Triple A


Ha ! Ha ! Ha !

Cette histoire d’agences de notation et de  « triple A » devrait donner des boutons à toute personne normalement constituée. Du moins en ce moment.

Car s’il n’est pas douteux que les agences de notation jouent en temps normal un rôle utile, aujourd’hui on nage plutôt dans le délire. Tout le monde connaît la situation des différents pays dont l’état des finances fait jaser : l’Espagne,  l’Italie, le Portugal, la France peut-être, bientôt. Mais qu’une agence de notation prenne sa fronde et abaisse la note, et voilà que tout vacille.  Comme si la situation devenait effectivement difficile parce que la note précédente est abaissée. Comme si on ne s’en était pas rendu vraiment compte avant.

Comment qualifierait-on quelqu’un qui, regardant tomber la pluie, téléphonerait à la météo pour lui demander s’il pleut. Le rapprochement est peut-être caricatural. Peut-être…

Devant ces effets d’annonce, on serait facilement amené à penser que peut-être (encore peut-être…) ils ne desservent pas la spéculation. Tout le monde n’est pas perdant ! Que n’a-t-on dit sur la Société Générale par exemple, dont les rumeurs ou peut-être la situation fragile ont fait baisser le cours de 40,84 euros le 3 janvier 2011 à 17,145 euros le 20 septembre. Or que constate-t-on ? Le volume des ventes est passé, lui, de 1.924.860 actions le 3 janvier   à 8.464.490 le 20 septembre. Et le nombre d’actions échangées quotidiennement, qui était de l’ordre de à 4 à 5 millions jusqu’à fin juillet où le cours était encore de 40 euros , a subitement augmenté pour passer à 7, voire 13 millions, voire plus encore. Le 14 septembre, alors que le cours chutait à 17,385 euros, il s’est vendu ce jour-là plus de 17 millions d’actions.

Qui étaient les acheteurs ? Quels prédateurs ? A combien revendront-ils les actions ? Quel bénéfice feront-ils ?

Tous les mécanismes mis en place par de brillants financiers dont les ordinateurs réagissent à la nanoseconde, sont-ils encore « gérables » ?

Certains d’entre eux brillent par leur immoralité. Les CDS (Credit Default Swap), par exemple, vous connaissez ? Il s’agit en quelque sorte d’une assurance contre un défaut de paiement d’un crédit. Pourquoi pas ? Bien sûr, le coût de l’assurance est d’autant plus élevé que le risque est important. 

En 2010, Augustin de Romanet, Directeur Général de la Caisse de dépôts et de consignations, appelait les CDS « des armes de destruction massive pour les économies ». Car vous ne savez pas tout : on peut prendre des CDS nus, en clair, des assurances sur des obligations que l’on n’a pas souscrites. Ce qui ne peut qu’entraîner la spéculation. Vous lirez certainement avec intérêt un article publié sur le site d’Easybourse sur ce sujet (cliquer pour lire l’article).

Pour caricaturer, on pourrait comparer les souscripteurs de CDS nus à quelqu’un qui souscrirait une assurance incendie sur la maison d’un tiers. Si cette maison qui n’est pas la sienne se met à brûler, il touche le montant de l’assurance. Incroyable mais vrai. Il est certain que, s’il voit cette fameuse maison prendre feu, il n’appellera pas les pompiers. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il jettera lui-même une allumette dans la maison, mais…

Joli type de spéculation, non ?

Une Réponse

  1. a voir …. pour completer le tableau

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