LONESOME DOVE, un remarquable Western


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Lonsome Dove, un roman « western » en deux tomes de Larry McMurtry

Aux Editions Gallmeister

Publié en 1985 aux USA et en 2011 en France

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Enfant, les Westerns étaient ma « Star Wars » à moi. Les grands espaces, la Vallée de la Mort, la grande rivalité entre Peaux-Rouges et Cow-boys, les bisons traversant les plaines, cornes en avant, les bandits et sherifs prêts à faire feu à la moindre escarmouche, à la moindre grimace, les diligences dévalisées, les Peaux-Rouges et leur calumet de la paix (rarement à vrai dire) ou leurs arcs et leurs flèches (bien plus souvent), les belles chanteuses des saloons, tout ce monde-là faisait ma joie. Je savais tout de la Conquête de l’Ouest, de La Rivière sans Retour, de Fort Bravo, Alamo… et le reste. Il me semblait même connaître par cœur pour les avoir parcourues cent fois sur l’écran, en couleur ou en noir et blanc, ces immensités que le cinéma nous faisait traverser… et rêver.

Quant à John Wayne, Marilyn (bien sûr), Montgomery Clift, Garry Cooper, Yul Bryner, Burt Lancaster., Henry Fonda, sans oublier Katy Jurado chaque fois qu’il y avait une Mexicaine… et tant d’autres personnages… c’était un enchantement.

Si je vouais un culte aux westerns qui nous donnaient l’impression de chevaucher sans fin dans les Amériques, c’était au cinéma. Lire un western ? Je n’en avais jamais eu l’occasion.

Jamais, jusqu’à cette période récente où on me donna « Lonesome Dove », l’ouvrage de Larry McMurtry. Deux épais livres dont je me demandai tout d’abord si j’aurais le courage d’aller jusqu’au bout. Je peux vous dire aujourd’hui que je ne regrette pas de m’être lancé dans la lecture de ces deux passionnants volumes.

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Mille deux-cents pages de petits caractères, réparties en deux volumes. Aucun titre de chapitre, aucune aération entre les pages. De quoi effrayer.

Et pourtant, quel roman magnifique !

Dès le début, l’auteur nous plante le décor, en plein Texas, sous la chaleur accablante d’un soleil brutal, dans un élevage de bétail dirigé par deux anciens rangers, Call, le Capitaine, un homme de caractère, rigide et froid, et Augustus, cultivé et chaleureux, flemmard à souhait, auquel tous les hommes du domaine vouent un véritable culte.

Parmi les personnages de ce western, on trouve de tout, y compris une prostituée qui cherche le bonheur, peut-être accessible, peut-être trop éloigné de ses rêves. Hommes comme les autres, avec leurs talents et leurs défauts, les cow-boys tentent de vivre dans la chaleur torride de ce pays qu’ignorent les nuages et auquel la pluie ne fait que de rares visites. Outre les bœufs et les chevaux, l’espèce animale y est représentée par un nombre important de serpents à sonnette qui ne méritent même pas qu’on y prête attention tellement ils sont nombreux.

Peut-être parce que cet environnement est radicalement différent du nôtre, on regarde vivre les personnages et, lentement, presque à notre corps défendant, on finit par s’attacher à eux. L’histoire qu’ils vont vivre en traversant ce pays à la nature encore sauvage qu’ils explorent et qui compte peu d’habitants à l’exception des tribus indiennes, est à la fois passionnante (parce que très éloignée de tout ce qui fait notre quotidien) et très proche de nous par les caractères qui se dévoilent, avec notamment la peur, l’envie, l’admiration, l’agacement, mais aussi la volonté de justice. Et la parole donnée, qui reste sacrée et sur laquelle les hommes s’engagent.

De plus en plus baignés dans notre culture où règne la civilisation étriquée des « droits » de chacun, nous nous surprenons à admirer ces personnages qui, eux, ont une conscience aigüe du « devoir ». Du coup, si passait un cheval, nous aurions presque envie de l’enfourcher pour aller avec eux, traverser les fleuves, dormir sous les étoiles, frémir sous les tempêtes de sable et les orages monstrueux qui sculptent les paysages à coups d’éclairs et de foudre.

Bien sûr, il faut prendre son temps pour lire Lonsome Dove. Mais quelle sensation que la lecture de ce roman dont The Wall Street Journal disait : « Ce livre est tout sauf prévisible. Des personnages habilement dessinés naissent pratiquement à chaque page… Splendide. »

Je vous le recommande!

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