soie). Au fond, la bibliothèque laisse entrevoir une quantité de livres assez grands et épais aux feuillets non pas reliés mais simplement pliés, écrits en Thibétain car il s’agit d’un monastère lamaïste.

Dernière halte de la matinée : Kirtipur. Un guide me fait visiter son village avec, pêle-mêle, un temple bouddhique, un temple hindo-bouddhique et un temple hindou.

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.Beaucoup de balcons très endommagés, mais Kirtipur m’a passionné car J’ai eu l’impression de voir vivre les Népalais, dans la rue comme dans le temple où des musiciens interprètent une musique sacrée pendant qu’est célébré un sacrifice. Je suis même étonné de voir des femmes se laver, la poitrine nue, sans la moindre gêne et sans paraître redouter l’air froid et piquant de ce mois de janvier.

L’après-midi, promenade assez longue à travers le village de Chapagoan. Tout comme à Kirtipur, j’ai l’impression de partager Ia vie de tous les jours des villageois. Chapagoan est moins beau que Kirtipur mais il est néanmoins intéressant de s’y promener. Beaucoup de très jeunes enfants me sourient et me lancent le seul mot d’ang1ais qu’ils connaissent: « bye bye ».

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. . . récit à suivre  en cliquant sur  NEPAL – Janvier 1982 – Etape 3

Pour revoir l’article précédent :  NEPAL – Janvier 1982 – Etape 1

Et pour voir un recueil de photos du Népal prises au cours de ce voyage, cliquer sur Népal – carnet de voyage

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Texte et photos © Jean-Michel Touche

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