VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU


… Surprenant Alain Resnais !

Sorti le 25 septembre dernier, VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU ne paraît pas avoir soulevé l’enthousiasme des spectateurs, puisque seulement la moitié d’entre eux semble l’avoir aimé, certains parlant même d’ennui.

Il s’agit pourtant d’un film qu’on pourrait qualifier de « rare » car il ne ressemble à rien, dans lequel il faut se laisser aspirer sans résistance (les plus anciens se souviendront de « L’année dernière à Marienbad »), entrer dans cette pensée intrigante, curieuse, sans vouloir à tout prix comprendre où nous mène ce récit tiré d’ « EURYDICE », une pièce de Jean Anouilh.

Chacun peut le ressentir à sa manière, l’aimer ou non.

A partir du mythe d’Orphée et Eurydice, l’éternelle histoire de l’amour à la fois si lointain et si proche se noue sous nos yeux. Découverte de l’émoi qui naît soudain, sans raison dirait-on, et sans qu’on en devine l’origine, mis en évidence par des liens anciens qui peuvent bouleverser, voire blesser jusqu’à la mort, quel que soit l’âge et le moment de la vie où se révèlent ces émotions. La manière d’exprimer ce récit à trois couples (et parfois quatre, impossible de vous dire comment, il faut voir le film) est certes déroutante si l’on prend l’intrigue au pied de la lettre. Peut-être le réalisateur a-t-il voulu souligner ainsi le caractère éternel et universel de cette énigme qu’est l’amour ?

« VOUS N’AVEZ ENCORE RIEN VU » ne se raconte pas. Il faut le voir, on pourrait même dire le vivre.

Oui, chacun peut y sentir ses propres battements de cœur. Voilà la grandeur de ce film à la mise en scène troublante, dérangeante, porté par le jeu superbe des acteurs : Pierre Arditi, notamment, mais aussi le remarquable Mathieu Amalric, et surtout Anne Consigny dont les yeux possèdent une extraordinaire puissance d’évocation, à travers la manière dont ils sourient, dont ils pleurent et dont ils évoquent cet amour qui restera toujours un don mystérieux.

Quand toute la salle (clairsemée il est vrai) reste assise et silencieuse durant le générique de fin en écoutant Sinatra chanter « It was a very good year« , comment douter de l’émotion qui agite encore les spectateurs ?

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(Cliquer sur le titre de la chanson pour l’écouter)

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