JOSEPH MALEGUE, AUTEUR DE « AUGUSTIN OU LE MAÎTRE EST LÀ »


(Un article de José Fontaine)

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Je voudrais féliciter les lecteurs de ce blog et son auteur qui ont bien saisi l’importance capitale de quelqu’un comme Malègue.

Désireux à la veille de ma mise à la retraite (en juin 2011) de refaire vivre Malègue, j’ai commencé par écrire (sous le pseudo de Tonval) dans Wikipédia, l’article sur « Augustin ou Le Maître est là » qui a obtenu le label « Article de qualité » au début de l’année 2013. Je comptais alors me lancer dans la rédaction de l’article consacré à Malègue, conscient de la difficulté d’arriver au même résultat. Mais j’ai été stimulé par l’actualité suite —c’est assez typique du monde contemporain— aux allusions du pape nouvellement élu qui a fait venir beaucoup de visiteurs sur la page de Wiki qui lui était consacrée. De sorte que l’article « Joseph Malègue » sur Wiki obtenait aussi le label AdQ en février 2014.

J’ai alors entamé la rédaction d’un livre sur Malègue mais en lisant tout d’abord « A la recherche du temps perdu » de Proust. Le rapport de Malègue à Proust va bien plus loin que le style. Il y a une communauté d’inspiration mystique et poétique. Cela peut surprendre, n’a jamais été signalé en ces termes, mais c’est bien le cas. Cela demande… un livre pour être bien expliqué. Et cela ne concerne pas que le premier roman de Malègue (« Augustin »), mais aussi le deuxième, le roman posthume, bien supérieur au premier, mais devenu introuvable : « Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut ».

J’ai aussi entamé des recherches aux archives Malègue de l’Institut catholique de Paris, y trouvant ce qui me semble être l’explication de l’oubli (relatif), de Malègue : la maison d’édition (Spes) qui a édité « Augustin » (d’ailleurs au départ, Malègue a dû payer les frais d’impression), peu spécialisée en littérature, n’a pas pu ni voulu assumer la prise en charge du roman posthume de Malègue qu’il a écrit jusqu’à sa mort en décembre 1940. Même si son épouse a fortement travaillé pour mettre au net le manuscrit de Malègue (difficile à lire), elle-même est décédée en 1947, sans avoir pu terminer ce travail.
Bien qu’elle ait été contactée par Gallimard dès juin 1941, elle a poursuivi seule et en croyant (selon mon hypothèse), que Gallimard n’accepterait pas de se charger d’un travail aussi pénible, celui qu’elle accomplissait, alors que c’est à mon avis l’inverse : Gallimard (ce n’était pas la première fois qu’il manifestait son intérêt pour l’oeuvre de Malègue), aurait bien plus rapidement mené à bien ce travail étant donné qu’il était déjà alors le plus grand éditeur français de textes littéraires. Après la mort de l’épouse de Malègue (première femme médecin des hôpitaux, une personne exceptionnelle), en 1947, son travail inachevé et le manuscrit de Malègue ont échoué chez Jacques Madaule qui a confié à celui qui allait reprendre le travail que ce manuscrit était impubliable. Il est resté chez lui sept ans jusqu’en 1954, année durant laquelle Henry Bousquet a repris le travail et l’a mené à bonne fin sous la supervision de Jacques Chevalier, philosophe célèbre (ami fidèle de Malègue par-delà la mort), mais qui a mal compris l’oeuvre de Malègue au point de rédiger une préface au second roman « Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut », qui, en somme, dissuade de lire le livre en insistant sur son caractère inachevé qui en ferait une oeuvre dont le sens serait impossible à comprendre.

Ces mésaventures expliquent l’insuccès du deuxième roman de Malègue qui, malgré le succès constant de son premier, « Augustin », a rencontré le deuxième malheur des éditions Spes, soit leur quasi faillite de 1966 (elles sont reprises par les Editions ouvrières cette année-là qui ne reprendra pas les rééditions d’ « Augustin » auxquelles Spes procédait malgré tout). Malègue va presque sombrer dans l’oubli.

Certes, une préface n’a pas toujours l’importance que l’on pense. mais le fait est que cette préface a influencé pratiquement tous les critiques français de Malègue, moins Monseigneur Moeller qui, à Bruxelles, considérait ce roman comme supérieur au premier et le plaçait aux sommets de la littérature.

Le succès de la réédition d’ « Augustin » en 2014 tient sans doute au pape qui l’a cité souvent. Mais ce n’est pas la seule explication et les lecteurs de ce blog savent pourquoi. Malègue est un homme inoubliable. Je recommande chaleureusement la lecture du roman posthume de Malègue. J’espère fonder prochainement à Paris une « Société des amis de Malègue » et de voir mon bouquin édité (que je fais relire pour le moment).

Je ne vis ni à Paris, ni en France mais en Wallonie. On peut me contacter à mon adresse email jose.fontaine@skynet.be.

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José Fontaine

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Pour retrouver le premier article, cliquer sur AUGUSTIN OU LE MAÎTRE EST LÀ

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